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Koacinaute Gabon : Paulette Oyane Ondo à  propos des crimes rituels, de la marche de Sylvia Bongo, Jean François NDONGOU...
 

Koacinaute Gabon : Paulette Oyane Ondo à  propos des crimes rituels, de la marche de Sylvia Bongo, Jean François NDONGOU...

 
 
 
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© Koaci.com - mardi 28 mai 2013 - 11:36

Paulette Oyane Ondo (ph)

Koacinaute Gabon le 28 mai 2013 -

INTERVIEW DE P2O - Paulette OYANE ONDO - TELLE SORTIE DANS LA LOUPE DE CE MARDI 28 MAI 2013.

LA LOUPE: Que pensez-vous de la marche de la Première Dame, Sylvia Bongo, sur les crimes rituels ?

P2O: JÂ’avoue que cette opération mÂ’a laissée perplexe. CÂ’est effarant de voir les pouvoirs publics, dépositaires de la puissance publique, investir la rue pour marcher et réclamer on ne sait trop quoi à  on ne sait trop qui. Or, la rue est lÂ’espace de revendications des citoyens qui lÂ’utilisent pour attirer lÂ’attention des pouvoirs publics sur tel ou tel problème. Il y a donc eu selon moi une confusion des rôles. Le rôle des autorités publiques ne saurait se cantonner à  dénoncer les crimes rituels, mais d'y mettre fin.

LA LOUPE: Autrement ditÂ…

P2O: C'est à  la société civile et aux citoyens de dénoncer la commission et la recrudescence des crimes rituels. Et les autorités publiques sont là  pour trouver des solutions et résoudre les problèmes, c'est dÂ’ailleurs pourquoi ils sont détenteurs de la puissance publique. Si les autorités publiques se contentent, elles aussi de dénoncer, qui agirait? A moins que les autorités publiques gabonaises, par cette marche, aient voulu annoncer clairement au monde entier quÂ’elles sont incapables de mettre un terme aux crimes rituels comme elles le sont, au demeurant, pour tous les problèmes que rencontrent les gabonais et qui les plongent dans le désarroi que nous connaissons.

LA LOUPE: Désapprouvez-vous donc le fond et la forme de cette procession ?

P2O: Je ne désapprouve pas le fond de cette procession qui aurait gagné à  garder son essence initiale, cÂ’est-à -dire une manifestation essentiellement organisée par la société civile, à  lÂ’exclusion de toutes les autres personnes qui nÂ’y avaient pas leur place. Je déplore néanmoins le fait que le ministre de lÂ’intérieur ait refusé lÂ’autorisation de marcher collectif de Femmes qui en avait eu lÂ’idée en Avril et lÂ’ait donné à  la première dame. Cet aspect sélectif de nÂ’accorder des droits fondamentaux quÂ’à  certains caractérise malheureusement le Gabon. Regardez ce qui se passe en France actuellement, le Parlement a voté la loi sur le mariage pour tous. Cependant certains Français nÂ’acceptent pas le mariage pour tous. Pourtant la loi est déjà  votée et on ne peut plus rien y changer. Mais le pouvoir socialiste reconnait aux anti-mariage pour tous leur droit de contestation. Et non seulement ils ont le droit de manifester mais Manuel Valls (ministre de lÂ’intérieur français) a mis à  leur disposition un dispositif de protection et de sécurisation de leur marche. CÂ’est cela la démocratie.
Pour en revenir à  la marche de la première dame comme vous dites, quant à  la forme, jÂ’ai trouvé indécentes toutes les affiches de campagne électorale brandies au cours de cette procession et pas une seule photo des victimes. Aucun bourreau ni commanditaire nÂ’a été indexé. De même que jÂ’ai trouvé ridicule un certain nombre de slogans choisis pour la circonstance avec des inscriptions telles que : « Le Gabon dit non aux crimes rituels». Je me suis alors demandé contre qui le Gabon disait-il non aux crimes rituels? Sont-ce les Japonais, les Français, les Australiens, les Américains, les Camerounais, les Sénégalais, les GhanéensÂ…qui viennent les y commettre? Imaginez un seul instant les gouvernants socialistes en France en train dÂ’investir la rue pour marcher contre le taux élevé de chômage, ou encore pour dénoncer la multiplication des règlements de compte auxquels se livrent des voyous en Corse ou à  Marseille ou alors lÂ’Administration Obama en train de marcher contre le dernier attentat de Boston. Cela serait surréaliste, nÂ’est-ce pas? Heureusement que le ridicule ne tue pas au Gabon.

