Côte d'Ivoire Tribune
 
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TRIBUNE: « Lettre ouverte à  Jean-Luc Mélenchon, Président du parti français : le Front de Gauche à  propos de ses récentes déclarations sur Laurent Gbagbo »
 

TRIBUNE: « Lettre ouverte à  Jean-Luc Mélenchon, Président du parti français : le Front de Gauche à  propos de ses récentes déclarations sur Laurent Gbagbo »

 
 
 
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© Koaci.com - samedi 11 février 2012 - 12:57

::CONTRIBUTION PARTICIPATIVE POSTEE PAR UN KOACINAUTE ::

« La souveraineté de la Côte dÂ’Ivoire, cÂ’est elle que je suis chargée de défendre. Et elle, je ne la négocie pas. JÂ’appelle donc les Ivoiriens à  se ressaisir et à  ne pas compter sur autrui pour venir les faire Roi. Celui qui te fait Roi a toujours un droit sur ton siège. »

Extrait du discours dÂ’investiture du Président Laurent Gbagbo le 4 décembre 2010 au Palais présidentiel du Plateau. Photo prise après son discours dÂ’investiture qui est lÂ’un des profonds de sa carrière politique.
Monsieur Jean-Luc Mélenchon,
Président du Front de Gauche,
Candidat à  lÂ’élection présidentielle française de 2012,

