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REVISION DE LA CONSTITUTION : Roch allume la mèche
 

REVISION DE LA CONSTITUTION : Roch allume la mèche

 
 
 
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 Il y a 10 ans
 
 
 
 
 
© Koaci.com - mercredi 29 juillet 2009 - 21:06

::Koaci.com Ouagadougo::
Sorti fraîchement du 4é congrès de son parti et surtout ragaillardi par le second mandat que le parti lui a confié, Roch Marc Christian Kaboré a suscité un petit tollé au sein de la classe politique nationale en se prononçant sur la révision éventuelle de la constitution du Burkina.

Les propos de Roch Marc Christian Kaboré, président du CDP sur la révision de la constitution a l'issue du congrès du 25 juillet dernier ont semé le trouble dans bien des esprits.
Il a déclaré lors dÂ’une conférence de presse « nous avons lors de nos discussions estimé que pour consolider la démocratie, il est bon que nous revisitions tous les textes y compris la constitution ». Pour le chef du parti majoritaire « il nÂ’y a aucun article dans la constitution qui ne peut être susceptible de modification » Sur le sujet, il a même lancé aux journalistes quÂ’aucun sujet ne doit être tabou. Pas même lÂ’article 37 ? Cet article, suite à  la révision constitutionnelle de 2002 a limité le mandat du président à  deux. Blaise Compaoré briguera donc son dernier mandat en 2010.

Mais une bonne partie de lÂ’opinion et de lÂ’opposition a déjà  prévu la relecture de cet article afin de sauter le verrou de la limitation des mandats. Avec une forte majorité à  lÂ’assemblée nationale, les propositions de la commission que le CDP entend mettre sur pied passeront comme lettre à  la poste. En effet le CDP dispose dÂ’une majorité constituée de 86 députés A moins que, cette fois comme au Niger, lÂ’on nÂ’opte pour un referendum. CÂ’est une option plus compliquée, mais sait on jamais. Le président Mamadou Tandja est en train de réussir son pari avec un referendum qui va légitimer sa volonté de rester au pouvoir plus longtemps.

En 2010, le président Compaoré briguera son dernier mandat. Si la situation reste en lÂ’état au niveau du rapport de force politique, il ne fait aucun doute quÂ’il lÂ’emportera haut la main. LÂ’opposition, en pleine recomposition aura du mal a résisté à  la machine électorale du CDP qui a dÂ’ailleurs reconduit son Monsieur élections à  son poste. Il sÂ’agit de Jean Leonard Compaoré, secrétaire chargé des grandes consultations électorales au sein du bureau exécutif national.
La question de fond que les observateurs se posent est de savoir, quÂ’elle est lÂ’opportunité dÂ’ouvrir un tel débat à  une année du scrutin ?
Ce faisant, le parti au pouvoir confirme les craintes des partisans du Forum des citoyens pour lÂ’alternance de Zéphirin Diabré qui en mai dernier avait prôner le respect des textes fondamentaux comme garants de lÂ’alternance démocratique.
DÂ’ores et déjà , les partis de l ‘opposition tels UNIR/PS (Union pour la renaissance/parti sankariste) de Me Bénéwendé Sankara et lÂ’UNDD (Union nationale pour la démocratie et le développement) de Me Hermann Yaméogo ont laissé entendre quÂ’ils sÂ’opposeraient « à  tout tripatouillage de la constitution. Me Sankara, lui pense que lÂ’idée de réviser la constitution est « un ballon dÂ’essai lancer au peuple ».
Déjà , une pétition circule sur Internet pour contrer ce projet. Intitulé « Touche pas à  ma constitution ».
Les auteurs dénoncent une conspiration en préparation en vue : « Un projet de modification de la constitution est sur le point d'être élaboré. C'est une initiative révoltante pour notre peuple. ». IL faudrait bien que le parti majoritaire précise rapidement le fond de sa pensée afin de situer les Burkinabé sur la nature de cette révision constitutionnelle. Sera-t-elle profonde et radicale comme lÂ’a proposée Salif Diallo, lÂ’ancien vice président suspendu du parti ? Celui-ci évoquait à  un régime parlementaire. Ou bien aura t-on affaire à  une simple retouche pour permettre de maintenir un système en place?
Ce débat précoce risque dÂ’empoisonner la présidentielle de 2010, alors que dans les Etats major politiques, les grandes manÂœuvres étaient prévues pour lÂ’horizon 2015. Blaise Compaoré est donc obliger de se découvrir. Va-t-il accepter la révision de la constitution en sa faveur comme le souhaite son parti ? Ou bien va-t-il refuser et organiser sa retraite politique à  compter de 2015 ?

 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
 
 

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