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TRIBUNE COTE D'IVOIRE : Attaques contre les FRCI : négligence meurtrière
 

TRIBUNE COTE D'IVOIRE : Attaques contre les FRCI : négligence meurtrière

 
 
 
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 Il y a 7 ans
 
 
 
 
 
© Koaci.com - lundi 13 août 2012 - 14:16

TRIBUNE COTE D'IVOIRE - LE 13 AOUT 2012 - KOACINAUTE - Petit matin du lundi 6 août. Veille de la fête de lÂ’indépendance. Les Abidjanais ont été réveillés par des coups de feu. Attaque dÂ’un camp militaire. Pas nÂ’importe lequel. Il sÂ’agit du 1er bataillon dÂ’infanterie, caserne des bérets rouges. Bilan : officiellement 7 morts. Une série dÂ’attaques qui nous plonge dans le souvenir obsédant de celles de 2002. Qui ont fini par transformer un coup dÂ’Etat avorté en rébellion armée.

Avant les attaques de la semaine passée, lÂ’attitude des autorités a ressemblé fort étrangement à  celle quÂ’avait adoptée, à  la veille de la crise de septembre 2002, Laurent Gbagbo et son gouvernement. Comparaison nÂ’est pas raison. Mais les mêmes causes produisent souvent les mêmes effets.

En toute honnêteté, nul ne doit dire quÂ’en 2002 le gouvernement nÂ’avait pas été informé du coup sanglant qui se préparait de lÂ’autre côté. « Je vois le dos des nageurs », avait affirmé Laurent Gbagbo en personne. Lida kouassi Moïse, son ministre de la Défense, a reconnu avoir été alerté. Au lieu de prendre lÂ’information au sérieux, on sÂ’était contenté de croire [naïvement] impossible une guerre.
Conséquence : 10 années de conflit armé. 10 ans de partition du pays. ÂŒuvre de militaires en exil, ayant bénéficié de complicité interne.

AujourdÂ’hui encore, des hommes en uniformes sont hors des frontières nationales. Tout près de leur pays. Ils ne cachent pas leurs intentions. Ils menacent de revenir armes aux mains. CÂ’est connu des renseignements généraux. Donc des autorités gouvernementales. La presse le sait.

Dans sa parution du jeudi 2 août, le Quotidien Le nouveau réveil barrait à  sa une : « Attentat contre la sûreté de lÂ’Etat : ils veulent assassiner Ouattara, Bédié, AhoussouÂ… . Attaque programmée des casernes FRCI ». LÂ’article consacré à  ce titre révèle « un vaste complot des pro-Gbagbo encore découvert ». Le journaliste Paul Koudou ne mà¢che pas ses mots. « Les services de renseignement de lÂ’Etat sont formels, écrit-il. Les partisans de Laurent Gbagbo nÂ’ont pas encore abandonné lÂ’idée de porter le coup fatal au régime en place et de le renverser (Â…).

Il poursuit : « Si lÂ’on en croit les services de renseignement, des miliciens et mercenaires pro-Gbagbo qui auraient infiltré la capitale économique projetteraient des attentats ciblés contre plusieurs personnalités de lÂ’Etat. A savoir les présidents dÂ’institutions mais aussi des figures de proue de la coalition politique au pouvoir, le RHDP (Â…). Pour mettre à  exécution ce plan de déstabilisation, les pro-Gbagbo se seraient attaché les services de militaires expatriés, dÂ’anciens officiers supérieurs et généraux qui seront chargés de coordonner les actions entre les différentes forces armées recrutées pour mener lÂ’opération. A savoir des miliciens, mercenaires et des ex-FDS en cavale ou surplace (Â…) ».

Le journaliste affirme que certains de ces hommes, très actifs dans la préparation du complot, "seraient déjà  formellement identifiés et suivis". De même que tous leurs complices qui "agiraient dans le sillage du pouvoir".