Avant tout propos, jÂ’aimerais faire des précisions indispensables : Je ne suis point là  pour donner quelque soutien à  votre candidature, ou donner des consignes de vote à  vos compatriotes, il appartient au Peuple Libre de France de faire son choix en toute indépendance et en toute responsabilité. Il ne sÂ’agit encore moins dÂ’un militant de parti politique ivoirien qui voudrait tirer des bénéfices de vos récentes déclarations sur Laurent Gbagbo et la crise ivoirienne. Je suis simplement un Homme qui Pense. Un Humain qui cherche à  remplir son devoir de Citoyen responsable. Comme lÂ’a dit si bien un de vos compatriotes très célèbre, un des rédacteurs de la Déclaration Universelle des Droits de lÂ’Homme, Stéphane Hessel, je suis un « Indigné » donc je mÂ’ « Engage » à  travers ma modeste plume à  donner mon opinion en tant quÂ’homme « libre et engagé » pour des causes que jÂ’estime nobles donc défendables. Je voudrais très sincèrement, au-delà  de tout panégyrique, vous féliciter et vous encourager pour votre lucidité et votre inestimable courage politique. Pardonnez-moi cependant lÂ’extrême longueur de cette lettre et son caractère public. Car cÂ’est sans aucun doute un risque incommensurable que vous avez pris à  tenir de tels propos sur la crise post-électorale qui a suivie lÂ’élection présidentielle ivoirienne de novembre 2010. Vous lÂ’avez-vous-même reconnu. De quoi sÂ’agit-il ?
En effet, jÂ’ai eu connaissance de certaines de vos déclarations parues dans la presse ivoirienne. Je vous cite ad litteram : « La politique qui a été appliquée en Côte dÂ’Ivoire est une politique impériale. (Â…) Car cÂ’est un homme [Alassane Dramane Ouattara, cÂ’est moi qui précise] qui en quelques sorte a été introduit par les instances internationales, et notamment par les Nord-Américains et les Français depuis de très nombreuses années. Et cet homme qui a fomenté toutes sortes de complots, a épousé toutes sortes de rebellions absolument insupportables comme celle qui est venue du Nord du pays où se sont pratiquées les plus grosses fraudes électorales. Et la France sÂ’est mêlée de tout cela, est intervenue de manière militaire et elle a fait en quelque sorte que Gbagbo soit embastillé. Et il est aujourdÂ’hui traduit devant le Tribunal pénal international alors que son pays nÂ’a pas signé les clauses de ce tribunal pénal international. Si lÂ’on procède de cette manière, il y a un certains nombre dÂ’Américains qui pourraient être arrêtés et envoyés au même tribunal, on ne le fait pas. » Propos que vous avez tenu, si je mÂ’en tiens à  mes sources sur la radio française RMC, le lundi 6 février 2012 à  8 h 35 mn, (in Le Temps, N°2547, mercredi 8 février 2012, p. 2.)
Votre deuxième intervention qui a suscité cette missive est celle-ci : « Le parti de Laurent Gbagbo était membre de lÂ’internationale socialiste. Quelle contribution a pris lÂ’internationale socialiste au règlement de la crise ? Aucun. Pourtant le PS français assure la vice-présidence de cette organisation et Pierre Mauroy en a été le président ! Que dit cette organisation sur la capture de lÂ’un des siens et son emprisonnement dans une zone contrôlée par des mercenaires sanguinaires ? Rien. Quant aux dirigeants français du PS, prompts à  faire des visites sur place ? Rien. Combien dÂ’année, le délégué national aux questions africaines a-t-il été aussi un intime de Laurent Gbagbo ? Lui, au moins a-t-il assumé loyalement jusquÂ’au bout. Mais les autres ? (Â…) Je prends le risque de me voir affubler par bien des petites cervelles qui liront ces lignes une nouvelle fois de leurs simplifications offensantes. Mais je ne risque, moi, aucune confrontation désagréable avec mes actes. JÂ’ai rencontré Simone Gbagbo au temps où elle était dans lÂ’opposition. Je nÂ’ai jamais été invité sous sa présidence. Je nÂ’ai jamais participé à  une conférence sur place, ni été défrayé pour cela, je nÂ’ai jamais eu de tà¢che dÂ’écriture rémunéré par euro RSCG. Gbagbo ne mÂ’a jamais téléphoné, écrit, fait porter des messages ou interpellé. JÂ’étais, pour lui aussi, ce que jÂ’étais pour ses chers amis du PS et de la gauche du PS. Une ombre au tableau. Mais il reste ceci : que ça plaise ou pas, Gbagbo a été la seule tentative de faire de la vraie démocratie en Afrique. QuÂ’il ait échoué, dérivé ou ce que lÂ’on voudra, mérite mieux que le là¢che abandon auquel ont procédé les dirigeants du PS français. Les Ivoiriens méritaient au moins une tentative dÂ’interposition politique. AujourdÂ’hui, au moins par compassion humaine, par respect pour leur propre passé et leur ancienne amitié, ils devraient se soucier de savoir ce que devient Laurent Gbagbo et sa famille entre les mains des mercenaires givrés de Alassane Ouattara. Ils ne feront pas. Ils espèrent juste que ça passe et quÂ’on ne leur demande aucun compte. Je crois bien que les images de lÂ’ « arrestation » de Laurent Gbagbo devraient créer un grand malaise. Leur violence, le style « mercenaires aux yeux rouges » des assaillants, lÂ’ambiance de lynchage des vaincus, les violences faites aux femmes, lÂ’évidente mainmise de notre armée sur lÂ’opération, rien ne ressemblait moins à  une opération de protection de la population sous mandat de lÂ’ONU. Mais, depuis le début Laurent Gbagbo est lÂ’homme à  abattre pour les concessionnaires français quÂ’il a menacé dans leurs intérêts un temps même sÂ’il les a bien cajolé ensuite. Cela nÂ’excuse rien, mais cela explique tout. Et dÂ’abord la réécriture de la personnalité dÂ’Alassane Ouattara. En fait, un vrai aventurier repeint en bon père de la démocratie. Soutenu par lÂ’ancien président hier accusé de totalitarisme, Konan Bédié qui lÂ’avait empêché en son temps dÂ’être candidat à  lÂ’élection présidentielle, et par le premier ministre de Gbagbo, un soi-disant « rebelle du nord », vrai seigneur de guerre, dont les mercenaires ont été immédiatement maintenus sur place et rebaptisés en « force républicaine », le changement de camp valant amnistie pour les crimes qui leur étaient hier reprochés. Alassane Ouattara est un chef de clan et rien de plus. LÂ’argument de sa victoire électorale est une fiction qui pouvait être utile aussi longtemps quÂ’il pouvait y avoir une perspective dÂ’accord sur ce point entre les parties. Mais il nÂ’y en avait pas. Ne restaient donc en présence quÂ’une addition de tricheries. Valider les mensonges des bourreurs dÂ’urnes dÂ’Alassane Ouattara revenait à  prendre parti dans une guerre civile. Elle dure depuis 2002. La raconter obligerait à  un récit qui prendra trop de place. Aucune page nÂ’y valut mieux que la précédente. Mais aucune ne correspond au récit simpliste de la lutte entre gentil et méchant qui repeint Gbagbo en tyran et Ouattara en démocrate. Car si lÂ’on en a vu beaucoup montrer du doigt ce fait que Gbagbo nÂ’a pas obéi aux injonctions de lÂ’ONU, on dit moins, et même jamais, que Ouattara nÂ’y a pas davantage obéi. Notamment parce que ses mercenaires nÂ’avait pas désarmé pendant lÂ’élection, contrairement à  la demande de lÂ’ONU. Leur influence pédagogique explique sans doute le vote à  90 % en sa faveur dans les zones quÂ’ils contrôlaient. On vit clairement le parti pris, quand