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Koacinaute : Main basse sur le Mali, autopsie dÂ’un putsch
 

Koacinaute : Main basse sur le Mali, autopsie dÂ’un putsch

 
 
 
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 Il y a 6 ans
 
 
 
 
 
© Koaci.com - vendredi 11 janvier 2013 - 14:58

Koacinaute - Le 11 janvier 2013 - Nous sommes consternés. LÂ’armée malienne est en déroute. En 24 heures dÂ’affrontements, les islamistes armés ont réussi à  sÂ’emparer de la ville de Konna, se dirigeant vers la ville de Mopti, ville abritant un aéroport international, ville très stratégique donc. On parle désormais du centre du Mali occupé. Reprend ainsi le cauchemar de Janvier 2012 où les rebelles touaregs ont marché sans résistance sur les localités du Nord, lÂ’humiliation de mars 2012 où Gao, Kidal et Tombouctou furent prises par les islamistes en trois jours. Tout se passe comme si notre armée ne combattait même pas, comme si elle cédait volontiers les villes aux assaillants.
On nous a pourtant promis que lÂ’épisode de la déroute dÂ’avant le putsch du 22 mars où nos militaires laissaient armes, munitions et matériels pour fuir devant les rebelles nÂ’allait plus se reproduire. Que cÂ’était Amadou Toumani Touré, le traître national, qui avait vendu le Nord aux rebelles. Que cÂ’était lui qui trahissait nos militaires. Que cÂ’était lui qui avait détourné les fonds destinés à  équiper lÂ’armée malienne. Que cÂ’était lui qui refusait de donner lÂ’ordre aux combattants loyalistes de massacrer les rebelles. Que son départ mettait fin à  ce cauchemar. Que notre armée, prise en main par le tout-puissant capitaine Sanogo, est maintenant bien équipée et complètement motivée pour faire la guerre. Que nos militaires sont suffisamment formés pour expulser en un clin dÂ’Âœil la centaine de djihadistes. QuÂ’il y a désormais un ordre et une harmonies complets qui règnent dans lÂ’armée...

QueÂ… QueÂ…

Mais quelques heures dÂ’affrontements nous ont une fois de plus remis devant lÂ’évidence, celle que nous avons toujours refusé dÂ’accepter depuis la prise des premières villes du Nord. On nÂ’a pas besoin dÂ’une éternité pour le dire, lÂ’armée malienne nÂ’est pas en mesure de combattre les assaillants. Cette armée sous-équipée, pas équipée, sÂ’est retrouvée déchiquetée en lambeaux depuis le coup dÂ’Etat du 22 mars 2012, où surgi de nulle part le capitaine Sanogo a instauré une cacophonie totale, avec la bénédiction de certains hommes politiques et intellectuels maliens troubles, traquant et humiliant ses supérieurs, faussant la hiérarchie qui doit régner dans toute armée. Cette guerre nÂ’a jamais été à  la portée de lÂ’armée malienne. Elle ne le sera pas. Bienvenue, donc, à  tous les pays, africains ou pas, qui veulent sauver le Mali de ce violent soufflet.

Les discours chauvins et démagogiques peuvent aider un sous-officier-putschiste raté appuyé par des intellectuels et hommes politiques aigres à  rassembler des foules analphabètes, à  leur faire réciter des injures et des diffamations contre la Cedeao, lÂ’Union africaine, lÂ’Organisation des nations unis... et leurs dirigeants, à  gaver des masses ignares et violentes de chimères, leur miroitant des richesses que posséderait le Mali et qui rendraient envieux lÂ’Occident, à  pousser des jeunes oisifs à  aller envahir le tarmac dÂ’un aéroport pour empêcher une délégation de la Communauté internationale dÂ’atterrirÂ… le chauvinisme et la démagogie peuvent blanchir un vulgaire gadget fauteur de coup dÂ’Etat et le transformer en héros national, mais ils ne peuvent, jamais, permettre à  une armée désorganisée de tenir devant un groupe de combattants extrémistes motivés et déterminés.
Que ces intellectuels et hommes politiques maliens ayant passé leur temps à  dénigrer lÂ’intervention dÂ’une force internationale pour soutenir lÂ’armée malienne sÂ’expriment, quÂ’ils parlent et que tout le monde puisse les écouter, quÂ’ils disent comment ils se sentent devant la nouvelle humiliation que subit lÂ’armée malienne au front, quÂ’ils disent ce qui a évolué dans cette armée depuis le putsch du 22 mars 2012, quÂ’ils énumèrent les victoires quÂ’aligne lÂ’armée malienne aujourdÂ’hui, et quÂ’elle nÂ’a pas pu réaliser en janvier 2012 sous Amadou Toumani Touré, quÂ’ils chantent ce que la prise du pouvoir par le capitaine Sanogo, les discours démagogiques et autres diffamations contre la communauté internationale ont apporté de nouveau, de positif au Mali.

Les rideaux sont montés. Il est sorti de nulle part. NÂ’a rien. NÂ’est rien. A pris le pouvoir, portant la lourde responsabilité de celui qui a tordu le cou à  une démocratie de vingt ans, fût-elle boiteuse, promettant aux Maliens de libérer le plus vite possible les villes du Nord occupés. Trois jours après, il sÂ’est retrouvé avec les deux-tiers du Mali occupés. Dix mois après, aujourdÂ’hui, il assiste, depuis son camp, parmi sa cohorte de gardes, à  la marche triomphale de lÂ’ennemi vers la capitale malienneÂ… Que tombent les rideaux. Le drame du capitaine Sanogo ne peut plus avoir de suite. A sa place, un militaire, un vrai, qui a le sens de lÂ’honneur, doit se donner la mort. Parce quÂ’il a échoué. Complètement.

PS : Le titre du billet est inspiré du titre du roman « Main basse sur le Cameroun, autopsie dÂ’une décolonisation » de lÂ’écrivain camerounais Mongo Beti

 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
 
 

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