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GABON : Jean Eyeghe Ndong face à  la presse
 

GABON : Jean Eyeghe Ndong face à  la presse

 
 
 
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© Koaci.com - vendredi 24 août 2012 - 18:41

Jean Eyeghe Ndong (ph)

GABON - LIBREVILLE LE 24 AOUT 2012 - KOACINAUTE -

Jean EYEYGHE NDONG
Ancien Premier Ministre
Vice-Président de lÂ’Union Nationale

POINT DE PRESSE

Mesdames et Messieurs de la presse,
Je vous remercie dÂ’avoir bien voulu répondre à  mon invitation, invitation motivée par la version qui a été donnée par certains de la marche ayant eu lieu au 2e arrondissement de Libreville le 15 août dernier.

Permettez-moi dÂ’abord dÂ’avoir une pensée pour la jeune Elisabeth qui nous a brutalement quittée à  la fleur de lÂ’à¢ge dans les conditions que vous savez.
Si je prends la parole, cÂ’est parce que, étant aussi ressortissant du 2e arrondissement, dans le vacarme fait par certains compatriotes de cet arrondissement après les événements survenus à  Nkembo et à  Cocotiers, jÂ’ai été nommément indexé au lendemain de ce qui est désormais considéré comme « les événements du 2e arrondissement ». il est donc normal que vous les journalistes et à  travers vous le public gabonais, aient un autre son de cloche.
Mesdames et Messieurs,
Le 2e arrondissement, depuis le 15 août dernier, est comme on dit communément chez nous dans la « bouche » de ceux qui sÂ’autoproclament porte-paroles du pouvoir, ce, pour avoir été le théà¢tre de la marche qui devait simplement conduire la foule sur les lieux du grand meeting, meeting appelant à  la tenue dÂ’une Conférence Nationale Souveraine au Gabon et au rétablissement de lÂ’Union Nationale, parti politique dont vous savez quÂ’il a été illégalement dissout par le ministre de lÂ’Intérieur.
Selon ces porte-paroles, les compatriotes qui ont marché à  Nkembo et aux Cocotiers ont semé le désordre et saccagé plusieurs biens des paisibles citoyens. Une telle version des faits émanant de quelques résidents ou natifs du 2e arrondissement, tous membres du PDG, vous lÂ’aurez remarqué, et qui a été largement diffusé par la RTG et relayé par les quotidiens lÂ’Union et Gabon Matin, cette version pèche par son caractère partiel et partial. De ce fait, elle ne peut éclairer objectivement lÂ’opinion nationale et internationale.
Je tiens donc à  faire remarquer tout dÂ’abord que les quelques échauffourées qui ont eu lieu le 15 août dans le 2e arrondissement, siège de la RTG, nÂ’ont curieusement pas été médiatisé par le service public de radiodiffusion télévision gabonaise, pourtant situé à  quelques centaines de mètres des lieux de la manifestation. NÂ’eut été la télévision privée TV+, les gabonais nÂ’auraient pas su et vu ce qui sÂ’est passé à  quelques encablures de Gabon Télévision. Ensuite, vous me permettrez de mÂ’étonner que, quelques individus, sans doute pour plaire à  celui quÂ’ils disent soutenir sans y croire réellement, viennent se pavaner dans une télévision dÂ’Etat pour parler dÂ’un événement passé alors que lÂ’on nÂ’en a pas vu les images. Pour une télévision qui se veut professionnelle, objective et même transparente, convenez avec moi que le téléspectateur gabonais est bien servi, et que le degré de sa frustration est à  son comble quand cÂ’est par des médias étrangers quÂ’il est informé dÂ’un événement se déroulant sur son sol, alors quÂ’il dispose de lÂ’outil et dÂ’un personnel capables de le satisfaire un tant soit peu sur ce plan.