fut refusé le recomptage des suffrages, demandé par Gbagbo et refusé par Ouattara. Pourquoi ? On lÂ’avait bien fait aux USA, faut-il le rappeler ? A la fin, il faut se souvenir que le mandat de lÂ’ONU était de « protéger les civils » et dÂ’ « empêcher lÂ’utilisation dÂ’armes lourdes » contre eux, pas dÂ’aller arrêter un président sortant en bombardant le palais présidentiel. Mais qui sÂ’en soucie ? « Vae victis », comme dirait Michel Denisot. Malheur aux vaincus ! Je crois que cette opération militaire déclenchée sans dÂ’une discussion ou dÂ’un vote de lÂ’assemblée nationale commence un mauvais style pour la suite de nos relations avec lÂ’Afrique. Il est urgent que notre pays se ressaisisse. En premier lieu que le parlement ne laisse plus sÂ’installer cette habitude qui voit dorénavant tous les artifices dÂ’interprétation et de procédure réunis pour justifier que les parlementaires nÂ’aient jamais leur mot à  dire sur les expéditions militaires du pays. On nÂ’a voté à  lÂ’Assemblée nationale et au Sénat ni sur lÂ’Afghanistan, ni sur la Lybie, ni sur la Côte dÂ’Ivoire ! Ni avant, ni pendant, ni depuis ! Et, bien sûr, cÂ’est nous qui donnons des leçons de démocratie aux autres ! Mais nous, quel genre de démocratie est donc la nôtre entre lÂ’Europe qui nous dicte des lois et des astreintes jamais délibérés et un régime présidentiel qui déclenche des guerres à  sa guise et sans mandat ni contrôle du parlement ? Il me semble quÂ’une commission dÂ’enquête parlementaire sur cette intervention est seule capable de faire la lumière sur lÂ’enchainement qui a conduit jusquÂ’à  cette intervention militaire française dans la guerre civile ivoirienne. » (In Le Nouveau Courrier dÂ’Abidjan, N° 437, du mercredi 08 février 2012, p. 9) Quelle COURAGE ! Celui dÂ’aller à  contre-courant de la parole des « maîtres provisoires » de ce monde pour parler comme Aimé Césaire ! Que nÂ’a-t-on pas entendu dans cette crise ivoirienne ? Toute sorte de contradictions ! « Gbagbo est le pire « dictateur » du monde. » « Le tueur de 3000 Ivoiriens » « Celui qui a refusé de reconnaître sa défaite, pourtant certifié par lÂ’ONU et reconnu par la « communauté internationale ». Et que sais-je encore ! Simplement p arce quÂ’il a désobéi à  lÂ’« Empereur Sarkozy » qui lui intimait lÂ’ordre de dégagez du pouvoir avec un ultimatum. Que lui reproche donc au juste pour quÂ’on lui voue tant de haine ? A cette autre interrogation, je laisse lÂ’éminent Professeur de sociologie, DEDY Seri qui dans un très récent article intitulé « Les crimes quÂ’on reproche à  Laurent Gbagbo » le résume avec simplicité : « On impute à  Laurent Gbagbo une kyrielle de crimes. Ils sont si graves, et leur liste si longue, que dÂ’aucuns nÂ’ont pas hésité à  parler de « tous les péchés dÂ’Israël ». Pour tout dire et par métonymie, surtout pour frapper lÂ’imagination des à¢mes sensibles quant à  la monstruosité du mis en cause et de ses partisans, Laurent Gbagbo est traité dÂ’«Hitler noir » ou de « Slobodan Milosevic ». En quelque sorte, un dictateur qui, dans le plus style des rois-nègres, sÂ’est accroché à  un pouvoir sans partage, liberticide mais surtout ethnocentrique, anti-Dioula, anti-musulman, génocidaire, xénophobe, corrompu et prévaricateur. » (in LGinfos, N°69, du vendredi 8 février 2012, p.3) Voilà  qui est clair. Monsieur le Président, vous êtes sans ignorer que les « rebelles du Nord » alliés éternels de Ouattara, ont refusé de désarmer alors que le président Gbagbo avait appliqué sa part des accords négociés; que lÂ’actuel Secrétaire Général de lÂ’ONU Ban Ki-moon a estimé que ce serait une grande « injustice de recompter les voix »; que la prétendue « victoire électorale » de Ouattara a été déclaré dans le tristement célèbre Hôtel du Golf en toute illégalité, hôtel qui était par ailleurs son Quartier Général de campagne; que le président Gbagbo a demandé une commission internationale dÂ’enquête sur les élections composée de toutes les « grandes puissances » et tous les pays qui voudront bien y être membre. Mais lÂ’on nÂ’a préféré larguer des tonnes de bombes sur sa résidence officielle afin de nous « exporter la démocratie et les droits de lÂ’homme » au prix de milliers de morts et de dégà¢ts inestimables tant humains et matériels dont « un génocide » commis à  Duékoué par les Forces Répulicaines de Côte dÂ’Ivoire(FRCI), forces pro-Ouattara où lÂ’on parle dÂ’au moins 800 morts rien quÂ’en 2 jours, entre le 29 et le 30 mars(cf. le rapport dÂ’Amnesty International intitulé « Ils ont regardé sa carte et lÂ’ont abattu » publié en mai 2011). Je vous signale que les FRCI ont été créés par décret présidentiel par Ouattara le 17 mars2011. Si Laurent Gbagbo est accusé en tant « co-auteur indirect » de crimes de guerre et de crimes contre lÂ’humanité, cÂ’est en toute logique que son protagoniste de la crise post-électorale doit être inculpé de même. Monsieur le Président, telle est une infirme partie de la réalité historique de la crise ivoirienne. Par ailleurs, il me plaît de vous donner quelques informations sur Laurent Gbagbo que vous nÂ’ignorez peut-être pas. Il nÂ’a jamais été ce que la propagande impérialiste veut faire croire à  lÂ’opinion publique internationale. Une évidente preuve vient dÂ’être donnée par la Cour Pénale Internationale (CPI) en le déclarant « indigent ». Sur le sujet, je vous cite un extrait dÂ’un de mes articles intitulé « Gbagbo, lÂ’Historien » paru dans Le Nouveau Courrier dÂ’Abidjan, N°418 du mardi 17 janvier 2012, rubrique : « Chronique politique » p. 2. JÂ’y écrivis ceci : « Le Chef de lÂ’Etat, Alassane Ouattara, lors du traditionnel message présidentiel à  la nation le 31 décembre 2011 à  20 h sur la RTI 1, a tenu les propos suivants : « En 2012 la Côte dÂ’ivoire étonnera le monde. » Etait-ce une prophétie ? Sans doute au regard dÂ’un événement quasi invraisemblable qui sÂ’est produit. En effet, depuis quelques jours une étonnante nouvelle est relayée par presque toute la presse ivoirienne et certains journaux français. La très tristement célèbre Cour Pénale Internationale sÂ’est vue comme obligée de reconnaître que le Président Gbagbo, le plus médiatisé de tous les prisonniers de son existence, serait indigent. Du moins au stade actuel de ses investigations sur lesquelles on peut parier sa tête sans aucun risque que même les services secrets et autres agences spécialisées de renseignements occidentaux ont collaboré dans la forte espérance de trouver ne serait-ce quÂ’un compte vide à  lÂ’étranger. La Côte dÂ’ivoire a vraiment étonné le monde. Comment un président accusé de tous les péchés dÂ’Israël, accusé de crimes économiques par la justice de son pays peut-il être indigent ? Comment quelquÂ’un à  qui son opposition prêtait des milliers de milliards, qui sÂ’avèrent imaginaires, dans les banques suisses est-il incapable de financer sa propre défense ? Comment les occidentaux ont pu geler des avoirs qui nÂ’existent pas ? » Comme vous le voyez Gbagbo nÂ’est pas un « président dictateur-prédateur de son propre pays » comme il en existe sur le continent et qui se voit décerné le « label démocratique » à  leur régime et qui sont aussi de « Grands amis » de la