Gabon Politique
 
Cliquez pour agrandir l'image  
Gabon : 10 millions dÂ’euros avec la France pour appuyer la lutte contre les braconniers
 

Gabon : 10 millions dÂ’euros avec la France pour appuyer la lutte contre les braconniers

 
 
 
 5080 Vues
 
  0 Commentaire(s)
 
 Il y a 5 ans
 
 
 
 
 
© Koaci.com - vendredi 06 décembre 2013 - 10:35

Vue de la table ronde ici ce jeudi à  Paris -

Paris, le 06 décembre 2013 – En marge du Sommet de lÂ’Élysée pour la Paix et la Sécurité en Afrique, organisé par la France les 6 et 7 décembre 2013 en présence dÂ’une quarantaine de chefs dÂ’État africains, une réunion de haut niveau consacrée à  la protection des espèces menacées a été organisée dans les locaux de lÂ’Hôtel de la Marine. La France et le Gabon y ont annoncé la conclusion dÂ’un accord de financement de 10 millions dÂ’euros pour renforcer la lutte contre le trafic dÂ’ivoire au Gabon.

Organisée par Nicolas Hulot, envoyé spécial du président François Hollande pour la protection de la planète, et Philippe Martin, ministre français de lÂ’Écologie, du Développement durable et de lÂ’Énergie, cette table ronde avait pour objectif dÂ’accorder les dirigeants présents sur les moyens dÂ’action à  mettre en oeuvre les effets terribles du braconnage sur les espèces menacées.


10 millions dÂ’euros pour accompagner le Gabon dans la lutte contre le trafic dÂ’ivoire.

Le président gabonais, Ali Bongo Ondimba, a annoncé à  cette occasion la conclusion dÂ’un accord de financement avec la partie française portant sur 10 millions dÂ’euros. « Ce projet vise à  réduire considérablement le braconnage de lÂ’éléphant sur le territoire gabonais, en apportant un appui financier aux institutions nationales chargées de faire face à  cette question. Il sÂ’agit là  dÂ’un appui considérable de la France aux efforts du Gabon », a notamment affirmé le président gabonais.

Ali Bongo Ondimba a par ailleurs affirmé que les crimes fauniques sont aujourdÂ’hui une des causes majeures des troubles qui minent la stabilité de lÂ’Afrique : « On estime la valeur du trafic illicite des produits de la faune à  8 milliards dÂ’euros par an. La pêche intensive non déclarée et non réglementée, qui touche particulièrement la côte ouest de lÂ’Afrique, génère un chiffre dÂ’affaire de près de 7,5 milliards dÂ’euros par an. En plus, des bateaux de pêche illégaux sont de plus en plus impliqués dans la piraterie et le terrorisme. Si on y ajoute le commerce illégal du bois, qui représente un volume dÂ’échanges dÂ’environ 5 milliards dÂ’euros par an, les différents réseaux de criminalité faunique et forestière totalisent annuellement des flux de transactions de près de 20 milliards dÂ’euros et comptent désormais parmi les cinq plus grands réseaux de commerce illicite, à  côté du trafic des stupéfiants, des êtres humains, des produits de contrefaçon et des armes ».


Combattre le grand braconnage

Le Gabon fait face en effet à  une importante recrudescence du braconnage de lÂ’éléphant. Selon le Pr Lee White, Secrétaire exécutif de lÂ’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN), le Gabon est connu comme un pays stable pour les populations d'éléphants de forêt. Pourtant, la chasse a fortement augmenté dans la dernière décennie : « Nos équipes de terrain nous rapportent des statistiques hallucinantes. Nous avons perdu près de 19.000 éléphants en 10 ans. Au parc national de Minkébé, cÂ’est 50 éléphants par jour qui sont abattus par les braconniers. LÂ’ivoire est acheminé vers les marchés étrangers », révèle-t-il.


Un signal majeur

Pour faire face à  cette crise, le gouvernement gabonais a déployé des efforts supplémentaires pour appuyer le travail de lÂ’ANPN sur le terrain. LÂ’armée a été mise à  contribution pour sécuriser les zones transfrontalières et un détachement de la gendarmerie nationale a été affecté à  lÂ’ANPN. Selon le Pr Lee White, lÂ’appui de la France va être décisif dans la mobilisation des rapports de forces contre les réseaux assurant la criminalité faunique : « Cet accord de financement avec la France vient compléter un dispositif financier qui a été engagé par le gouvernement gabonais pour assurer la protection et la gestion durable de chaque centimètre carré de nos parcs nationaux. Il sÂ’agit dÂ’appuyer les institutions qui sont au front dans ce combat, en leur donnant les moyens de sécuriser nos sites, nos espèces emblématiques et notre conception de la conservation. Mais cÂ’est aussi un signal majeur que la France envoie à  la communauté internationale : les pays africains ont besoin dÂ’appui technique et financier pour mener ce combat ».