Quant à  lÂ’équilibre de lÂ’information, on se croirait à  lÂ’époque obscurantiste du parti unique. Je crois que, dans le monde civilisé dÂ’aujourdÂ’hui, il est de bon ton, notamment en matière de politique, qui exige le débat, lorsquÂ’un camp vient à  accuser un autre, ce dernier doit rétorquer en donnant son point de vue, ce qui permet à  tout un chacun de se faire librement son opinion. Mais en la circonstance que nous a servie malheureusement Gabon Télévision ? Non seulement, elle nÂ’a pas rapporté lÂ’événement, mais elle a ouvert ses antennes à  ces messieurs du PDG pour condamner ceux qui ont fait la marche et les initiateurs. Confirmant ainsi quÂ’elle est la caisse de résonnance du PDG.
En resituant dans son contexte lÂ’événement du 15 août dernier, il faut rappeler que des milliers de gabonais qui ont pris part à  la marche comptaient se rendre au quartier Cocotiers où était prévu un meeting. Meeting préalablement et largement annoncé plusieurs jours auparavant. SÂ’il faut reconnaitre que ce meeting nÂ’a pas été autorisé par le ministre de lÂ’Intérieur, cÂ’est bien parce que lÂ’U.N qui en était lÂ’initiateur est déclaré dissout par une décision ministérielle que les responsables de ce parti nÂ’ont pas cessé de contester à  juste titre. En effet, le ministre de lÂ’Intérieur nÂ’a jamais pu démontrer les griefs faits à  lÂ’U.N et de surcroît, la Constitution de notre pays ne parle pas de dissolution de parti politique, mais dÂ’interdiction. LorsquÂ’on se réfère aux normes internationales, on se rend bien compte que chez nous, la Constitution et la loi sur les partis politiques sont en violation des dispositions de ces normes qui sont supérieures au droit national. Dès lors, dans un tel contexte, comment pourraient sÂ’exprimer les milliers de gabonais qui se reconnaissent dans ce parti politique totalement irréprochable en droit et qui voulaient exprimer leur droit reconnu par lÂ’article premier de notre Constitution. LÂ’argument selon lequel le secrétaire Exécutif a commis une « faute » ne tient pas. On ne peut pas sanctionner une personne morale qui est le parti sous le prétexte que lÂ’un de ses membres a commis une « faute ». Faute que lÂ’on doit au demeurant situer dans un contexte.
Bien sûr ce qui devait arriver arriva. Au lieu que le pouvoir, face à  un problème politique fasse appel à  lÂ’intelligence, intelligence politique, ce qui aurait contribué à  lui donner un semblant de crédit, mais non, il fait appel aux forces de lÂ’ordre non pas, comble de malheur, pour encadrer la manifestation et éviter ainsi dÂ’éventuels débordements, mais pour faire la « casse ». Le pouvoir voulait-ilréitérer une énième fois ce quÂ’il avait fait à  lÂ’entrée de la Cité de la Démocratie et à  Port-Gentil lors de la proclamation des faux résultats de lÂ’élection présidentielle de 2009 ? Si oui, il a réussi à  démontrer une fois de plus la vraie nature de ce régime.
Arrêtons-nous un instant, pour réfléchir un peu ensemble ; une question : la présence visible sur les lieux de la manifestation des responsables de lÂ’U.N nÂ’aurait pas pu amener le pouvoir à  se ressaisir ; car peut-on imaginer monsieur MYBOTO, monsieur EYEGHE NDONG, monsieur OYE MBA, monsieur NTOUTOUME NGOUA, madame MISSAMBO, monsieur ROGOU et dÂ’autres cadres du parti présents en train de se livrer à  un désordre de rue ? Mes frères des quartiers Nkembo et Cocotiers ont vite fait de déplorer le désordre survenu le 15 août dernier sans avoir lÂ’honnêteté dÂ’en donner les causes. Ils nÂ’ont pas regretté le fait que les forces de lÂ’ordre, bien sûr instrumentalisées par le pouvoir, soient à  lÂ’origine des dégà¢ts provoquésparce quÂ’ils ont en chargé la foule avec des gaz lacrymogène, lÂ’empêchant ainsi dÂ’évoluer vers le lieu du meeting. Quel manque de psychologie de la part du pouvoir et quelle mauvaise utilisation des forces de lÂ’ordre dans le contexte politique de lÂ’heur ; forces de lÂ’ordre qui ont mission de protéger les gabonais et non de sÂ’attaquer à  eux.