France « patrie des droits de lÂ’homme », « grande et éternelle donneuse de leçons de morale et de bonne gouvernance aux autres ». Laurent Gbagbo a été simplement victime dÂ’un coup dÂ’Etat orchestré par la « France de Sarkozy » au profit de « puissances dÂ’argent » aidé en cela par le « consentement tacite et le silence assourdissant » du Parti socialiste français qui nÂ’a pas encore fait les « changements indispensables » dans sa « vision du monde » et sa pratique politique conformément à  ses convictions et aux valeurs quÂ’il prétend défendre. A ce propos, voilà  ce quÂ’un de vos penseurs, en lÂ’occurrence Paul Valadier disait : « SÂ’efforcer de prendre la mesure de son temps pour y vivre au présent est une tà¢che requise de la part de tout homme. Il nÂ’est rien de plus difficile que de comprendre son temps. Et pourtant cette tà¢che sÂ’impose à  quiconque veut vivre en vérité. » On peut jaser éternellement sur les défauts du président Gbagbo. Il en a sans doute, ce serait idiot de le nier. Mais parlant par exemple de sa probité, il faut le redire à  souhait cÂ’est avec une grande surprise quÂ’après plus de 5 semaines dÂ’intenses investigations les juges de la Cour Pénale Internationale ont été presque forcé de reconnaitre que Gbagbo est « indigent ». Tellement étonné ils continuent de chercher, eux qui ont tous les services secrets à  leur ordres, toutes les agences de renseignements du monde, tous les espions, toutes les technologies les plus avancées dont le public nÂ’a pas souvent connaissance. Ils veulent, ne serait que trouver un compte vide à  lÂ’étranger ou une brique appartenant à  Laurent Gbagbo. Car pour eux cÂ’est inimaginable, inconcevable, cÂ’est une vue de lÂ’esprit, une utopieÂ… quÂ’un président africain, de surcroît noir, gèrent son pays sans voler quelque chose pour assurer ses vieux jours. Comme cÂ’est de coutume pour leurs amis dictateurs qui sont vu comme les plus grands démocrates du monde tant quÂ’ils obéissent aux ordres et garantissent les intérêts de Washington ou Paris. Non et non. Gbagbo nÂ’est pas un voleur. Ni un homme dÂ’affaires, encore moins quelquÂ’un qui est hypocrite; jusquÂ’à  preuve du contraire, il nÂ’a pas les milliards que les Venance Konan, Tiburce Koffi ou autres « intérêctuels » (genre dÂ’intellectuel qui ne suivent que leurs intérêts) de la Ouattarandie lui prêtait dans ce pays. Le Nouveau Réveil, le Patriote et Nord-Sud (porte-voix de notre « Rattrapeur en Chef ») qui ont crié partout que Gbagbo est un vulgaire voleur devraient présenter publiquement leurs excuses à  Gbagbo qui ressassait très souvent quÂ’il « était peut-être le seul chef dÂ’Etat a nÂ’avoir pas de biens à  lÂ’étranger. » Celui qui, dès son élection en octobre 2000 à  réunit ses enfants leur disant : « Ce poste, je vais lÂ’occuper avec honneur. Je vais faire en sorte quÂ’on ne dise jamais que votre père a volé 5 francs. Je vais faire en sorte que celui qui porte mon nom nÂ’ait pas honte. Je vais faire en sorte quÂ’on ne regarde mes enfants en disant : « Voilà  le fils du voleur ! Ou le fils du traître ! » Mais vous, le seul héritage que je vous laisse, comprenez-le bien dès aujourdÂ’hui, cÂ’est mon nom ! QuÂ’il mÂ’arrive quelque chose tôt ou tard, je nÂ’ai aucun compte à  lÂ’étranger. Je nÂ’ai aucune maison à  lÂ’étranger. Le seul héritage que je vous laisse, cÂ’est Mon Nom. Soyez dignes de ce nom, parce que ce nom est propre. SÂ’il nÂ’était pas propre, jÂ’aurais été écrasé par mes adversaires pendant toute ma lutte. CÂ’est cela ma foi et cÂ’est ma voie. Parce que jÂ’estime que cÂ’est par cette voie-là , que les jeunes Africains peuvent avoir un réveil. Mon rôle, ce nÂ’est pas dÂ’accumuler lÂ’argent. Mon rôle cÂ’est dÂ’aider les jeunes à  gagner de lÂ’argent, pour gagner leur vie. Voilà  le sens de ma lutte. » (in Lginfos, N°68, du mercredi 8 février 2012, p.5) Oui, Gbagbo est un dÂ’exemple dÂ’homme politique dÂ’une rare espèce, en voie de disparition dans le monde. Il est Digne et exemplaire. Si lÂ’exception confirme la règle, Gbagbo est une exception en Afrique. Personne ne peut le contester. Selon le journaliste Pascal Airault, dans un article intitulé « Côte dÂ’Ivoire : Les clés du duel », paru deux semaines avant la tenue du deuxième tour de lÂ’élection présidentielle dans lÂ’hebdomadaire françafricain Jeune Afrique, N° 2600, du 7 au 13 novembre 2010, pp. 26 à  28, et je le cite ad litteram, Laurent Gbagbo est « le politicien le plus doué de sa génération ». Ce nÂ’est pas la première fois que Laurent Gbagbo est gratifié, et dÂ’ailleurs à  raison, de la qualité dÂ’homme politique talentueux, lui qui a toujours considéré la Politique comme « son Métier ». Pascal Talla dans le numéro 370 de Jeune Afrique Economique paru en juin 2006 le qualifiait de « Professeur de stratégie politique » (CÂ’est le titre principal sur la page de couverture de ce même numéro). CÂ’est un homme politique modèle. LÂ’un de vos illustres hommes politiques, en lÂ’occurrence Georges Clemenceau disait : « Il faut savoir ce que lÂ’on veut. Quand on le sait, il faut avoir le courage de le dire ; quand on le dit, il faut avoir le courage de le faire ! » Gbagbo lui disait sur RFI en mai 2010 : « Je nÂ’ai jamais fait mystère de lÂ’implication de lÂ’Etat français, à  travers Chirac et Dominique de Villepin, de leur implication dans la tentative de renversement de mon régime. Ce nÂ’est pas aujourdÂ’hui que je vais dire le contraire. (Â…)Il nÂ’y a pas de raisons pour que jÂ’aille en France tant quÂ’on nÂ’aura pas discuté du différend qui continue dÂ’opposer lÂ’Etat français à  lÂ’Etat de Côte dÂ’ivoire. (Â…) » et lorsque les journalistes lui demandent sur quoi porte exactement ce différend, il lÂ’affirme avec courage et sans ambages: il sÂ’agit de « la tentative par un pays de renverser un Chef dÂ’Etat légalement élu, légitimé par une élection démocratique et populaire. Tant quÂ’on envisage les relations ainsi entre deux Etats, je ne suis pas dÂ’accord. Je ne suis pas dÂ’accord avec cette manière de voir les relations entre deux Etats. » Et donc pour être fidèle avec ses convictions et joindre lÂ’acte à  la parole, il ne rendra ni au sommet France-Afrique de Nice en mai 2010 ni envoyer les soldats Ivoiriens défiler sur les Champs Elysées. Sarkozy ne lui sans pas tolérer cet affront fait à  lui le chef de lÂ’empire françafricain qui décide qui doit être président. De plus lors il ne cessait de dire « Je ne suis pas un sous-préfet français. Nous avons choisi dÂ’être libres et nous prenons les moyens de notre liberté. » Voilà  un grand homme politique. On comprend sans grande difficulté pourquoi il a résisté 10 années durant avec le Peuple ivoirien (2OO1 à  2011), ce qui est « le plus long coup dÂ’Etat de lÂ’Histoire », pendant que ses adversaires rêvaient de le déloger par tous les moyens y compris par les armes. Ce quÂ’ils ont dÂ’ailleurs réussit après avoir échoué avec les moyens des Hommes civilisés, les élections, mais avec les moyens des Bêtes : la force brutale et sauvage. Et ce avec la bénédiction et lÂ’aide de la coalition de la Force Licorne-ONUCI-CEDEAO (mercenaires)-FRCI. Il est important de savoir que, selon la très riche enquête