Ci dessous le discours du Président Ali Bongo Ondimba tenu ce jeudi à  Paris lors d'une table ronde à  l'Elysée sur la protection des espèces menacées en marge du sommet France Afrique qui s'ouvre ce vendredi.

Excellence, Monsieur le Président De la République Française, Excellences, Mesdames et Messieurs les Chefs dÂ’État et de Gouvernement,

Distingués invités, en vos rangs et qualités,

Mesdames et Messieurs,

Monsieur le Président,

Je vous félicite vivement pour lÂ’organisation de cette importante réunion de haut niveau sur le commerce illicite de la faune et de la flore, avec comme cible le braconnage de lÂ’éléphant et des rhinocéros en Afrique.

Cette initiative témoigne de lÂ’ampleur de votre engagement dans la préservation de la qualité de la biodiversité africaine, dont lÂ’un des symboles majeurs, lÂ’éléphant, est actuellement menacé.

En rappel, on estime la valeur du trafic illicite des produits de la faune à  8 milliards € par an. La pêche intensive non déclarée et non réglementée, qui touche particulièrement la côte ouest de lÂ’Afrique, génère autour de 7,5 milliards € par an. En plus, des bateaux de pêche illégaux sont de plus en plus impliqués dans la piraterie et le terrorisme.

Si on y ajoute le commerce illégal du bois, qui engrange près de 5 milliards € par an, aujourdÂ’hui, les différents réseaux de criminalité faunique et forestière mobilisent près de 20 milliards € par an et comptent désormais parmi les cinq plus grands réseaux de commerce illicite, à  côté du trafic des stupéfiants, des êtres humains, des produits de contrefaçon et des armes.

Avec le prix de vente de la corne de rhinocéros estimée actuellement à  45.000 € le kilo – et jusquÂ’à  360.000 € sur le marché noire - et la vente de lÂ’ivoire évaluée à  près de 1500 € le kilo, on constate que le braconnage de ces espèces phares est devenu entré dans les réseaux du crime organisé.

En effet, en Afrique aujourdÂ’hui on constate que les mêmes réseaux qui trafiquent les armes, la drogue et les êtres humains se lancent aussi dans le trafic illicite de la faune et la flore.

LÂ’éléphant de forêt d'Afrique est un animal emblématique. Il joue un rôle capital dans l'écologie de nos forêts, en dispersant les graines de centaines d'espèces de grands arbres, dont beaucoup sont des bois commerciaux précieux. LÂ’éléphant contribue également à  la fertilité des forêts en dispersant des minéraux et ainsi à  lÂ’accroissement de la productivité, ce qui augmente sensiblement la séquestration du carbone.


Monsieur le Président,

Excellences, Mesdames, Messieurs,

AujourdÂ’hui, nous sommes à  un tournant de l'histoire.

Au cours des 10 dernières années, nous avons perdu jusqu'à  76% de tous les éléphants de forêt en Afrique. Même dans mon propre pays, le Gabon, pourtant l'un des moins touchés, nous avons perdu un tiers de notre troupeau. Malgré cela, le Gabon abrite encore plus de la moitié des éléphants survivants de forêt.

Les bénéfices réalisés par la vente illicite de l'ivoire alimentent des groupes criminels qui ont de vastes réseaux internationaux, qui sont de plus en plus utilisés pour financer des conflits civils et des activités liées au terrorisme. En effet, le trafic illicite des espèces sauvages est souvent lié à  d'autres formes de trafic illicite, à  la piraterie et au blanchiment d'argent.

Nous avons vu maintes et maintes fois, des braconniers se déplacer dans toute l'Afrique, qui commencent par tuer les rhinocéros et les éléphants, puis sÂ’attaquent au trafic de bois et de minéraux. Enfin, ils plongent dans le vol et le pillage, et finalement ils se transforment en rebelles.

Les pays qui ont perdu le contrôle de leurs ressources naturelles entrent presque inévitablement dans cette spirale infernale. La criminalité de la faune est devenue une menace sérieuse pour la souveraineté et la stabilité de certains de nos États.

Il est permis de penser que si on avait agi pour arrêter le braconnage des rhinocéros et des éléphants au nord de la République Centrafricaine il y a 35 ans, ce beau pays ne serait peut-être pas dans la situation actuelle !

