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TRIBUNE COTE D'IVOIRE: Zadi par-ci, Zaourou par-là !
 

TRIBUNE COTE D'IVOIRE: Zadi par-ci, Zaourou par-là !

 
 
 
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© Koaci.com - lundi 26 mars 2012 - 02:42

Bernard Zadi Zaourou (ph)

::CONTRIBUTION PARTICIPATIVE POSTEE PAR UN KOACINAUTE ::

Bernard Zadi Zaourou (né en 1938 à  Soubré, décédé le mardi 20 mars 2012 à  la PISAM à  Abidjan-Cocody), connu également sous le nom de Bottey Zadi Zaourou, est un enseignant émérite que dÂ’aucuns dont moi appellent le Maître. Ecrivain éclectique ivoirien, il fut aussi homme politique. De mon avis, le plus sublime hommage à  lui rendu par les littéraires est venu dÂ’un de ses meilleurs disciples. En effet, lÂ’excellent Tiburce Koffi, dans un entretien avec le critique littéraire Macaire Etty, affirme sans sourciller: « Je crois quÂ’il (Zadi Zaourou) est resté fondamentalement un pédagogue; un de ces grands pédagogues qui savent distribuer le savoir. ( Â…) La plus grande dissemblance entre lui et moi est que Zadi est un esprit encyclopédique, un monument du savoir ! Et moi, je suis lÂ’élève qui aspirera toujours à  atteindre, sans jamais y parvenir, le niveau du Maître. Et aucun intellectuel ivoirien, excepté les Pr Lanciné Sylla et Barthélemy Kotchy, nÂ’a acquis et maîtrisé autant de savoirs que lui. CÂ’est le Cheick Anta Diop ivoirien. ». in Le Nouveau Courrier n°474 du 23 mars 2012.
Zadi Zaourou est lÂ’authentique théoricien du Didiga, une majestueuse esthétique originale qui se décline artistiquement comme le récit des exploits épiques d'un héros (le chasseur Djergbeugbeu) et comme l'art de l'impensable au plan purement philosophique.
Le Maître pourrait être considéré tel un auteur éclectique mais aussi féministe. Avec sa peinture élogieuse et optimiste dÂ’une caste de femmes guerrières et intrépides, il relance du coup par la bouche de la gent féminine, le débat de la déconcertante fragilité du pouvoir machiste. La preuve irréfragable de cette vision est tapie dans la sensuelle virginité dÂ’un fragment haletant et pantelant de La guerre des femmes où Zadi, le libertin puriste, avec dextérité, ne verse guère dans lÂ’obscénité répugnante et volage. Ici, lÂ’on peut apprécier le génie de lÂ’Artiste comme me lÂ’a soufflé Macaire Etty. Un véritable bréviaire, un excellent code de bonne conduite pour la femme à  lÂ’orée du coït qui sÂ’avère être une douce arme redoutable. Trêve de commentaires. Contemplons plutôt le tableau didactique à  nous peint par le pape de la stylistique ivoirienne et lÂ’un des dépositaires du verbe léché et incréé:

Mahié: « Oui, (...) Quand tu seras seule avec lÂ’homme avec qui tu passeras la première nuit, observe bien sa nudité. A la lisière de sa prairie qui est à  tous points semblable à  la nôtre, tu découvriras un arbre sans feuillage. Il porte un fruit qui renferme deux fèves. Ne tÂ’acharne pas sur le fruit. Tu tuerais lÂ’homme. Caresse plutôt lÂ’arbre. Il grandira et grossira subitement. A vue dÂ’Âœil. Ne tÂ’effraie pas. Couche-toi sur le dos. Amène ton double à  sÂ’allonger sur toi, de tout son long. Les tisons que tu portes là , sur ta poitrine, le brûleront dÂ’un feu si doux quÂ’il roucoulera comme une colombe. Il sÂ’abandonnera à  toi. Engage alors son arbre dans ton sentier ; fais en sorte que lui-même lui imprime un rythme : haut-bas ! haut-bas ! haut-bas !
Tu verras. Ses yeux se révulseront et il sÂ’oubliera dans une jouissance indicible. Quand tu le verras ainsi désarmé et à  ta merci, ne le tue pas mais retiens que toi seule pourras lÂ’envoûter de la sorte, chaque fois que tu le voudras, toi. Ce pouvoir, cÂ’est lÂ’arme nouvelle que je vous laisse. Dis à  toutes mes filles, le moment venu, quÂ’elles en fassent bon usage et quÂ’elles nÂ’oublient jamais que nous sommes en guerre et que la paix des hommes ne sera jamais quÂ’une paix de dupes ! » (In La guerre des femmes, NEI Abidjan, éditions Neter, 2001)

Bizarrement ou volontairement, tout comme lÂ’universel L. Sédar Senghor, Zadi, de son vivant, nÂ’a jamais publié de roman. Tiburce Koffi nous annonce la sortie prochaine dÂ’un texte posthume dans ce genre littéraire qui fait lécher les babines aux éditeurs. Le titre? Yirigane! Nous sommes dans le secret des dieuxÂ… Pour lÂ’heure, contentons-nous de ce que Bottey nous laisse comme Beau, comme Beauté! Quel legs!

ÂŒuvres de Zadi Zaourou
Fer de lance
Césarienne
Aube prochaine
Les chants du souvenir
Sorry Lombe
Les Sofas
L'Âœil
La tignasse
La termitière
Le secret des dieux
Le Didiga de Dizo
La guerre des femmes
Les quatrains du dégoût

Soilé Cheick Amidou, enseignant et auteur d'Envoûtements, éd. dhArt, 2012


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