publié dans lÂ’ouvrage Côte dÂ’Ivoire. Le coup dÂ’Etat de lÂ’écrivain-journaliste à  succès Charles Onana, en 2011 par les Editions Duboiris, et préfacé par Thabo MÂ’Béki, ancien président sud-africain, les experts et économistes ivoiriens « ont vaincu » les économistes français pendant la guerre économique quÂ’ils livraient à  la Côte dÂ’Ivoire pour faire chuter Laurent Gbagbo. Reconnaissons donc que toutes ces stratégies pour provoquer un soulèvement populaire et opposer Laurent Gbagbo, le chef de lÂ’Etat démocratiquement élu, aux forces de défenses et de sécurité et au Digne Peuple ivoirien ont lamentablement échoué : embargo économique, embargo sur les médicaments, fermeture des banques, psychose, terrorisme, manipulation médiatique, guérilla urbaine, (phénomène du commando invisible, dont le ministre, des mines, de lÂ’énergie et du pétrole Adama Toungara à  attribuer la paternité lors dÂ’un discours public à  Abobo à  Guillaume Soro, actuel Premier minsitre de Ouattara) grèves des transporteursÂ… DÂ’ailleurs, après toutes ces tentatives de déstabilisation, Le Nouveau Réveil, N°2702, du jeudi 23 décembre 2010, faisait cet aveu, affichant ainsi sur sa page de couverture : « Seule la force peut faire partir GBAGBO'>GBAGBO'>GBAGBO'>GBAGBO ! » Ainsi donc le 11 avril 2011 vers la fin de la matinée (11 h environ), on apprenait que « le Président Laurent GBAGBO'>GBAGBO'>GBAGBO'>GBAGBO a été arrêté à  sa résidence officielle par les Forces Spéciales françaises » Précision : ce nÂ’est pas moi qui le dit, cÂ’est la chaîne française dÂ’impérialisme communicationnelle France 24 qui lÂ’annonçait, quÂ’on ne mÂ’accuse donc pas de vouloir travestir ou falsifier lÂ’Histoire de la Côte dÂ’Ivoire. Pour les Esprits éclairés, cÂ’est une évidence de déduire que lÂ’arrestation du Président Laurent Gbagbo par les rebelles (FRCI) est une manipulation des faits, une « colonisation de la Mémoire ». CÂ’est une attitude très courante et plus naturelle des puissances impérialistes occidentales : celle de falsifier lÂ’Histoire en lui « ordonnant » de ne retenir leur version et conception dite officielle. DÂ’où lÂ’adage populaire : « LÂ’Histoire a toujours été écrite par les vainqueurs ! » ou pour citer un proverbe africain : « Aussi longtemps que les lions nÂ’auront pas leur historien, les récits de chasse tourneront toujours à  la gloire du chasseur. » Les Etats-Unis de Barack Obama, la France de Sarkozy, lÂ’Angleterre de Cameron, bref les Occidentaux ont échoué en Côte dÂ’Ivoire du point de vue de lÂ’esprit dÂ’éthique et du code de lÂ’honneur de la Politique, science noble. Gbagbo à  gagner la partie et ils ont honte de le reconnaître. Pour le moins publiquement et aujourdÂ’hui. Tôt ou tard ils vont le réhabiliter dans la « Mémoire de lÂ’Histoire » et ce ne sera pas surprenant. Ne vous étonnez pas à  voir dans 20 ou 50 ans, cÂ’est selon, des documentaires présentés Laurent Gbagbo comme « un saint » victime de ses convictions. « Les élections, cÂ’est le moyen dÂ’expression des hommes civilisés. On va aux élections. Le peuple qui est souverain, choisit. Si le peuple ne tÂ’a pas choisi, tu vas tÂ’asseoir et tu attends les prochaines élections. CÂ’est cela qui est la règle. Et, cÂ’est comme cela que tous les pays se développent. Si le peuple ne tÂ’a pas choisi, tu vas tÂ’asseoir et tu attends les prochaines élections présidentielles. Si le peuple tÂ’a choisi alors tu gouvernes. Celui qui nÂ’est pas capable de comprendre cela, nÂ’est pas digne de faire de la politique. ». Un tel discours contraste gravement avec les discours de lÂ’actuel « Préfet français » qui préside aux destinées de notre pays. CÂ’est un secret de polichinelle quÂ’une grande partie de la population le tient pour auteur des phrases suivantes : « Je rendrai ce pays ingouvernable », « Je frapperai ce régime moribond et il tombera », « Je nÂ’attendrai pas 2005 pour être président de la Côte dÂ’Ivoire. ». A lÂ’opposé de tels discours Laurent GBAGBO'>GBAGBO'>GBAGBO'>GBAGBO quant à  lui disait : « Aux hommes politiques ivoiriens, dire ceci : toute ambition politique est légitime sinon je nÂ’aurais pas combattu pour être président de la République. Mais jÂ’ai combattu trente ans et jamais on ne mÂ’a retrouvé dans un camp dÂ’entrainement, jamais on ne mÂ’a trouvé des armes, un pistolet, un couteau à  la main. (Â…) Nous voyons, depuis que je suis au pouvoir, une nouvelle race dÂ’opposants qui avancent avec des masques, sans visage, en armant des troupes. Déposez vos armes et attendez les prochaines élections ! Déposez vos armes et attendez les suffrages populaires. Comme on est à  lÂ’aise quand on est oint par le suffrage populaire ! CÂ’est ce suffrage, qui, seul confère la légitimité. (Â…) Vous qui vous engagez dans la voie de la politique, attendez les élections de 2005, préparez vos arguments et nous nous attaquerons pacifiquement sur le terrain des élections. » (Extrait du message à  la nation le 8 octobre 2002, in Jeune Afrique Economique, N°345, du 14 octobre au 3 novembre 2002, p. 20) On pourrait penser que ce nÂ’était quÂ’un simple discours de circonstance. Mais on sÂ’aperçoit que cÂ’est la vision/conception ou philosophie gbagboïste de la politique à  lÂ’aune dÂ’un autre discours, qui lui sera tenu 8 ans après lors du meeting de clôture de sa visite dÂ’Etat à  Agboville : « JÂ’engage les hommes politiques ivoiriens à  prendre la voie de la responsabilité. Je les engage à  être responsables et à  penser à  la Côte dÂ’Ivoire. Je les engage à  être responsables et à  penser au développement de la Côte dÂ’Ivoire. Je les engage à  cela. La Côte dÂ’Ivoire, la Côte dÂ’Ivoire, la Côte dÂ’Ivoire ; tel doit être notre souci permanent, si nous voulons faire la politique. Et, si on ne veut pas faire de la politique, alors quÂ’on laisse la politique à  ceux qui savent la faire. Un faiseur de coup nÂ’est pas un homme politique. » Comme le reconnaissait dÂ’ailleurs Dominique de Villepin, alors ministre des Affaires étrangères de Chirac, à  lÂ’ONU dans son célèbre discours prononcé le 14 février 2003 devant le Conseil de Sécurité pour montrer lÂ’opposition de la France chiraquienne à  lÂ’intervention militaire américaine en Irak pour y abattre un régime dit dictatorial : « (Â…) la France a deux convictions : la première, c'est que l'option des inspections n'a pas été conduite jusqu'à  son terme et peut apporter une réponse efficace à  l'impératif du désarmement de l'Irak ; la seconde, c'est qu'un usage de la force serait si lourd de conséquences pour les hommes, pour la région et pour la stabilité internationale qu'il ne saurait être envisagé qu'en dernière extrémité.