Leur objectif : « attaquer simultanément les casernes des FRCI, détruire les poudrières, annihiler les capacités de réaction de lÂ’armée par une attaque massive et surprise. Des individus seraient postés dans certaines villes aux alentours dÂ’Abidjan pour alimenter les putschistes en renseignements. A la vérité, il sÂ’agit de personnes travaillant comme des citoyens ordinaires dans des sociétés mais qui, en réalité, sont des agents doubles », a conclu Paul Koudou.

Un autre journal proche du gouvernement – Le Patriote – titrait le même jour : « Après Taï et Duékoué, le FPI prépare des affrontements à  Agboville ». Ici Lancina Ouattara rapporte le propos du préfet Bako Anatole, accusant le FPI dÂ’ « entretenir dans les forêts des miliciens, dans le but de déstabiliser le pays à  partir dÂ’Agboville ».

Des attaques EFECTIVEMENT, 3 jours après ces publications. Dimanche 5 août, assaut dÂ’hommes armés contre le commissariat du 17ème Arrondissement, à  Yopougon. Des morts. Le lendemain, le camp militaire dÂ’Akouédo est assiégé. Puis mitraillé au cÂœur pendant 4 heures avec une facilité déconcertante. Pratiquement au nez dÂ’un autre camp, non loin de là . Encore des victimes. Au même moment, des éléments FRCI essuient des tirs à  Abengourou, ville frontalière avec le Ghana. DÂ’autres militaires des forces républicaines blessés dans une attaque à  Agboville, un jour après.

Pour que de tels coups soient successivement possibles, il faut quÂ’il y ait négligence dans le dispositif sécuritaire mis en place par les autorités. LÂ’état même des casernes témoigne de leur faiblesse. CÂ’est lÂ’aspect des camps militaire ivoiriens et leur porosité qui déterminent leur vulnérabilité. Et faisant dÂ’eux des "forteresses" prenables.

A Bondoukou, comme ailleurs, le camp des Forces républicaines ne fait pas peur. Idem pour lÂ’escadron mobile. Deux casernes, même réalité. Pas de clôture pour le premier. Celle du second, pas assez haute pour éviter dÂ’être facilement escaladée. Pas de barbelé pour renforcer la sécurité. Pas de miradors tout autour dans lesquels des sentinelles font le guet avec des jumelles. Un matériel indispensable pour le respect dÂ’un camp militaire.

Il ne viendra jamais à  lÂ’esprit des soldats pro-Gbagbo de tenter le même coup contre la base française du 43ème BIMA. A moins quÂ’il le fasse dans un but suicidaire. Pourquoi ? Parce que lÂ’aspect extérieur de ce camp est dissuasif. Ces militaires et miliciens ont pourtant une haine viscérale contre la France. Dont lÂ’enclave de Port-Bouët considéré par ces revanchards comme une force dÂ’occupation.

Les assauts répétés contre les casernes, depuis en 1999, nÂ’ont pas permis une prise de conscience des chefs militaires. Qui auraient pu réclamer la fortification des murs dÂ’enceinte. Une passivité coupable. Le 1er bataillon dÂ’infanterie dÂ’Akouédo, sur la route de Bingerville, est tout. Sauf une forteresse imprenable. Une clôture dÂ’environ 2 mètres de haut, sans barbelés. En véhicule, sur lÂ’autoroute, on voit lÂ’intérieur. Des herbes touffues dans lesquelles peuvent facilement se dissimuler des personnes mal intentionnées. Des champs dÂ’ignames et de manioc ça et là . Les 3 miradors construits le long de la palissade jusquÂ’au "carrefour Faya" nÂ’ont jamais accueilli de sentinelles. Même légèreté à  Agban, plus grand camp de gendarmerie dÂ’Afrique de lÂ’Ouest.

Tant que ces failles demeureront, des gens essayeront de sÂ’y engouffrer. Ils tenteront dÂ’autres coups. Quitte à  ce quÂ’ils atteignent leur but ou pas.