Aujourd'hui les braconniers n'hésitent pas à  tirer sur les gardes de nos aires protégées. En effet, les gestionnaires de la faune dans certains pays sont engagés dans une guerre de brousse aussi intense, redoutable et mortel que tout autre conflit moderne.

LÂ’Afrique ne peut pas prospérer sans ses éléphants. Si nous laissons les criminels et les diverses milices effacer notre patrimoine naturel, nos nations sont appelées à  suivre le même chemin. Les pays qui ont en effet perdu leurs éléphants ont souvent ensuite plongé dans la guerre civile.

C'est pourquoi, mon gouvernement agit avec détermination pour rétablir l'ordre. L'année dernière, j'ai fait brûler lÂ’intégralité de notre stock de saisies d'ivoire, pour faire passer le message qu'il n'y a pas de place au Gabon pour un quelconque commerce de l'ivoire et que mon gouvernement a une politique de tolérance zéro pour les crimes contre la faune.

Nous avons renforcé notre Agence Nationale des Parcs Nationaux de manière significative. Nous avons même envoyé l'armée dans les zones les plus dangereuses de nos forêts pour soutenir le personnel des parcs nationaux. Nous allons bientôt adopter une loi qui augmentera de manière significative le régime des pénalités pour les crimes fauniques.


Monsieur le Président,

Excellences, Mesdames, Messieurs,

LÂ’Afrique ne pourra résoudre ce problème seul. La solution est mondiale.

CÂ’est pourquoi cette réunion est si importante pour nous. Si nous voulons que lÂ’éléphant Africain survive et avec lui nos industries touristique, nos parcs et notre culture, nous devons avoir un fort leadership international.

Nous devons travailler avec nos voisins afin de cesser le braconnage transfrontalier ; et nous devons nous mettre en réseau si nous voulons gagner cette guerre contre ces criminels organisés qui sont prêt à  tuer nos fils et filles dans leur quête sanglante de lÂ’ivoire.

Nos partenaires économiques de lÂ’Est doivent comprendre que nous accueillons leurs entreprises, mais nous ne pouvons pas tolérer lÂ’avidité que certains de leurs citoyens ont envers notre patrimoine naturel.

AujourdÂ’hui, je demande aux Chefs dÂ’Etat dÂ’Afrique ici rassemblés dÂ’unir les hommes et les femmes qui dirigent nos parcs et les institutions de la faune, afin dÂ’élaborer une stratégie Africaine pour gagner cette guerre. Une fois que cette stratégie sera mise en place nous devrons travailler avec la Banque Africaine de Développement pour créer un fond pour la protection de la faune et la gouvernance environnementale, en soutien à  la déclaration de Marrakech du 20 mai 2013.

La Banque Africaine de Développement a en effet lancé, à  cette date, un appel à  lÂ’action et à  lÂ’engagement des gouvernements et dÂ’autres institutions pour combattre le fléau du trafic illicite dÂ’espèces de faune et de flore sauvages.

Aussi je vous invite, Monsieur le Président, à  réitérer mon appel de septembre, aux côtés du Président Kikwete et les représentants de nombreux gouvernement, pour la nomination par le Secrétaire Général dÂ’un Envoyé Spécial pour les Crimes fauniques et lÂ’organisation dÂ’un débat de haut niveau conduisant à  une résolution de lÂ’Assemblée Générale de lÂ’Organisation des Nations Unies sur cette question.

Enfin, jÂ’ai le plaisir dÂ’annoncer que dans le cadre dÂ’un accord de réduction de la dette entre la France et le Gabon, nos deux parties viennent de conclure un projet dÂ’investissement portant sur 10 millions dÂ’euros. Ce projet vise à  réduire considérablement le braconnage de lÂ’éléphant sur le territoire gabonais, en apportant un appui financier aux institutions nationales chargées de faire face à  cette question. Il sÂ’agit là  dÂ’un appui considérable de la France aux efforts du Gabon. Recevez, monsieur le Président, les sincères remerciements du peuple gabonais pour cet appui indispensable.


Je vous remercie.
 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
 
 

SONDAGE

Gabon: Remis après son AVC, Ali Bongo vous apparait il désormais apte à bien présider le pays?
 
 
   + Voir les resultats
 
 
DERNIER SONDAGE
 
Côte d'Ivoire: DJ Arafat était il véritablement un exemple pour la jeunesse ivoirienn...
 
721
Oui
22%  
 
2511
Non
75%  
 
98
Sans Avis
3%  
 
 
KOACI
 
 
L’Info au Cœur de
l’Afrique
 
en ligne depuis 2008