(Â…) Ayons le courage de mettre les choses à  plat. Il y a deux options : l'option de la guerre peut apparaître a priori la plus rapide. Mais n'oublions pas qu'après avoir gagné la guerre, il faut construire la paix. Et ne nous voilons pas la face : cela sera long et difficile, car il faudra préserver l'unité de l'Irak, rétablir de manière durable la stabilité dans un pays et une région durement affectés par l'intrusion de la force. (Â…)Personne ne peut donc affirmer aujourd'hui que le chemin de la guerre sera plus court que celui des inspections. Personne ne peut affirmer non plus qu'il pourrait déboucher sur un monde plus sûr, plus juste et plus stable. Car la guerre est toujours la sanction d'un échec. Serait-ce notre seul recours face aux nombreux défis actuels ? » Voici ce que le même De Villepin affirmait au tout début de la guerre en Côte dÂ’Ivoire « le problème de la Côte dÂ’Ivoire nÂ’a pas de solution militaire, il faut négocier avec les rebelles ». Le vendredi 1er décembre 2006 en Afrique du Sud, ce même Dominique de Villepin affirme encore : « je veux le dire très clairement aujourdÂ’hui : face aux crises, la France ne choisit pas de camp, elle choisit la paix. Elle ne défend pas des régimes, elle défend des valeurs. » Parmi ces valeurs que la France défend, il a cité : « Le respect des droits de lÂ’homme et la protection des populations civiles. La souveraineté des Etats, lÂ’intégrité de leurs territoires, la défense du droit et de la justice internationale. » Voilà  réuni ici le condensé de la parole occidentale concernant la politique. Pourquoi donc ce dernier sÂ’étonne-t-il en écrivant dans son livre La Cité des Hommes, Paris, Plon, 2009, que : « Le développement schizophrénique constamment pratiqué par lÂ’Occident entre dans la propagande de nobles idéaux et la défense pragmatique dÂ’intérêts, souvent contraires à  lÂ’exaltation des premières. Cette hypocrisie dÂ’une double morale est la source la plus évidente du rejet de la parole occidentale. (p.20)» Hypocrisie si prouvée au cours de lÂ’année 2011 où la résolution 1973 de lÂ’ONU donnait un mandat dÂ’exclusion aérienne sans troupes au sol. On sait aujourdÂ’hui quÂ’en plus des centaines dÂ’instructeurs et conseillers militaires occidentaux qui ont aidé les « rebelles libyens » il y a eu plusieurs milliers de mercenaires arabes notamment qataris combattant les forces loyalistes et armés par les occidentaux.
Monsieur le Président, vous avez, pour vous citer à  nouveau, affirmé que : « Alassane Ouattara est un chef de clan et rien de plus. » Et vous avez parfaitement raison. Celui-ci lÂ’a dÂ’ailleurs démontré par ses propres propos tenus lors de sa visite dÂ’Etat en effectuée en France du 25 au 27 janvier dernier dans une interview accordée à  lÂ’hebdomadaire français lÂ’Express. Propos qui continuent de faire couler beaucoup dÂ’encre et de salive ici en Côte dÂ’Ivoire. Ecoutons la réponse de lÂ’ « économiste et du financier de renommée internationale » suite aux accusations lui reprochant des nominations basées sur un dangereux « ethno-tribalisme » : «Il sÂ’agit dÂ’un simple rattrapage. Sous Gbagbo, les communautés du Nord, soit 40 % de la population, étaient exclues des postes de responsabilités. SÂ’agissant des hauts cadres de lÂ’armée, jÂ’ai eu à  négocier avec les officiers des ex-forces nouvelles qui voulaient tous les postes. Et jÂ’ai réussi à  imposer cet équilibre dans la hiérarchie militaire, jusquÂ’au niveau de commandant : le N°1 issu de lÂ’ancienne armée régulière. Tous grades confondus, il y a 12 % de nordistes dans la police, 15 % dans la gendarmerie et 40 % environ dans lÂ’arméeÂ… sur ce terrain-là  on ne peut rien me reprocher. » Là -dessus, je vous fais lire un extrait de son programme de campagne dÂ’octobre 2010, intitulé, sÂ’il vous plaît, « VIVRE ENSEMBLE » Ecoutons-le attentivement encore : « Nos origines ethniques et nos appartenances religieuses ont été utilisés ces dernières années pour nous diviser. Nous devons tous être attentifs à  ne plus jamais réveiller ces rivalités. (Â…) Les nominations aux postes à  responsabilités de lÂ’Etat seront opérées sur la base des critères de mérite, en veillant toutefois à  un équilibre géographique. (p.7) », « Notre jeune démocratie en est encore au stade des balbutiements ; ces dernières années nous lÂ’ont cruellement démontré. Or, rien de durable ne pourra être accompli si nous ne réussissons pas dÂ’abord notre démocratie, si nous ne nous parvenons pas à  faire primer les débats dÂ’idées sur les querelles partisanes. (p.9)» (SOURCE : Programme de gouvernement du candidat du Rassemblement des Républicains (RDR) intitulé « VIVRE ENSEMBLE » à  lÂ’élection présidentielle dÂ’octobre 2010, Dr. Alassane D. OUATTARA, version numérique format PDF en téléchargement gratuit sur internet). Après lecture de ce passage cité ci-dessus, on peut se demander « NÂ’est-ce pas le même Ouattara qui disait être exclu des élections parce quÂ’il était du Nord et musulman ? ». CÂ’est tout simplement malheureux dÂ’entendre de tels propos venant dÂ’un Chef dÂ’Etat, président de la république dÂ’un pays multiethnique comme la Côte dÂ’Ivoire et dont les actuels collègues occidentaux ont vanté les mérites de brillant technocrate sur tous les toits du monde. AujourdÂ’hui tous les meetings de lÂ’opposition se réclamant de Laurent Gbagbo sont réprimés dans le sang avec souvent même des morts. NÂ’est-ce pas pour chasser le « méchant Gbagbo, dictateur devant lÂ’Eternel » et installer « le gentil Ouattara, éternel et parfait démocrate » quÂ’on a bombardé les Ivoiriens tuant ainsi des milliers dÂ’innocents ? A cause du vote dÂ’à  peine 6 millions dÂ’Ivoiriens lÂ’Occident à  imposer un embargo sur les médicaments pour punir tout un Peuple de nÂ’avoir pas choisi le candidat choisi de longue date par des réseaux mafieux. Si le « dictateur Gbagbo » est à  la Haye, pourquoi y a-t-il encore des violations massives des plus élémentaires des droits humains tels que la liberté dÂ’expression et de penser ? NÂ’est-ce pas Sarkozy qui disait lors de la Célébration du 60ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de lÂ’Homme le 8 décembre 2008 au Palais de lÂ’Elysée devant les Elders : «Un homme ou une femme condamnée pour ses opinions, cÂ’est un homme ou une femme à  qui on conteste le droit à  lÂ’humanité. » Oh honte !
Pour terminer, je voudrais dire à  nos « vainqueurs » quÂ’ils sachent, comme lÂ’a si bien écrit Jean Ziegler (que je salue pour son sincère engagement au côté des peuples en lutte) comme titre de son livre publié aux éditions Seuil en 1998, quÂ’il existe « La Victoire des vaincus ». Je demande aux « ADOrateurs », thuriféraires, panégyristes et hagiographes de la « Ouattarandie » de méditer ces vers de Miguel de UNAMUNO (1864-1936) poète, romancier, dramaturge, critique littéraire et philosophe espagnol : « Vous vaincrez mais vous ne convaincrez pas. Vous vaincrez parce que vous possédez une surabondance de force brutale, vous ne convaincrez pas parce que convaincre signifie persuader. Et pour persuader il vous faudrait avoir ce qui vous manque : la raison et le droit dans votre combat.»
Monsieur le président, je vous dédié personnellement ces deux textes du Président Laurent Gbagbo : « Ecoutez ma parole car elle est pure de tout mensonge. /Elle a la limpidité de lÂ’eau de pluie/Et la violence de lÂ’ouragan./Le monde est malheureux/Parce que les hommes ne se souviennent pas./Or hier nÂ’est pas encore loin/Et demain est profond,/DÂ’une profondeur pleine dÂ’espoir./Ecoutez ma parole : elle ne sait quÂ’avancer ! Ecoutez ma parole : lÂ’Histoire est Vérité ! » (GBAGBO'>GBAGBO'>GBAGBO'>GBAGBO Laurent, Soundjata, Lion du Mandingue, Abidjan, CEDA, 2006, p. 102).