LA LOUPE: Crimes rituels, quelles sont les causes de ce phénomène?

P2O: À mon avis les sociologues et les anthropologues sont plus qualifiés que moi pour répondre à  une telle question. Mais pour esquisser une réponse possible, je dirai quÂ’il y a principalement deux causes : une cause mineure et une cause majeure.

LA LOUPE: CÂ’est-à -dire ?

P2O: DÂ’un point de vue mineur, jÂ’ai lÂ’impression que les obscurités dont se nourrissent certaines conceptions peuvent expliquer ce phénomène. Vous avez sans doute vous aussi, observé que nombre de Gabonais qui sont au cÂœur du pouvoir ou en périphérie et en dehors sont superstitieux. Beaucoup dÂ’entre eux ont des charlatans personnels comme on a son médecin traitant quÂ’ils voient tous les jours, en tout cas régulièrement, en croyant vraiment ce que ces derniers racontent. Toutes ces croyances et celles dÂ’autres cultures comme la vaudou et autres constituent le terreau fertile susceptible dÂ’éclairer la logique des crimes rituels. Il existe un tel obscurantisme dans notre pays que lÂ’occultisme a été érigé en valeur fondamentale de notre société. Je me souviens par exemple qu'au moment de lÂ’apparition du sida, une croyance insistante et persistante laissait entendre quÂ’avoir des relations sexuelles avec de très jeunes personnes vierges permettrait de faire disparaître cette maladie. Je me souviens dÂ’ailleurs d'un célèbre médecin Gabonais proclamant publiquement que le Gabon était protégé par un micro climat qui empêchait le sida de s'y installer... Et il a été pris au sérieux!

LA LOUPE Et dÂ’un point de vue majeur ?

P2O: Il y a, à  mon avis le modèle de gouvernance qui a été choisi et quÂ’on applique dans notre pays depuis plus de 45 ans. Quand on installe au cÂœur du pouvoir et de sa pratique comme facteur déterminant de la promotion et de lÂ’ascension sociale le clanisme, le clientélisme, les alliances ésotériques, les allégeances démoniaques multiples et variées, la médiocrité et la nullité, vous touillez tout cela, et vous obtenez le phénomène des crimes rituels.

LA LOUPE: On nÂ’a donc pas besoin de tuer lÂ’autre pour réussir ?

P2O :Normalement toute société qui veut progresser, se moderniser, se régénérer par le haut est bà¢tie sur lÂ’intelligence, le mérite intellectuel ou technique, la compétence, lÂ’expertise, la connaissance et le savoir comme principes de sélection des élites politiques, administratives et économiques pour diriger le pays. Si vous prenez un pays comme la France, qui semble-t-il est notre modèle, vous verrez quÂ’il existe un moule républicain de formation et de sélection de son élite. Regardez le cabinet du Président Hollande où on ne trouve que des personnes aux parcours bien connus, bien renseignés et personne ne se pose des questions sur les trajectoires des uns et des autres. Il en est de même aux Etats-Unis, au Sénégal et ailleurs où on respecte et valorise lÂ’intelligence, la compétence et lÂ’effort au travail.

LA LOUPE: Et au Gabon ?

P2O: Mais chez nous, ici au Gabon, avec la pratique du pouvoir qui a été choisie, on méprise, on abhorre, on combat même la compétence, lÂ’expertise et la capacité. CÂ’est très mal vu dans notre pays, gangréné par le tout politique et des pratiques mafieuses, dÂ’être intelligent ! Nombre de Gabonais brillants – et cela existe – sont contraints de montrer une certaine forme de médiocrité dans leurs rapports quotidiens au travail pour être tolérés par leur patron, leur hiérarchie et dans un certain nombre de cercles.
Dans notre pays, la seule intelligence, la seule expertise, la seule compétence ne permet pas à  une personne aussi brillante, soit-elle, dÂ’être promue et reconnue à  sa juste valeur si elle nÂ’est pas cooptée manifestement par ces cercles dÂ’allégeance et dÂ’alliances ne reposant jamais sur une vision positive des choses. Il nÂ’est pas rare dans notre pays dÂ’avoir pour chef une personne qui sait à  peine lire et écrire, une personne qui ne peut se prévaloir dÂ’aucune qualification professionnelle et technique particulière, mais qui est votre chef parce quÂ’elle appartient à  des cercles concentriques ésotériques et autres. Comme jÂ’ai lÂ’habitude de le dire, le Gabon est un pays où lÂ’on mélange les torchons et les serviettes et où les torchons commandent les serviettes.

