Gabon Société
 
Cliquez pour agrandir l'image  
Gabon: Cité dans une affaire de crime rituel à  Tchibanga, un ancien député se livre à  la justice
 

Gabon: Cité dans une affaire de crime rituel à  Tchibanga, un ancien député se livre à  la justice

 
 
 
 9160 Vues
 
  0 Commentaire(s)
 
 Il y a 3 ans
 
 
 
 
 
© Koaci.com - samedi 19 décembre 2015 - 08:12

Rey Simplice Mbina

© Koaci.com- Samedi 19 décembre 2015-  Rey Simplice Mbina, l'ancien député du Parti démocratique gabonais (PDG) pour le 3è siège du département de Mougoutsi, dans la province de la Nyanga (sud du Gabon), s'est livré ce vendredi soir à  la justice.

Cité comme commanditaire d’un assassinat avec prélèvement d’organe survenu le 27 novembre dernier à  Mandilou 2, bourgade située près de Tchibanga, il est allé de lui-même à  la brigade centre de gendarmerie de la localité. Il a été aussitôt placé en garde à  vue, en attendant d'être présenté devant le parquet de la République.

C’est l’assassin présumé, Bivigou Mamboundou, alias Jean Dizos, un homme d’une quarantaine d’années, qui l’a dénoncé lors de l’enquête préliminaire menée. Lors de l’interrogatoire, le quadragénaire a déclaré avoir été approché par deux de ses congénères, Olivier Nzamba Mouinzi, secrétaire de section du PDG 3è canton, et Fabrice Moudoki, vice-secrétaire fédéral du même parti, du reste, cadet de Rey Simplice Mbina, pour aller rencontrer ce dernier.

D’après ses déclarations, l’ancien parlementaire lui aurait demandé du sang et des organes humains, en échange d’une somme de trois-cents mille F CFA. « Je leur ai dit que je pouvais seulement tuer et qu’eux-mêmes allaient se débrouiller pour prélever les organes et le sang sur la victime », a expliqué Bivigou Mamboundou lors d’un interrogatoire musclé à  la brigade de gendarmerie de Tchibanga.

D’après les premiers éléments de l’enquête, le quadragénaire, après la commande d’organes humains, avait jeté son dévolu sur son voisin Jean-François Boulingui, avec lequel il faisait des pièges dans une forêt environnante. Le 27 novembre, le quadragénaire s’est emparé de son fusil de type calibre 12 avant d’aller piéger sa cible dans la forêt qu’ils fréquentaient tous.

PRESSION. Dans le bois, loin des regards indiscrets, il a refroidi le quinquagénaire qui s’était déplacé pour aller visiter ses pièges. Comme convenu ses interlocuteurs lors de l’entrevue liée à  la transaction criminelle, il n’a pas procédé au prélèvement d’organes sur la victime. Il est plutôt retourné au village pour donner l’alerte à  ses supposés complices, qui frétillaient d’impatience. La mission accomplie, Olivier Nzamba Mouenzi et Fabrice Moudoki sont allés eux-mêmes procéder au dépeçage de la proie, avant de faire disparaître le reste du corps mutilé dans la forêt.

Les proches de la victime, ne la voyant pas regagner le village, ont commencé les recherches dans la forêt où elle s’était rendue pour visiter ses pièges. Mais ils n’y ont rien retrouvé. Quatre jours plus tard, ils ont mis à  contribution un maître spirituel. Ce dernier a plutôt désigné deux notables du village Mouketou et Nzamba d’avoir fait disparaître le corps de Jean-François Boulingui en complicité avec un troisième homme nommé Mbounda, alias Madouabi.

Très vite, les villageois ont décidé mettre la pression sur les trois hommes pour qu’ils indiquent l’endroit où ils auraient caché le corps du quinquagénaire. Mais les trois suspects ont clamé leur innocence. Avides de vérité, les villageois ont allumé un feu au pied d’un arbre et y ont placé les trois suspects, pour les contraindre à  passer aux aveux. Sans succès.

Dans la foulée, Mbounda s’est brûlé au troisième degré. Pour tenter de sauver sa vie gravement menacée, quelques bonnes volontés l’ont transporté au centre hospitalier régional de Tchibanga, avant son évacuation à  l’hôpital évangélique de Bongolo, à  Lébamba, le chef-lieu du département de la Louétsi-Wano, dans la province de la Ngounié, la victime a succombé aux coups et brûlures reçus.

MANDAT DE DEPOT. La brigade de gendarmerie de la localité, informée, s’est rendue sur les lieux. Elle a procédé à  l’interpellation de plusieurs villageois et ouvert une enquête sur la disparition de Jean François Boulingui. Soumis à  un interrogatoire musclé, Bivingou Mamboundou, la dernière personne à  avoir vu le disparu, est finalement passé aux aveux, déclarant l’avoir abattu à  coup de fusil et donné l’alerte aux deux supposés intermédiaires de l’ancien député.

Interrogés à  leur tour, Olivier Nzamba Mouenzi et Fabrice Moudoki ont réfuté les accusations de leur congénère, allant jusqu’à  déclarer qu’ils ne le connaissaient pas. Mais leurs arguments n’ont pas convaincu les enquêteurs. Au terme de l’enquête préliminaire, ils ont été présentés mercredi devant le parquet de Tchibanga. Au terme de leur audition, ils ont été placés sous mandat de dépôt, en attendant la fin de l’enquête en cours.

J M
 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
 
 

SONDAGE

Côte d'Ivoire: Les craintes vis à vis d'une dégradation du climat des affaires en vue de la présidentielle de 2020 sont elles compréhensibles?
 
 
   + Voir les resultats
 
 
DERNIER SONDAGE
 
Côte d'Ivoire: Meeting conjoint FPI-PDCI, peuvent-t-ils vraiment s'entendre en vue de...
 
2462
Oui
65%  
 
1122
Non
30%  
 
183
Sans Avis
5%  
 
 
KOACI
 
 
L’Info au Cœur de
l’Afrique
 
en ligne depuis 2008