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Gabon – Maurice : Le pari de la croissance « bleue »
 

Gabon – Maurice : Le pari de la croissance « bleue »

 
 
 
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© Koaci.com - jeudi 17 octobre 2013 - 20:47

Ali bongo et Navin Ramgoolam -

Port-Louis, le 17 octobre 2013 – Le président de la République, Ali Bongo Ondimba, poursuit sa visite dÂ’État à  Maurice dans un « esprit de coopération africaine ». La signature dÂ’accords généraux et sectoriels, la volonté de mettre en résonnance fructueuse les atouts naturels et humains des deux pays mais aussi la négociation de partenariats pour la valorisation des richesses de la mer : « Voilà  qui donne du sens aux échanges Sud-Sud ».


Gabon/Maurice, focus sur le pari de la croissance bleue.

Sur une île de 2000 km², cent trente-huit fois plus petite que le Gabon, lÂ’océan Indien sÂ’invite dans le décor à  chaque détour, par-delà  les cannes à  sucre qui longtemps furent le seul gagne-pain, derrière les murets de lave noire et dans le miroir des modestes buildings de la capitale, Port-Louis.

A lÂ’occasion de cette première visite dÂ’État dans la jeune république des Mascareignes, le président Ali Bongo Ondimba a choisi de donner un tour concret à  ce qui sÂ’impose comme une évidence : dans la dynamique des émergences au sud, le Gabon et Maurice ont tout intérêt à  mettre en synergie leurs talents et leurs potentiels en matière dÂ’économie bleue, manière de se libérer graduellement des éléments dominateurs que sont le pétrole pour lÂ’un et le tourisme pour lÂ’autre, manière aussi de tirer de la mer un meilleur bénéfice alimentaire pour les populations de deux états trop largement dépendants des denrées importées.


La filière pêche restructurée

« Au Gabon, nous nous sommes engagés vers toute forme de rupture économique visant à  construire une économie diversifiée, durable, capable de générer une croissance soutenue », a souligné jeudi matin le chef de lÂ’État devant le Vice Premier ministre et ministre des Finances et du Développement économique Xavier Luc Duval et plus de 200 opérateurs économiques réunis en Forum des affaires.

LÂ’orientation est claire, dira-t-il encore en présentant les trois piliers stratégiques de lÂ’avenir, chacun venant confirmer lÂ’impérieuse nécessité du rapprochement Libreville-Port Louis : dans les services liés au tourisme (objectif gabonais – 100.000 vacanciers en 2020), ambitions, savoir-faire (Maurice recevra 900.000 touristes en 2013) et investissements se conjuguent;

pour le secteur industriel africain, la plate-forme financière afro-asiatique de Maurice est une passerelle de capital-risque avec plus de 30.000 sociétés off-shore ;

dans les secteurs du Gabon Vert et Bleu, il y a désormais un accord bilatéral pour lÂ’agro-industrie et déjà , côté océan, du très concret. CÂ’est le PPP avec le conglomérat IBL, maître incontesté de lÂ’or bleu porté par un investissement initial de vingt-cinq millions dÂ’euros (40 % Fonds gabonais dÂ’investissements stratégiques, 60 % IBL).

Prévoyant notamment la réorganisation et le management dÂ’une usine déjà  existante (NDLR : Sifrigab), la création dÂ’autres structures industrielles, le développement dÂ’un secteur de pêche hauturière locale et la création dÂ’un chantier naval, ce partenariat public-privé (PPP) contribuera à  lÂ’approvisionnement à  bon prix des Gabonais et permettra de tirer profit du potentiel dÂ’exportation. « Ce partenariat stratégique avec le Gabon est un pas de géant », a commenté le PDG dÂ’Ireland Blyth Limited, Nicolas Maigrot.

« Notre ambition est en effet de participer activement à  la structuration dÂ’une économie maritime au Gabon, respectueuse de lÂ’environnement et des ressources naturelles, mais résolument tournée vers la création de valeur ajoutée et permettant au Gabon dÂ’assurer son autosuffisance en matière de sécurité alimentaire ».


Protéger et transformer localement

LÂ’urgence est là  : 192.000 km² de Zone économique exclusive (ZEE) le long des 800 km de côtes gabonaises desquels sont tirées 14.000 tonnes de thon alimentant des usines de transformation hors du pays !

Il y a un an, le Conseil des ministres adoptait donc à  Libreville une série de mesures engageant la réforme en profondeur de la filière pêche et la création dÂ’un réseau de parcs nationaux maritimes sur 10% de la ZEE.

Dès aujourdÂ’hui, les experts mauriciens sont à  pied dÂ’Âœuvre, pour une meilleure sécurité alimentaire et plus dÂ’emplois. « Voilà  qui donne du sens aux échanges Sud-Sud », disait un peu plus tôt le président gabonais lors dÂ’un point de presse au côté du premier ministre mauricien.

Des relations soutenues, plus encore, par la signature en juillet dernier dÂ’un accord de non double imposition et dÂ’un accord de protection des investissements étrangers.


Le top du thon

À Port-Louis, comme a pu le constater le président Bongo Ondimba, le thon est sous contrôle. Les installations de la société Thon des Mascareignes (groupe IBL) tournent 24h/24, cinq jour sur sept, avec 1660 employés pour traiter 250 t/j de longes.

Dans le franglais mauricien, on parle dÂ’un seafood hub où sÂ’élaborent des produits alimentaires intermédiaires pour les conserveries du monde entier mais aussi des produits finis (6 millions de boites sur le marché local en 2012) : une usine qui, à  elle seule, représente 11% du marché européen dÂ’importations de longes de thon et 15% du marché nord-américain. Ainsi se crée une « chaîne de valeur », de la matière première à  la transformation jusquÂ’à  la distribution, localement et à  lÂ’international.

Sur la base dÂ’une consommation mondiale actuelle de 16 kg par tête, le marché global des produits de la mer est estimé à  100 milliards USD par an. Cette consommation devrait atteindre entre 19 et 21 kg en 2030, chiffre largement justifié par les principaux marchés en croissance, comme le Japon et les pays de lÂ’Union européenne qui dépendent des importations pour 40 à  60 % de leur consommation.

Grà¢ce au partenariat avec IBL, avec en soutien le nouvel accord dÂ’exploitation rationnelle conclu avec lÂ’Union européenne, le Gabon valorisera bientôt des ressources halieutiques mieux protégées.


Des navires pour le Gabon

En matière de pêche, les bateaux constituent un paramètre essentiel, et cÂ’est donc par le Chantier naval de lÂ’océan Indien (www.cnoi.info – groupe IBL) que le chef de lÂ’État a conclu cette journée. Là  encore, une démonstration de savoir-faire sur 45.000 m², avec grue mobile de 100 t, cale sèche de 130 m, élévateur à  bateau de 1400 t et déjà  près de 300 unités traitées depuis lÂ’ouverture du site en 2003. Un modèle de système intégré des « métiers de la mer » qui sera développé au Gabon dans le cadre du partenariat avec IBL, au service de la flottille thonière et des navires hauturiers.



 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
 
 

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