LA LOUPE: DÂ’où le phénomène des crimes rituels ?

P2O: Tout à  fait, cela créé forcément un appel dÂ’air à  lÂ’ésotérisme et aux crimes rituels qui en constituent le carburant y compris pour les gens dÂ’une certaine expertise qui savent que leur compétence intrinsèque ne leur sera pas dÂ’une grande utilité sÂ’ils veulent avoir un niveau de vie acceptable et être en vue dans notre pays. Voilà  à  mon avis la base essentielle du phénomène des crimes rituels.

LA LOUPE: Comment y mettre fin?

P2O: JÂ’y ai presque répondu dans la question précédente. Il faut changer de modèle de gouvernance de la société. Il nÂ’y a que de cette manière que lÂ’on pourra faire reculer ce phénomène de manière décisive et structurelle. Maintenant on peut adopter des solutions dÂ’urgence. Et cÂ’est dans un tel cadre que le vote dÂ’une législation spéciale applicable au phénomène de crimes rituels, pour compléter utilement lÂ’arsenal législatif des autres « crimes communs » trouvant leur explication ailleurs si jÂ’ose dire, peut avoir son intérêt et trouver sa justification.

LA LOUPE: Il faut donc aller très vite ?

P2O: Non, justement ! Il ne faut pas « confondre vitesse et précipitation ». Il ne faut bien sûr pas voter une telle loi dans la précipitation juste pour donner lÂ’illusion dÂ’agir. Une telle loi votée dans lÂ’agitation flottera sur le corps social sans jamais le pénétrer en profondeur et sera en fin de compte un cautère sur une jambe de bois. La mise en place de tels mécanismes commande au préalable de se livrer à  une réflexion approfondie, un vrai travail de compréhension de ce phénomène social, parce que jÂ’ai lÂ’impression que ce phénomène (et cÂ’est normal) nÂ’a pas encore été correctement appréhendé puisquÂ’il sÂ’agit dÂ’un fait social nouveau, en tout cas dans sa massification et sa densité de ces dernières années. Et comme il sÂ’agit dÂ’un phénomène difficile et complexe, et quÂ’on ne peut résoudre facilement des problèmes difficiles, il convient en bonne méthode à  mon sens de mettre tout dÂ’abord sur pied une commission composée de sociologues, dÂ’anthropologues, de psychiatres, de juristes, des responsables des principaux cultes et même des marabouts et des charlatans en lui donnant la mission de réfléchir à  toutes les facettes de ce phénomène et de faire des propositions. Il faut être soucieux comme le philosophe Kant à  ne jamais livrer une pensée hà¢tive et incomplète !

LA LOUPE: ConcrètementÂ…

P2O: Par exemple, il faut de façon aussi éclairante et rigoureuse que possible définir ce quÂ’on entend par « crime rituel ». Ce quÂ’une telle expression doit recouvrir en droit pour caractériser lÂ’infraction, établir le lien de causalité et appliquer les sanctions adéquates. Et cÂ’est à  la sortie dÂ’un débat comme celui que pourrait entraîner la mise en place dÂ’une telle commission quÂ’on pourra définir ce quÂ’est un « crime rituel ». Car à  mon avis, il va de soi que la notion de « crime rituel » ne concerne pas seulement le procédé répandu et plus médiatisé, consistant apparemment, à  kidnapper une personne, lui donner la mort, lui prélever des organes (reproducteurs et autres) à  des fins de fétichisme politique, électoral, professionnel ou autres.

LA LOUPE: DÂ’autres formes de ce phénomène ?