Tout le monde sait que mettre en opposition les forces de lÂ’ordre et les citoyens qui veulent exercer leurs droits légitimes, cÂ’est mettre en présence lÂ’essence et le feu. Le mélange est nécessairement explosif et cÂ’est ce qui sÂ’est passé le 15 août, alors quÂ’on peut noter que le 11 août date dÂ’arriver su secrétaire exécutif, la foule sÂ’est rendue massivement à  lÂ’aéroport Léon Mba et a marché jusquÂ’au domicile de MbaObame sans que lÂ’on ait enregistré un quelconque incident. Nous pouvons dire que ce jour-là , le pouvoir a été bien inspiré.
Répondre à  un problème politique par des brutalités policières, quelle maladresse, quelle cécité politique. Oui, il faut le dire et le répéter, lÂ’élection présidentielle du 30 août 2009 a été calamiteuse, cÂ’est le moins quÂ’on puisse dire. CÂ’est cela le problème politique de départ, on ne saurait lÂ’occulter.Cette élection suscite pour le moins des doutes dans tous les esprits jusquÂ’à  nos jours, elle est toujours lÂ’objet des conversations dans les chaumières gabonaises tant chez les pédégistes que chez les autres gabonais. CÂ’est un problème, quÂ’on se le dise. Est-ce que lÂ’élection de lÂ’actuel Président sénégalais suscite des doutes ? Est-ce que lÂ’élection de lÂ’actuel Président français suscite des doutes ? Voilà , entre autre, ce qui justifie lÂ’appel à  la tenue dÂ’une Conférence Nationale Souveraine. Dissoudre un parti politique pour des raisons fallacieuses, en lÂ’occurrence lÂ’Union Nationale, priver ainsi la majorité des gabonais de sÂ’exprimer politiquement, Verrouiller les élections jusquÂ’à  les rendre opaques en évitant quÂ’elles se déroulent dans les règles de lÂ’art démocratique, voilà  qui justifie lÂ’appel à  la tenue dÂ’une Conférence Nationale Souveraine. Les gabonais sont doublement frustrés dans leur statut de citoyens, cela est perceptible malgré le silence et le calme que lÂ’on observe.
Une double illégitimité est en cours sous nos yeux : le fait que celui qui incarne le pouvoir exécutif suscite des doutes quant à  son élection et le fait que la Chambre des députés soit composée de parlementaires sans mandat du peuple, voilà  la double illégitimité que nous vivons.
Alors chers concitoyens pédégistes du 2e arrondissement, si vous avez abondamment occupé lÂ’écrande la RTG, certes on vous a entendu, mais demandez-vous bien si on vous a compris et au nom de qui vous vous exprimiez. Sachez messieurs que vos quelques petites voix ne comptent pas lorsquÂ’il sÂ’agit de traiter les vrais problèmes du Gabon. Lorsque viendra la décision de la tenue dÂ’une Conférence Nationale Souveraine, on nÂ’aura pas besoin de lÂ’avis des responsables politiques PDG du 2e arrondissement, tenez le pour dit. Limitez-vous à  lÂ’art où vous excellez tant : intrigue, manigance, fourberie et autre calomnie dont vous êtes spécialistes au détriment des uns contre les autres comme cÂ’est le cas présentement à  Nkembo : je le sais, je nÂ’ai pas besoin de le lire dans la presse puisque je suis moi aussi du quartier.