« Je suis un représentant de ceux qui ne peuvent rien avoir contre le peuple français. Mon père sÂ’est battu avec ses camarades soldats français contre lÂ’armée nazie. Mon père sÂ’est battu pour que lÂ’Allemagne nazie ne triomphe pas. Il était dans cette armée-là , qui, hélas, a été vaincue en 1940. Il était soldat volontaire. Le sergent Koudou, tel est son nom, a été prisonnier de guerre. Evadé, il a repris les armes. Il a été blessé de guerre, et il en porte encore les cicatrices. Soigné, il a été ramené à  Fréjus. Il sÂ’est reposé, puis il est rentré en 1942 par la voie maritime. Le prénom que je porte, Laurent, était le prénom du capitaine français qui commandait la compagnie de papa. Il est mort dans les bras de mon père. (Â…) La première chose qu'il faut comprendre, c'est que, dans toutes négociations, même si elles sont techniques, c'est la dignité. Oui, nous sommes les combattants de la dignité. L'Afrique veut le respect. Je négocie avec toi un prêt. Si tu veux, tu me le donnes. Si tu ne veux pas, tu le dis. Tu peux me dire : “Je te fais un prêt, voici les conditions”. Moi aussi, j'accepte tes conditions ou je ne les accepte pas. Mais l'irrespect ne peut pas être accepté par les générations à  venir. L'indignité ne peut pas être acceptée par les générations à  venir. La génération que je représente, cÂ’est de donner la dignité, cÂ’est de forcer le respect. Â… Nous nÂ’avons absolument rien contre le peuple français. Mais, quiconque, au nom dÂ’intérêts idéologiques ou économiques, veut nous asservir nous trouvera débout ! La mort vaut mieux que le déshonneur. Je ne me laisserai pas déshonorer et je ne laisserai pas déshonorer le peuple qui m'a élu. Jamais ! » (Discours dÂ’ouverture lors du 2ème Sommet international du Congrès de la Jeunesse Panafricaine (COJEP) le samedi 18 décembre 2004 au Palais des Congrès de lÂ’Hôtel Ivoire à  Cocody.)
Monsieur le président, dans lÂ’espérance de lire votre réponse, veuillez recevoir ici lÂ’expression de ma profonde considération !