P2O: Le crime rituel peut très bien se caractériser aussi, en tout cas, en tout état de cause, il devrait se caractériser aussi : par la profanation des tombes en vue dÂ’y récupérer des produits du corps humain à  des fins fétichistes ; le trafic dÂ’ossements humains à  des fins fétichistes ; la profanation éventuelle de cadavres dans les entreprises de pompes funèbres pour y dérober et recéler les produits du corps humain à  des fins fétichistes... Et sous ce même vocable, on doit pouvoir y ranger aussi, le viol dÂ’une petite fille ou dÂ’un petit garçon par un adulte qui espère, par cet acte, récupérer de la puissance ou du pouvoir à  des fins occultes. Bref, il doit exister un large éventail de techniques et de méthodes dont le but est de se livrer à  de lÂ’occultisme, au détriment dÂ’autrui, dans le but dÂ’obtenir de la prospérité dans les affaires, la promotion et lÂ’ascension sociale. Mais seule une commission de spécialistes pourra identifier et caractériser tout cela.

LA LOUPE: Quid des charlatans ?

P2O: Il faut sans doute imaginer aussi créer une infraction punissant les charlatans et autres marabouts et prêtres du vaudou qui sont des receleurs et destinataires finaux des produits du corps humain et font donc partie de cette association de malfaiteurs dans cette entreprise de crimes rituels. À quoi il faut ajouter une autre infraction punissant tous les Ngangas, marabouts et charlatans quÂ’on voit souvent témoigner dans des émissions de télévision (je pense au reportage de lÂ’effet Papillon de Canal+ par exemple), qui sans être receleurs in situ, se livrent à  lÂ’apologie de tels crimes en vantant les bienfaits que tel produit ou organe du corps humain ajouté à  je ne sais quoi de sa potion permettrait dÂ’obtenir en terme de puissance, de pouvoir et dÂ’ascension sociale.

LA LOUPE: La loi pourra-t-elle mettre fin à  cette absurdité ?

P2O: De toute évidence, le vote dÂ’une loi (peu importe son degré de répression) ne sera pas la panacée surtout quÂ’une telle infraction sera particulièrement et objectivement ardue à  caractériser et le lien de causalité formellement difficile à  établir pour au moins une catégorie de personnes : les commanditaires ! Je ne suis même pas certaine quÂ’un tel dispositif fera reculer les commanditaires. Il ne vous a pas échappé quÂ’il existe des lois dans un certains nombre de domaines sans pour autant quÂ’on observe une amélioration et un recul du phénomène que cette loi avait vocation à  réprimer. Par exemple, il existe dans notre pays une quantité impressionnante de lois visant à  réprimer les détournements des fonds publics. Il existe même, semble-t-il une commission de lutte contre lÂ’enrichissement illicite. Qui peut sérieusement soutenir que dans notre pays les détournements de fonds publics ont connu ne serait-ce quÂ’un début dÂ’accalmie ? Au contraire, on observe plutôt une accélération du phénomène si je mÂ’en tiens à  ce que je lis tous les jours dans vos journaux.
Maintenant, cela ne signifie pas que la loi ne servirait à  rien. La loi est utile parce que, expression de la volonté générale, elle marque la volonté de toute la société de récuser de telles pratiques et traduit son engagement à  lutter contre elles. Par exemple, les personnes qui font actuellement lÂ’objet dÂ’une enquête sur les crimes rituels passés, ne peuvent pas être poursuivies pour crimes rituels parce quÂ’en vertu du principe de légalité des délits et des peines, la notion de « crime rituel » nÂ’existe nulle part dans le code pénal ou le code de procédure pénale, et que si on veut poursuivre à  lÂ’avenir de telles personnes sur le chef dÂ’accusation de crimes rituels, il faut adopter un dispositif spécifique qui viendrait sÂ’ajouter à  lÂ’ordonnancement répressif en vigueur à  ce jour. Mais il ne faut pas se faire trop dÂ’illusion sur son efficacité dans notre pays où les gouvernants violent eux-mêmes tous les jours les règles quÂ’ils adoptent pourtant sans contrainte. Au risque de me répéter, il faut une vraie volonté politique à  ce jour inexistante pour changer de modèle de société.

LA LOUPE: La semaine dernière, les Gabonais ont assisté en direct à  l'audition du ministre Ngazouzet, dites-nous tout sans langue de bois!

P2O: DÂ’abord, je ne me permettrai pas de porter une appréciation sur le fond dÂ’un dossier sur lequel je ne sais strictement rien. Je ne me prononcerais donc pas sur ce dont ce ministre est accusé. En revanche, le seul commentaire qui soit intellectuellement acceptable concerne plutôt la question de son audition à  domicile et non dans les locaux de la police, le bureau du procureur, dÂ’un juge dÂ’instruction, etc.

