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Côte d'Ivoire: Gouvernance des frontières, Ibrahima Bayo (DGAT) appelle les préfets à passer d'une gestion réactive à une approche préventive et concertée
 

Côte d'Ivoire: Gouvernance des frontières, Ibrahima Bayo (DGAT) appelle les préfets à passer d'une gestion réactive à une approche préventive et concertée

 
 
 
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© Koaci.com - samedi 07 novembre 2026 - 15:27


Côte d'Ivoire : Gouvernance des frontières, depuis Yamoussoukro, la CNFCI met les préfets en première ligne pour transformer les zones frontalières en espaces de paix et de développement


Réunis pendant deux jours à Yamoussoukro, les préfets des régions et départements frontaliers ont été sensibilisés aux enjeux et aux orientations de la Politique nationale de gestion intégrée des frontières de la Côte d’Ivoire (PNGIF-CI). À l’initiative de la Commission nationale des frontières de la Côte d’Ivoire (CNFCI), avec l’accompagnement du Centre international pour le développement des politiques migratoires (ICMPD), cette rencontre a permis de renforcer la compréhension de cette politique et de définir les responsabilités des autorités administratives dans sa mise en œuvre. Au terme des travaux, les trois intervenants ont appelé à une mobilisation accrue autour d’une gouvernance frontalière concertée, préventive et orientée vers le développement.


Faire des frontières ivoiriennes des espaces de paix, de sécurité, de coopération et de développement partagé. Tel est l’objectif qui se dégage de la rencontre d’échanges et d’information consacrée à la vulgarisation de la Politique nationale de gestion intégrée des frontières de la Côte d’Ivoire (PNGIF-CI), organisée à Yamoussoukro à l’intention du corps préfectoral des zones frontalières.


Durant deux jours, les autorités administratives ont été invitées à s’approprier les orientations de cette politique adoptée par le Gouvernement le 12 juin 2024, mais également à réfléchir aux mécanismes permettant de traduire ses ambitions en actions concrètes sur le terrain.


Au terme des travaux, les trois allocutions de clôture ont permis de dégager une vision commune : la gestion des frontières ne doit plus se limiter aux seules questions de surveillance et de sécurité, mais intégrer pleinement les dimensions administratives, économiques, sociales et diplomatiques.


Représentant le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, le Directeur général de l’Administration du territoire (DGAT), Ibrahima Bayo, a salué l’initiative de la CNFCI ainsi que l’accompagnement de l’ICMPD. Il a également félicité les préfets pour leur mobilisation et leur participation aux échanges.


Dans son intervention, il a rappelé le rôle stratégique des espaces frontaliers dans l’administration du territoire national. Selon lui, leur gestion engage non seulement l’autorité de l’État, mais également la protection des populations, la coopération transfrontalière et la préservation des relations de bon voisinage.


S’adressant particulièrement aux préfets, M. Bayo les a invités à traduire les orientations nationales en actions adaptées aux réalités de leurs circonscriptions administratives. Cette responsabilité suppose, a-t-il souligné, une bonne connaissance de l’environnement territorial, des dynamiques humaines, des activités économiques, des facteurs de tension et des opportunités de coopération.

Le DGAT a également insisté sur la nécessité de maintenir un dialogue permanent avec les communautés frontalières et de renforcer la remontée régulière d’informations fiables. Pour lui, ces mécanismes sont indispensables à l'anticipation des risques et à une prise de décision éclairée.


Il a, par ailleurs, mis en avant l’importance de la coordination entre les services déconcentrés de l’État afin d’éviter les cloisonnements administratifs et de garantir la cohérence des interventions sur le terrain.


« Notre ambition commune doit être de passer d’une gestion essentiellement réactive des questions frontalières à une approche davantage préventive, concertée et tournée vers le développement », a-t-il indiqué, assurant que la Direction générale de l’Administration du territoire accompagnera cette dynamique.



La CNFCI fixe quatre priorités pour accélérer l'opérationnalisation de la politique



Prenant à son tour la parole, le Secrétaire exécutif de la CNFCI, Diakalidia Konaté, a exprimé sa satisfaction quant à la qualité des échanges et à l'engagement des participants. Au nom du Premier ministre, président de la Commission nationale des frontières de la Côte d’Ivoire, il a souligné que ces deux journées de travaux ont permis de confronter les orientations nationales aux réalités du terrain et de réfléchir aux moyens de rendre l’action publique plus cohérente et plus efficace dans les zones frontalières.


 

Pour le responsable de la CNFCI, la gestion intégrée des frontières ne saurait être l’affaire d’une seule institution. Elle nécessite une mobilisation concertée des services de l’État, des collectivités territoriales, des forces de défense et de sécurité, des autorités traditionnelles et des communautés frontalières. Cette coopération doit également s’étendre aux autorités des localités limitrophes des pays voisins.


Dans cette perspective, Diakalidia Konaté a décliné quatre orientations majeures devant guider la poursuite de la mise en œuvre de la PNGIF-CI.