Daloa, le 9 Février 2012


Imhotep MAà‚T,
Meilleur Orateur National (2010) de la Jeune Chambre Internationale – Côte dÂ’Ivoire,
Meilleur Orateur National (2009),
Meilleur Débatteur National (2009),
Penseur, Apprenti-Ecrivain
(+ 225) 08 37 98 91
imhotep_ouhem.mesout@yahoo.fr



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Dabakala
Nous ne pourrons éternellement juger ou critiquer lÂ’occident, lié quÂ’il est à  ses intérêts personnels, qui justifient le fait que les tensions internes disparaissent quand des décisions nationales (dans lÂ’intérêts de leur patrie) sÂ’imposent, dÂ’où la passivité de toutes les chambres politiques françaises dans le dossier ivoirien. Le fait est, que tout ce qui se passe en côte dÂ’ivoire est possible, parce quÂ’il y a dans ce pays un substrat, une partie de la population ou de la classe politique qui y est favorable. CÂ’était tantôt lÂ’appel des armes que lÂ’on disait sÂ’imposer « à  nous », mais ce sont bien ces armes qui tueront les autres ivoiriens !! Si la vie des ivoiriens était aussi précieuse, le chemin du dialogue aurait été privilégié et la guerre aurait été un nonsense. Le coup dÂ’état de 2002 et les autres tentatives, ne sont toujours pas valablement justifiés à  ce jour. Ce que lÂ’on constate, cÂ’est quÂ’il y aura toujours des ivoiriens (qui nÂ’hésiteront pas à  se faire aider par dÂ’autres étrangers, lorsque lÂ’idée de tuer ses frères devient trop difficile à  supporter) qui seront prêts à  tuer dÂ’autres ivoiriens pour accéder au pouvoir, mettant de côté la voie démocratique, qui ne permet pas à  tous dÂ’accéder au pouvoir, mais bien à  celui qui obtiendra la majorité des suffrages exprimés lors de scrutin (boycott inclus). La situation que nous vivons donc aujourdÂ’hui est à  mettre à  lÂ’actif des seuls ivoiriens, qui auront toléré la violence, lÂ’interventionnisme extérieur, le mépris du dialogue sur la scène politique ivoirienne. Tout ceci pour accéder au pouvoir ou le conserver !! LÂ’intervention de Melenchon, après « lÂ’incendie », nÂ’aura que pour effet de démontrer que la classe politique française nÂ’était pas unanime dans lÂ’intervention de la France en côte dÂ’ivoire dÂ’où lÂ’envie de la condamner dans son entièreté, dÂ’autant plus que les avantages ciblés se font toujours attendre, avec la seule consolation, lÂ’écartement du débat politique dÂ’un homme qui leur aura donné du fil à  retordre, mais qui finalement, constitue la seule alternative viable à  ce qui se passe actuellement en Côte dÂ’ivoire, car SEM Laurent GBAGBO nÂ’aura jamais été contre les intérêts des français (qui auront été plus que gourmands) et de plus, il jouit toujoursde la légitimité populaire suffisante pour freiner les dérives actuelles et remettre le pays au travail. Mais la France devra assumer ses erreurs et son fardeau !!
 
 il y a 7 ans     
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SRIKA BLAH
Nous ne voyons toujours pas l'ERREUR commise par le bloc " France,l'ONU,USA,CE" en aidant les ivoiriens a se debarrasser de "SEPLOU" qui etait venu au pouvoir pour mettre le "BORDEL" partout............................................ Les ivoiriens,s'ils le peuvent doivent meme "DECORER" les chef d'Etat(ou 1er ministre) des USA, France, Angleterre ......pour le TRES BON "boulot" PROPRE fait dans notre pays............................... Il a eu la CHANCE que Ouattara n'a pas voulu qu'il suive Guei Robert dans l'autre monde.
 
 il y a 7 ans     
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Le Senoufo
@ SRIKA BLAH, pouvez-vous faire l'effort dÂ’être sérieux au rendez-vous d'une réflexion grave et profonde? Ne vous sentez pas obligé de prendre part a tous les débats quand vous n'avez rien a apporter a ceux-ci. Ici nous sommes invités a poser un regard profond sur le mal ivoirien. Il y a mal et le denier nÂ’atténuera pas la douleur des ivoiriens. Réfléchir n'est pas mauvais; bien contraire. Il (l'acte de réflexion) nous aide a éviter que le mal ne se répète. Les occidentaux ont abandonné Wade qui est actuellement très énervé. Votre Ouattara sera le prochain sur la liste. Que direz-vous a ce rendez-vous? J'aimerais, avec votre permission, vous lire en ce temps-la. De toutes les façons cela arrive a grand pas.
 
 il y a 7 ans     
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Dabakala
Tu fais partie du substrat énoncé plus haut et la cécité que tu manifestes est normale dans ce cas. ADO nÂ’est pas dupe et sait bien que ses intérêts son servis, si les intérêts des occidentaux le sont. Il atteint le pouvoir (ce qui lui importait le plus) en acceptant de marcher avec les occidentaux, mais sait très bien que les occidentaux nÂ’auront pas fait tout ceci pour ses beaux yeux ou pour la pseudo démocratie quÂ’il auraient installée en côte dÂ’ivoire en chassant SEM Laurent GBAGBO. Tout ce que ADO fait en ce moment pour rendre le pays fréquentable et dans le cadre de faire valoir de la France au niveau continental, nÂ’est que juste conséquence du marché conclu avec ses supports, impatients de voir les retombées promises. Si toi SRIKA BLAH, tu ne voies pas lÂ’erreur commise par le bloc occidental, ADO sait très bien de quoi il est question ici et aura le droit de paniquer, surtout depuis que ce bloc nÂ’arrive pas à  fructifier le terrain conquis, à  cause des cafards quÂ’ADO aura disséminés dans le pays. Le boulot nÂ’était pas aussi propre que tu le prétends. Il suffit juste de regarder autour de soi, surtout avec la grogne montante des soldats rebelles qui se sentent utilisées et jetés aux orties. Un règlement de compte sous-jacent est à  redouter ici. Adieu donc aux investissements et aux investisseurs annoncés !!
 
 il y a 7 ans     
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SRIKA BLAH
@Senoufo....et.....@DABAKALA....... Le Regime de Gbagbo a ASSASSINE froidement les 18 membres de la famille de Guei Robert plus son garde de corps Fabien(pris dans un autre quartier d'Abidjan)................. et Koudoud Gbagbo a dit d'OUBLIER ses ASSASSINATS.............................Le FPI est TRES CONTENT de ce ACTE SAUVAGE. ............................Si lui Gbagbo Laurent MEURT avant moi je n'aurai pas de REGRET..... je FETERAI meme ce jour................................ Vous deux ,vous ne connaissez pas mieux le monde politique plus que mois. Vous avez choisi votre camp, laisser les autres choisir le leur..............Je crois que vous n'avez pas souffer pendant cette crise sanglante comme moi........................... J'ai trop reflechi dans ma vie................ J'ai pas besoin de reflechir ce qui sort d'une plume de mon semblable.................................... Je le redis encore que je ne suis pas du tout content de Ouattara par ce qu'il n'avait pas APPLIQUE la "loi" que Koudou Gbagbo avait fait subir Guei Robert et 18 membres de sa famille............. Gbagbo devrait REJOINDRE Guei Robert au PARADIS...................... C'est meme possible que Juin ne trouve pas Koudou car il parait qu'il n'est pas en bonne sante a la CPI.
 
 il y a 7 ans     
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gustozam
Sri Blah,votre entêtement à  accuser sans preuve le président Gbagbo et ses supposés et réels sympathisants frise la démence.Vous vous entêtez à  imputer aux FDS pro-gbagbo l'assassinat du Gl GUEà, de son épouse et de ses gardes de corps...Regardez surtout du côté des auteurs et commanditaires du coup d'état de 1999 et que feu le Gl GUEà auraient trahi au final.Ce sont ces individus qui sont prêts à  tout pour accéder au pouvoir.Que gagnez-vous à  accuser des innocents?
 
 il y a 7 ans     
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