Contentez-vous des situations qui sont encore les vôtre, situations que vous avez obtenues naguère grà¢ce à  la personne que vous vilipendez aujourdÂ’hui. Regardez-vous en toute objectivité dans la glace et écoutez la petite voix qui vous demande : grà¢ce à  qui as-tu le poste que tu occupes actuellement. Quant à  ceux qui nourrissent des sentiments dÂ’animosité et dÂ’aigreur envers ma personne pour nÂ’avoir pas bénéficié dÂ’une nomination, car je ne pouvais pas nommer tout le village, quÂ’ils persistent dans leur amertume. Ce nÂ’est pas à  cause de cela que les populations du 2e arrondissement me refuseront leurs suffrages en cas dÂ’élections transparents. Ils mÂ’accorderont ces suffrages comme aux partielles de 2010 quand jÂ’ai battu à  plate couture le couple infernal PDG-RPG a plus de 80%.
Natif du 2e arrondissement de Libreville, jÂ’ai exercé les fonctions de Premier Ministre dans le contexte que tout le monde sait. Le Président Omar Bongoen me plaçant à  ce poste mÂ’a donné lÂ’occasion de savoir qui est qui et qui fait quoi. En toute à¢me et conscience, jÂ’ai moi-même mis fin à  ces fonctions en démissionnant nonobstant le confort matériel que confère ce poste et qui ne mÂ’est pas monté à  la tête. JÂ’y ai mis fin à  la mort du Président Omar Bongo parce que je voyais le danger venir pour mon pays : ce danger, nous y sommes. JÂ’ai mis fin à  mes fonctions parce que, avec les gabonais, je voulais militer pour la vraie démocratie dans notre pays et suis viscéralement opposé comme notre peuple à  la « monarchisation »du pouvoir. Je nÂ’appartiens pas à  la race de ceux qui ramènent lÂ’Etat gabonais à  une « mangeoire », car à  se demander sÂ’il sÂ’agit dÂ’un pays comme dÂ’hommes et de femmes réfléchis lorsquÂ’on ramène le débat politique à  la simple question alimentaire.
Si les gabonais qui posent les problèmes politiques de manière contradictoire sont considérés pour des affamés qui veulent assouvir leurs ambitions personnelles et « manger », si des gabonais, pour avoir servi aux côtés du Président Omar Bongo, pour le simple fait quÂ’ils expriment des idées contraires au pouvoir actuel sur la base des faits observés, doivent être considérés comme des traitres, eh bien quÂ’on nous pendent. Je fais appel aux intellectuels sérieux, oui parce que le Gabon en a, pour quÂ’ils analysent scientifiquement cet état de chose. Quel dommage de voir lÂ’espace public infesté de tels individus qui ternissent la presse nationale.
En 2009, souvenez-vous, je me trouvais devant la dépouille mortelle de feu Omar Bongo et jÂ’ai tenu des propos qui, sÂ’ils sont assimilables à  de la trahison, eh bien que Roboam vienne me chà¢tier avec des scorpions.
Non, messieurs, la Conférence Nationale Souveraine est une exigence nationale. QuÂ’on y aille car tous les gabonais, ceux du pouvoir et ceux de lÂ’opposition société civile y compris y gagnent puisque cÂ’est le Gabon qui en sort assaini.
Les quelques pédégistes qui sont dÂ’abord et après tout des citoyens que jÂ’ai lÂ’honneur et le plaisir de rencontrer me confessent leur adhésion intime à  cette noble idée.
Le rétablissement de lÂ’Union Nationale est un acte de salut public. CÂ’est pourquoi nous lÂ’exigeons.
La crise est là , elle est institutionnelle, elle a des implications économique et sociale graves ; la crise gabonaise est morale car les gabonais dans leur immense majorité sont des citoyens frustrés.
Alors, tous les sons de cloches qui nous parviennent aujourdÂ’hui, quels quÂ’ils soient, ne sont que les préludes et les signes annonciateurs des changements souhaités par les gabonais. Alors, gabonais du 2e arrondissement comme de tout le Gabon, rassurez-vous, tenez le cap, le grand jour arrive pour le changement véritable.
Ce nÂ’est pas la mobilisation dÂ’un appareil répressif dont vous nÂ’avez pas peur, qui freinera peut être votre marche mais qui ne la bloquera pas.

Fait à  Libreville, le 24 août 2012



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