Côte d'Ivoire : Industrie du cacao, Abidjan mène une offensive diplomatique à Genève pour garantir un revenu décent aux cacaoculteurs et une filière plus juste et durable
Aly Touré
À l’occasion de la Conférence des Nations Unies sur le Cacao 2026, tenue au Palais des Nations à Genève, la Côte d’Ivoire a porté haut la voix de ses producteurs. Son Représentant permanent auprès des Organisations internationales pour les produits de base, Son Excellence l’Ambassadeur Aly Touré, a plaidé avec force en faveur d’un revenu décent et durable pour les cultivateurs de cacao, pilier essentiel de l’économie mondiale du chocolat.
Également porte-parole des pays membres exportateurs de l’Organisation internationale du cacao (ICCO), le diplomate ivoirien a été élu dans la foulée président de la Conférence. Une reconnaissance du leadership de la Côte d’Ivoire dans le secteur cacaoyer mondial.
Face aux principaux acteurs de la filière, Aly Touré a rappelé une évidence trop souvent occultée : « Sans les producteurs de cacao, il n’y aurait ni industrie du cacao, ni chocolat, ni les nombreuses confiseries que le monde entier apprécie. »
Un message clair pour replacer les planteurs au cœur de la chaîne de valeur, alors que ces derniers continuent de percevoir une part marginale des revenus générés par une industrie pourtant florissante.
Dans son intervention, l’ambassadeur a dressé un état des lieux sans concession des difficultés auxquelles le secteur est confronté, les effets du changement climatique, les maladies affectant les cacaoyers, le vieillissement des plantations.
La faible productivité, les difficultés d’accès au financement, les exigences croissantes en matière de sécurité sanitaire des aliments, les barrières à l’exportation et les impératifs de durabilité environnementale.
Malgré ces obstacles, Aly Touré a souligné l’important potentiel de croissance et de transformation du secteur : « Le cacao recèle d’énormes opportunités qui, exploitées de manière appropriée, peuvent ouvrir la voie à une économie mondiale durable et inclusive.»
Au cœur des débats figure l’Accord international sur le cacao 2026, présenté comme plus ambitieux et innovant que celui de 2010. Selon le représentant ivoirien, ce nouveau texte identifie plus clairement les priorités stratégiques pour bâtir une économie cacaoyère plus équitable.
Les quatre priorités majeures de l’Accord 2026 sont entre autres, garantir un revenu vital aux producteurs, assurer des prix justes et rémunérateurs pour atteindre une véritable durabilité économique, favoriser une meilleure répartition de la valeur, encourager la transformation locale afin que les pays producteurs captent davantage de valeur ajoutée, réduire les barrières commerciales
Limiter l’impact des obstacles tarifaires et non tarifaires qui pèsent sur les revenus des producteurs, renforcer et élargir l’ICCO. Enfin accroître le nombre de pays membres exportateurs et importateurs afin de consolider la stabilité financière et institutionnelle de l’organisation.
« Deux États suffisent pour l’entrée en vigueur de l’accord, mais nous avons besoin d’un plus grand nombre pour garantir la stabilité financière de notre organisation », a insisté Aly Touré, appelant les membres de l’Accord de 2010 à signer rapidement le nouveau texte et à déposer leurs instruments d’application provisoire.
La Conférence des Nations Unies sur le Cacao 2026 marque l’aboutissement de plusieurs années de négociations, de recherches de consensus et d’alignement d’intérêts entre pays producteurs et consommateurs. Elle vise à assurer la continuité et le renforcement de la plateforme offerte par l’Organisation internationale du cacao.
À travers son intervention, la Côte d’Ivoire confirme son rôle moteur dans la gouvernance mondiale du cacao et réaffirme son engagement en faveur d’une filière plus juste, durable et inclusive.
Wassimagnon
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