LA LOUPE: Y a donc problème ?

P2O: Il sÂ’agit là  à  mon sens dÂ’une anomalie, et même dÂ’une grotesque faute politique. À ma connaissance, les ministres (en dehors du ministre des Affaires étrangères quand il est à  lÂ’étranger) ne sont protégés par aucune immunité, ni de juridiction, ni dÂ’exécution qui les dispenserait de se rendre dans un poste de police ou dans le bureau dÂ’un juge dans leur propre pays. Je note dÂ’ailleurs que lÂ’affaire, de ce que je crois savoir, nÂ’a strictement rien à  voir avec lÂ’exercice des fonctions de la personne qui a été auditionnée. En dehors de la pantalonnade médiatique, absolument rien ne justifie cette manière de procéder. Or, la question est trop sérieuse et ne mérite pas un tel traitement de télé-réalité à  des fins de propagande purement politicienne.

LA LOUPE: LÂ’opportunité dÂ’une telle procédure se justifiait-elle ?

P2O: Alors, on mÂ’a rapporté quÂ’une personne citait pour justifier cette procédure, un train de dispositions du Code de procédure pénale. Même si je considère que lÂ’on donne à  ces dispositions une interprétation spécieuse et fallacieuse, admettons. Mais lÂ’opportunité de cette procédure ne sÂ’imposait nullement. Si on voulait faire les choses sérieusement, tout le monde sait ce quÂ’il faut faire.

LA LOUPE: QuÂ’aurait-il été cohérent de faire ?

P2O: Il suffisait donc de demander au Conseil des ministres, qui a lieu je crois tous les jeudi, lÂ’autorisation dÂ’entendre lÂ’intéressé. Peut-être que je me trompe, mais je nÂ’imagine pas intellectuellement quÂ’une telle demande eût reçu un avis défavorable. Car, il me semble que le Conseil des ministres qui est, paraît-il, lÂ’instance compétente pour statuer sur une telle demande, si jÂ’ai bien compris le raisonnement, est présidé par le président de la République. Lequel président de la République, si je mÂ’en tiens aux discours officiels de ces derniers temps, semble proclamer urbi et orbi sa détestation des crimes rituels et réclamer à  la justice dont il est, soit dit en passant, le garant de lÂ’indépendance, des sanctions et plus de travail pour avancer sur tous ces dossiers. Le parquet ferait-il si peu confiance à  la détermination du président de la République pour faire lÂ’économie dÂ’une telle demande ? Il conviendrait de le savoir !

LA LOUPE: Et la médiatisation ?

P2O: Pour le reste, débarquer avec des caméras, des micros et des gens qui nÂ’avaient strictement rien à  faire là  est même une violation du droit à  lÂ’intimité, à  la discrétion et à  la dignité de ce membre du gouvernement qui est, je le rappelle, présumé innocent. Et la présomption dÂ’innocence est un droit de lÂ’Homme. Elle est donc inviolable. Même si aucun droit de lÂ’Homme nÂ’est, hélas, respecté dans notre pays.

LA LOUPE: Violer la loi serait-il un sport favori de nos gouvernants ?

P2O: Et comment ! JÂ’ai même lÂ’impression que les détenteurs de la puissance publique au Gabon ne se sentent pas à  leur aise tant quÂ’ils ne violent pas les droits de lÂ’Homme. Je crois que ça les rassure dÂ’agir ainsi, ça les conforte dans leur position de pouvoir. Nos gouvernants semblent dire:" je viole les droits de l'Homme, donc je suis". Pour en revenir à  ce show médiatique qui nÂ’est rien moins quÂ’un écran de fumée (et les Gabonais sÂ’en sont dÂ’ailleurs aperçus) qu'a-t-on d'ailleurs tiré de cette audition? Normalement à  la fin dÂ’une audition on signifie à  la personne auditionnée le statut juridique auquel elle sera désormais soumise dans le cadre de la procédure. Soit la personne est mise en examen (ce qu'on appelle encore dans le Code de procédure pénale au Gabon, une inculpation), soit elle est placée sous le régime juridique de témoin assisté ou de témoin simple. Mais dans tous les cas, aucune audition ne se conclut sans prise de décision judiciaire. QuÂ’en est-il en lÂ’occurrence ?

FIN
 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
 
 

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