La première porte sur l’appropriation de la politique par l’ensemble des acteurs locaux. Les connaissances acquises au cours de cette rencontre devront être partagées avec les services déconcentrés de l’État, les forces de défense et de sécurité, les collectivités territoriales, les autorités traditionnelles et les populations des zones frontalières.


La deuxième concerne le renforcement de la coordination des interventions. La CNFCI entend poursuivre, en collaboration avec le corps préfectoral, le travail de mise en cohérence des initiatives menées par les différents ministères et partenaires dans les espaces frontaliers.


La troisième priorité vise l’amélioration de la collecte et de la remontée des informations. À ce niveau, le Secrétaire exécutif a insisté sur la nécessité de mettre en place des mécanismes permettant aux communautés de signaler rapidement aux autorités préfectorales les incidents, les tensions et les risques observés sur le terrain.


Ces informations devront être transmises à la CNFCI pour traitement et analyse, avant d'être communiquées, selon leur nature, aux ministères compétents ou aux autorités des pays voisins, dans le respect des accords établis et de la législation ivoirienne.


Pour rendre ce dispositif opérationnel à l’échelle locale, il a particulièrement insisté sur la création et la formation des Comités de veille et de sensibilisation dans les villages. À cet effet, il a invité les préfets présents à instruire les sous-préfets de procéder à leur mise en place.


Enfin, la quatrième orientation concerne le renforcement de la coopération transfrontalière de proximité, à travers des initiatives de dialogue avec les autorités des pays voisins, mieux structurées et inscrites dans des mécanismes de coopération reconnus.


S'adressant aux préfets, Diakalidia Konaté a rappelé qu'ils occupent une position centrale dans cette dynamique, en raison de leur connaissance du terrain, de leur proximité avec les populations et de leur autorité sur les services déconcentrés de l'État.


Il les a ainsi exhortés à faire de la PNGIF-CI un véritable instrument de coordination territoriale, de prévention des conflits et de promotion du développement dans leurs circonscriptions respectives. Il a, en outre, réaffirmé la disponibilité de la CNFCI à les accompagner dans cette mission.


Partenaire de cette initiative, le Centre international pour le développement des politiques migratoires (ICMPD) s'est également félicité de la tenue de cette rencontre et de la qualité des contributions enregistrées.


Dans son allocution de clôture, Natalija Spunjini, cheffe d'équipe de l'organisation a exprimé sa reconnaissance aux autorités administratives de Yamoussoukro, à l'équipe du Secrétariat exécutif de la CNFCI, au Directeur général de l'Administration du territoire ainsi qu'à l'ensemble des participants pour leur disponibilité et leur engagement durant les deux journées de travaux.


Elle a relevé que les échanges ont permis de faire le point sur les orientations de la politique nationale de gestion intégrée des frontières, de partager les avancées de sa mise en œuvre et, surtout, d'examiner les réalités et les défis auxquels sont confrontées les régions frontalières.


Elle a notamment insisté sur le caractère transversal de la gouvernance des frontières, qui ne relève pas exclusivement des services chargés du contrôle et de la sécurité. Elle requiert, selon elle, une approche globale reposant sur une coordination étroite entre les différents services de l'État, les collectivités territoriales, les forces de défense et de sécurité ainsi que les autorités coutumières et communautaires.


 

La représentante de l'ICMPD a également salué la qualité de la collaboration avec la CNFCI, précisant que cette activité a fait l'objet d'une coorganisation et d'un cofinancement entre les deux structures.


Elle a, par ailleurs, indiqué que les discussions ont permis de dégager des pistes de travail pour la suite du processus, notamment l'élaboration d'une feuille de route destinée à structurer la mise en œuvre de la PNGIF-CI au niveau des préfectures, ainsi que l'identification des partenaires susceptibles d'accompagner cette dynamique.


La cheffe d'équipe de l'ICMPD a enfin renouvelé les remerciements de son organisation à l'Union européenne et au Royaume de Danemark pour leur soutien financier au programme régional FMM2, mis en œuvre dans le cadre d'un consortium réunissant l'ICMPD, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et l'Organisation internationale du Travail (OIT).


Au-delà des communications et des échanges, cette rencontre de Yamoussoukro aura permis de réaffirmer la nécessité d'une approche collective et intégrée de la gestion des frontières ivoiriennes.


La responsabilisation du corps préfectoral, la mise en place de mécanismes locaux de veille et de sensibilisation, l'amélioration de la circulation de l'information et le renforcement de la coopération avec les pays voisins constituent désormais des leviers essentiels pour traduire les ambitions de la PNGIF-CI en résultats concrets.


Pour la CNFCI et ses partenaires, l'enjeu est désormais de consolider les acquis de cette rencontre et de maintenir la dynamique de collaboration engagée avec les autorités administratives.


Comme l'a souligné Diakalidia Konaté, la clôture des travaux ne doit pas marquer la fin de l'engagement, mais plutôt le point de départ d'une collaboration renforcée entre la CNFCI et le corps préfectoral.


L'ambition est claire : faire des frontières ivoiriennes non plus de simples limites territoriales à surveiller, mais de véritables espaces de paix, de sécurité, de coopération et de développement partagé.



Wassimagnon





 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
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