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Mali : Qui veut éviter la guerre colorie son béret
 

Mali : Qui veut éviter la guerre colorie son béret

 
 
 
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 Il y a 6 ans
 
 
 
 
 
© Koaci.com - samedi 09 février 2013 - 14:45


Mali - Koacinaute le 9 fevrier 2013 - Bamako sÂ’est réveillée, encore réveillée, ce matin du 08 février 2013 sur la panique. Pas devant un attentat-suicide perpétré par les islamistes chassés des villes du Nord-Mali, lÂ’une des plus probables menaces qui pèsent actuellement sur la capitale malienne et qui a poussé les autorités maliennes à  prendre de grandes mesures de sécurité et décréter lÂ’état dÂ’urgence. Pas devant de mauvaises nouvelles venues du front au Nord. Pas même devant un affreux accident quelconque. Mais devant des affrontements entre des militaires, des militaires de lÂ’armée malienne. Un camp des bérets rouges situé en plein cÂœur de Bamako, le camp Para du quartier Djicoroni, venait dÂ’être attaqué par des bérets verts. LÂ’objectif était dÂ’y déloger des bérets rouges qui refuseraient, sur les ordres dÂ’un supérieur hiérarchique, dÂ’aller combattre les islamistes-terroristes au Nord, aux côtés des troupes françaises et africaines.

On joue la comédie, disait lÂ’autre. On joue la tragédie, est-on tenté de dire dans le cas malien. La tragédie ! Des militaires français et africains qui se battent farouchement au Nord-Mali contre les islamistes, et des militaires maliens qui se battent entre eux à  Bamako pour une histoire de couleur de béret. Voilà  le tableau, celui de la tragédie du Mali.

Des militaires de lÂ’armée malienne qui se tirent dessus, faisant des blessés et même deux morts, pendant que leurs concitoyens et frères dÂ’armes sont en train de se sacrifier pour sécuriser des villes minées par les islamistes, pendant que des soldats français sont en train de suspendre minute après minute leur vie à  Tombouctou, Gao et Kidal, à  des milliers de kilomètres de leurs amis et amours, pendant que des militaires tchadiens, nigériens, togolais, nigériansÂ… défient au prix de leur vie toutes les horreurs et atrocités dont sont capables des terroristes sentant leur défaiteÂ… des militaires maliens qui se battent entre eux, laissant aux militaires dÂ’autres pays la charge de défendre le pays quÂ’ils sont censés défendre, protéger les populations quÂ’ils sont censés protéger, combattre lÂ’ennemi quÂ’ils sont censés combattre. Presque incroyable, ce tableau.

Voilà  des hommes éhontés, indignes, là¢ches, louches, hideux, cyniques, des tartuffes qui, pour leurs petits intérêts dÂ’usuriers de mauvaise foi, sont prêts à  complètement précipiter le Mali dans ce gouffre dont il est si proche aujourdÂ’hui. Ces hommes avaient passé tout leur temps, dépensé toutes leurs énergies, utilisé toutes leurs stratégies pour sÂ’entretuer depuis mars 2012, planifiant des coups dÂ’Etat et des contre coups dÂ’Etat, fragilisant lÂ’autorité, faussant la hiérarchie, laissant la voie libre aux rebelles touaregs et aux islamistes pour prendre sans défense en quelques jours toutes les grandes villes du Nord-Mali. Pendant un an, ils se sont vidés pour sÂ’envoyer en prison, se poser des pièges, quand les islamistes-terroristes, dopés de cocaïne, violaient des jeunes filles au Nord, tuaient à  coups de pierres et de fouets des jeunes garçons, amputaient de vaillants hommes, droguaient, armaient et endoctrinaient de petits enfants, détruisaient des monumentsÂ…

Ces charlatans sont restés à  Bamako et à  Kati, suivant, insensibles, le carnage perpétré sur leurs vaillants frères au front devant les islamistes, ils auraient assisté sans broncher à  la prise de tout le Mali par les assaillants, nÂ’eût été la salvatrice intervention française. Et ils nÂ’ont pas compris, ces ratés, quÂ’ils ne doivent même plus oser se faire voir, quÂ’ils doivent se cloîtrer chez eux pour digérer la honte quÂ’ils ont, la honte quÂ’ils sont, dÂ’avoir laissé le pays quÂ’ils sont censés défendre entre les mains de militaires venus dÂ’ailleurs, quÂ’ils doivent enlever leurs bérets dont les couleurs leur coûtent si cher, enlever leurs treillis quÂ’ils ne méritent plus, quÂ’ils nÂ’ont dÂ’ailleurs jamais mérités, et rejoindre les petits comités des là¢ches, leur élément, leur régiment. Ils nÂ’ont pas compris, ces apostats, que chaque signe de division quÂ’affichera désormais lÂ’armée malienne sera une source de motivation, une lueur dÂ’espoir aux terroristes qui sauront que le Mali leur sera très facile à  déstabiliser, à  prendre.

La guerre au Nord ne sonne désormais dans leurs oreilles, à  ces bérets multicolores de Bamako et de Kati, que comme un lointain écho cauchemardesque.

« Je suis préoccupé par le Nord », a répété pendant presque un an le capitaine Sanogo, le béret vert qui avait, en mars 2012, détrôné le président malien démocratiquement élu, qui avait promis aux Maliens, pour justifier son putsch, dÂ’aller libérer le Nord-Mali dans les plus brefs délais, mais qui sÂ’était rapidement reconverti dans lÂ’art dÂ’emprisonner, de traquer et de déshabiller les bérets rouges selon ses humeurs, qui avait dÂ’ailleurs menacé de dissoudre ce corps, les accusant de contre-putsch, de terrorisme, de corruption, de détournement de fonds, de haute trahisonÂ… Quel chemin parcouru quand on sait que le grand putschiste préoccupé par le Nord, qui nÂ’a curieusement depuis son putsch jamais tiré une seule balle sur le plus étourdi des envahisseurs du Nord, cherche désormais un poste dans lÂ’administration à  Bamako, des postes de diplomates à  lÂ’étranger et des retraites dorées à  Bamako pour ses acolytes, loin du Nord – on se demande ce quÂ’ils ont fait comme travail pour demander une retraite !

A quoi bon aller encore se battre au Nord quand les frères étourdis de lÂ’armée malienne qui ne savent même pas faire des coup dÂ’Etat sÂ’y battent déjà , quand les soldats français qui adorent tant la mort sÂ’y font déjà  tuer, quand les soldats africains du Tchad, du Niger, du TogoÂ… ces hères qui nÂ’ont jamais connu le privilège dÂ’être un putschiste, encore moins lÂ’honneur de porter un béret rouge, affrontent déjà  les islamistes ? Moralité de lÂ’histoire : « La couleur dÂ’un béret, quÂ’elle soit verte ou rouge, ça se savoure dans un bureau, ça se trinque au frais, loin des fronts, loin de la guerre. » Parole de nos bérets rouges et verts. Ceux de Bamako et de Kati.

David Kpelly pour koaci.com
 
 
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