Pas dÂ’acquis dans la vie. La vie dÂ’un Etat est un combat permanent contre un ennemi toujours présent, mais très souvent invisible. A monsieur Hamed Bakayoko, ministre de lÂ’Intérieur. Ne mésestimez pas le potentiel destructeur de lÂ’Homme. Un être encore redoutable quand il est ennemi.

Comme le vigile qui se doit dÂ’être vigilant, redoublons de vigilance pour éviter aux Ivoiriens épris de paix dÂ’autres "cris dÂ’orfraie".

Lilian Kesthelot


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  Par Koaci
 
 
 

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Moossou
Tel que tu dresses ton lit tu fais dodo alors ce pouvoir chute. il aura mérité ce qu'il a semer durant plus d'un decennie. Dieu rétribué chacun selon son endurance donc qu'ils tiennent bon sinon les autres ne seront tendre avec eux puis que a leurs tours ils étaient pas.
 
 il y a 7 ans     
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gustozam
Article émouvant mais que veux-tu,cher ami?
 
 il y a 7 ans     
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Dabakala
Â…Â…Conséquence : 10 années de conflit armé. 10 ans de partition du pays. ÂŒuvre de militaires en exil, ayant bénéficié de complicité interneÂ…Â…. A ce niveau et plusieurs années plus tard, on sait que les complicités nÂ’étaient pas seulement internes, mais bien aussi au niveau international avec un support militaire affirmé (renseignement et armement sophistiqué, puis protection militaire dans lÂ’ingérence) obtenu près de puissances occidentales et de pays voisins (Burkina Faso et Mali) Â…Â….//Â…Â….Il ne viendra jamais à  lÂ’esprit des soldats pro-Gbagbo (on nÂ’a toujours pas démontré quÂ’ils lÂ’étaient ! ce qui est sûr, ils étaient anti HAHO !!!) de tenter le même coup contre la base française du 43ème BIMA. A moins quÂ’il le fasse dans un but suicidaire. Pourquoi ? Parce que lÂ’aspect extérieur de ce camp est dissuasifÂ…Â….Cette approche est des plus naïves qui soient. Une attaque sur un camp militaire repose essentiellement sur les moyens offensifs dont on dispose, mais aussi des moyens défensifs dont dispose lÂ’ennemi sinon de lÂ’appui dont il peut disposer. Dans ce cadre, lÂ’aspect extérieur aura beau être dissuasif, il ne suffit pas à  lui tout seul à  décourager des troupes qui auront les moyens suffisants pour mener une attaque, ou alors le prétexte, car attaquer, cÂ’est une chose, mais que faire après lÂ’attaque et comment lÂ’endosser, pourquoi, dans quel but (la France est avant tout une puissance militaire et nucléaire) ??? Â…Â…Â…Â… Bref, ce texte traitera de constantes que lÂ’on pourrait appliquer à  tout régime, que ce soit celui de GBAGBO ou dÂ’HAHO, mais il passe sciemment à  côté des causes et des prétextes menant à  ces attaques, ce qui rend la position de son auteur digeste pour toutes les factions, jusquÂ’à  la formule de fin : « Comme le vigile qui se doit dÂ’être vigilant, redoublons de vigilance pour éviter aux Ivoiriens épris de paix dÂ’autres "cris dÂ’orfraie". » Ici, il serait utile de se demander de quel ivoirien parle t-on là . Celui qui aura apprécié la paix en 2002, quand dÂ’autres ivoiriens préparaient la guerre, ou celui qui veut la paix en 2012, quand dÂ’autres ivoiriens préparent la guerre ??? NON, quand tous les ivoiriens, sans distinction, voudront la paix, sincèrement et humblement, dans le dialogue et la réconciliation, le besoin dÂ’avoir des clôtures dignes de ce nom et des camps militaires en alerte maximale ne se justifieront plus, la présence du BIMA non plus et ce texte sera obsolète. On peut toujours rêver de ces époques où un simple policier, sans armes, suffisait à  provoquer le respect et la crainte de lÂ’autorité !! (CÂ’est mon opinion)
 
 il y a 7 ans     
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