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CULTURE GABON : Miryl Nadia Eteno et Anzalé
 
Miryl Nadia Eteno (ph)

GABON - LIBREVILLE LE 3 AOUT 2012 - Miryl Nadia Eteno nous parle de la genèse de la nouvelle Anzalé, texte que les lecteurs peuvent retrouver dans l’ouvrage collectif LES LYRES Search LYRES DE L’OGOOUE.

Ce texte tourne autour des déboires d’une femme, belle et instruite, qui se fait battre par son époux. Elle vit un calvaire qui touche au plus profond de leurs êtres, ses enfants. Pour une raison ou pour une autre, son époux lève la main sur elle au point de la défigurer et de l’envoyer à l’hôpital coups sur coups.
Un jour alors que la situation est plus critique que d’habitude, car cette fois elle a frôlé la mort et se lève amnésique, elle se met à réfléchir, histoire de savoir à quel moment tout à basculé, et surtout pourquoi et comment elle en est arrivée à accepter une telle situation.

Cette nouvelle écrite avec beaucoup de cœur, transporte le lecteur dans l’introspection d’une femme qui était appelée à un avenir meilleur…et qui a connu le pire par la main d’un homme, qu’elle a choisi, aimé plus que tout.
La force lui viendra-t-elle de dire stop ! Se battra-t-elle pour son avenir ou laissera-t-elle la fatalité la mener à conclure qu’elle n’y peut rien changer ?
C’est à lire.




Anzalé
par Miryl Nadia Eténo

Bannis de ton coeur le chagrin car il rongera tes os.
Aspire au bonheur, au bien-être et au rire.


Tout est brumeux autour de moi, je suis dans un
brouillard sans pareil. Pour tout dire, je ne me souviens
plus de rien. Amnésique. C’est ça, je suis devenue
amnésique. Enfin, j’aurais souhaité que ce soit le cas.
Une chose est certaine, je suis dans le brouillard.
Une chambre quelconque, sans vie, peinte en blanc,
des fils courant sur tout mon corps et surtout un mal
de crâne que je ne peux nommer.
Que s’est-il passé ? Avec le peu de forces qu’il me
reste, je lève lentement ma main libre jusqu’à la tête.
Seigneur ! Qu’a-t-il fait à mes beaux cheveux ? Mes
si beaux cheveux que toutes les femmes admiraient et
que tous les hommes rêvaient de toucher. Un bandage
recouvre toute ma tête. En passant ma main dessus,
tout se replace dans mon esprit. Les souvenirs affluent.
Pourquoi ai-je accepté de devenir une serpillière,
un torchon jamais lavé ?

Nous avons demandé à l’auteur d’où est née l’idée d’écrire Anzalé. Elle nous a confié ceci :

J’ai écrit cette histoire en mémoire de la mère d’un ami d’enfance. En effet, cette femme est morte alors que j’étais adolescente. Cela m’a traumatisée car elle était battue par son époux, devant les yeux de ses enfants.
Je me suis souvent demandée pourquoi elle ne s’en allait pas du foyer et acceptait ce genre de traitement.
Je m’en suis ouverte à sa fille, un jour que la mère avait eu l’os de la clavicule cassé par les coups de son époux. La fille m’a répondu : « elle ne peut pas partir parce qu’elle est dotée. Pour qu’elle s’en aille de la maison, il faut que ses parents rendent la dot qu’ils ont reçu. Comme personne ne peut le faire, chaque fois qu’elle retourne chez les parents, ils l’a renvoient chez son époux car personne ne veut prendre la responsabilité de rembourser le montant élevé de la dot. Triste fin, n’est-ce-pas. Elle est morte quelques temps après, sous les coups de son mari.
J’ai écrit Anzalé en mémoire de toutes les femmes qui craignent pour leur vie, chaque fois que leur époux passe le pas de la porte d’entrée du domicile conjugal.



********************
Les Lyres de l’Ogooué
ISBN : 978-2-35485-320-4
230 pages.




 
 
5826 Visit(s)    0 Comment(s)   Add : 03/08/2012
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