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Cameroun : Exactions de l'armée: À la place de Biya, Tchiroma assume et s'explique
 

Cameroun : Exactions de l'armée: À la place de Biya, Tchiroma assume et s'explique

 
 
 
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© Koaci.com - samedi 30 janvier 2016 - 08:22

© koaci.com- Samedi 30 Janvier 2016- Accuser d'exactions l'armée camerounaise contre les populations civiles, hérisse le poil de Yaoundé.

À la place de Biya,-le chef suprême des armées-, et du ministre chargé de la Défense, Issa Tchiroma Bakary, le ministre camerounais de la communication (Mincom), a pris sur lui "d'assumer" et de "reconnaitre " les exactions de l'armée camerounaise contre des civils nigérians.

"Notre armée commet peut être des exactions", a reconnu le porte parole du gouvernement, répondant à  une question de journaliste, ce vendredi soir à  l'issue de sa déclaration face à  la presse.

Tout en nuançant son propos, il a ajouté, "l'armée camerounaise n'est pas la seule au monde à  poser des actes incontrolés".

La sortie du porte parole du gouvernement était une reaction aux accusations d'Amnesty international, reprises par les médias internationaux. Notamment un civil nigérian interrogé par "Associated Press".

L'armée camerounaise est régulièrement accusée d'avoir la gà¢chette facile contre des civils.

Quelques faits sur les 6 derniers mois

Le 10 juin 2015, deux orpailleurs sont tués par des éléments du BIR dans le Mayo Sava, (Extrême-nord), ils réagissaient apprend-on, à  une attaque au couteau d'un des orpailleurs.

Les tirs par balles, font une trentaine de blessés parmi les orpailleurs.

Toujours en juin 2015, trois militaires sont jetés en prison à  Garoua (Nord), pour " agressions " et "extorsions de fonds ".

En octobre de la même année, des militaires soupçonnés de braquages sont arrêtés à  Mokolo (Extrême-Nord). Quelques jours avant, des commerçants de ladite localité manifestent contre les braquages attribués aux militaires et autres gendarmes et policiers.

Dans la nuit du 11 au 12 novembre 2015, à  Kousseri, un militaire abat un cvil avec son arme de guerre, après une dispute.

Le 23 novembre 2015 à  Mbalmayo (Centre), un gendarme tue froidement son collègue et se donne la mort.

Le 12 janvier 2016, à  Maroua (Extrême-Nord), un militaire fait usage de son arme de guerre et abat un gendarme.

Le 14 janvier toujours à  Maroua, après une dispute dans un bar, un militaire va chercher sa kalachnikov, pour tuer un civil. Ce dernier prend la fuite.

Le 24 janvier 2016 à  Wum (Nord-Ouest), un militaire poignarde mortellement un civil. En réaction un camp militaire est attaqué, des armes et munitions sont incendiées.

Dans la guerre contre Boko Haram, Yaoundé se dit être victime d'une " cabale "et d'un " acharnement " médiatiques de la part des médias internationaux qui voient mal, prétend le régime Biya, "la victoire de l'armée sur la horde des barbares de la secte islamiste".

Le bouillonnant ministre camerounais, de la Communication, a même poussé le bouchon en appelant au journalisme patriotique, " chers Journalistes, vous ne devez jamais faire la moindre place à  cette entreprise de manipulation. Cette responsabilité - celle de prêter main forte au combat que mène la Nation toute entière, votre Nation, celle dont vous faites partie intégrante – vous incombe au premier plan. Vous le faites déjà  si bien ; je vous demande simplement de continuer dans cette voie, de rester vigilants et d’une vigilance de tous les instants", va-t-il déclarer en promettant plus de moyens financiers aux médias dociles.

À titre de rappel, plus de 1200 personnes dont 70 militaires et policiers ont perdu la vie dans la guerre contre Boko Haram.

Depuis le 13 janvier 2016, soit en l’espace de 17 jours seulement, les attentats suicides perpétrés par Boko Haram ont déjà  fait 57 morts et 70 blessés, tous des civils comprenant en outre femmes et enfants, soit 11 morts à  Kouyapé le 13 janvier 2016, 5 à  Nguetchewe le 18 janvier 2016, 37 à  Bodo le 25 janvier 2016 et 4 à  Kerawa.

Armand Ougock, Yaoundé

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