Côte d'Ivoire : Lutte contre l'insécurité routière, l'OSER annonce l'interdiction prochaine des tricycles « Saloni » pour le transport de personnes et un durcissement de l'alcootest
Invité de la tribune hebdomadaire « Tout Savoir Sur… », organisée le mardi 17 février par le Centre d’Information et de Communication Gouvernementale (CICG), le directeur de l’Office de Sécurité Routière (OSER), Etienne Kouakou, a présenté un exposé détaillé sur le thème : « Prévention, contrôle et sanctions liées aux infractions routières en Côte d’Ivoire ».
Pendant près d’une heure et demie, il a dressé un état des lieux préoccupant de l’accidentalité sur les routes ivoiriennes et annoncé plusieurs mesures fortes, dont l’interdiction prochaine des tricycles communément appelés « Saloni » pour le transport de personnes.
Revenant sur la période 2013–2026, le directeur de l’OSER a souligné qu’en 2013, la Côte d’Ivoire enregistrait déjà un taux d’accidentalité élevé, une tendance qui s’est poursuivie jusqu’en 2021.
Cette année-là, le pays a connu :
une hausse de 37 % des accidents corporels ;
une augmentation de 89 % du nombre de blessés, passé de 11 209 en 2013 à 18 134 en 2021 et
un accroissement de 91 % du nombre de tués par rapport à 2013.
Face à cette situation alarmante, l’État ivoirien, conformément à ses engagements internationaux, s’est doté d’une stratégie ambitieuse visant à réduire de 50 % le nombre de décès sur les routes d’ici 2030, par rapport à l’année de référence 2021. Cet objectif s’inscrit dans le cadre du Plan quinquennal 2021-2025.
Au terme de l’année 2025, des progrès ont été enregistrés avec une baisse de 19 % du nombre de tués comparativement à 2021. Toutefois, les accidents ont augmenté de 4 % et le nombre de blessés de 3 %, révélant que d’importants défis demeurent.
Les statistiques des six premières semaines de 2026 confirment l’urgence de la situation. 519 accidents corporels ont été recensés, causant 164 décès et 1 934 blessés.
Pour les autorités, ces chiffres démontrent que l’objectif de réduction de 50 % d’ici 2030 reste ambitieux et nécessite un renforcement des actions de prévention et de répression.
Selon Etienne Kouakou, plusieurs causes majeures continuent d’alimenter l’insécurité routière. Il s'agit notamment de l’alcool au volant,
l’excès de vitesse, la méconnaissance du Code de la route et le mauvais état des véhicules.
Pour y faire face, un vaste projet d’éducation à la sécurité routière est en cours d’élaboration. Celui-ci ne se limitera plus aux formations classiques, mais intégrera la culture du civisme routier dès la maternelle jusqu’au secondaire.
« Il faut que la culture du civisme routier soit inculquée dès le bas âge. Dans des pays où la situation était beaucoup plus dramatique, l’éducation et la formation de base ont permis de réduire les accidents de la route. Cela est possible si nous y mettons de la volonté », a-t-il affirmé.
L’un des points majeurs de cette intervention concerne l’utilisation des tricycles appelés « Saloni » pour le transport de personnes.
Le directeur de l’OSER a été catégorique. Ces engins ne disposent d’aucune autorisation légale pour transporter des passagers.
« L’utilisation de ces engins dans le transport des personnes est totalement illégale. Il y a des conditions à remplir pour faire le transport des personnes sur les routes et ces engins n’en disposent pas. Ils ne peuvent donc pas faire cette activité », a-t-il déclaré.
Il a annoncé que des mesures seront très prochainement mises en œuvre dans le cadre de la campagne « Tolérance zéro pour les infractions majeures », afin de mettre fin à cette pratique.
Vers un durcissement des règles sur l’alcool au volant
Autre annonce importante, une proposition sera faite pour abaisser le seuil légal d’alcoolémie actuellement fixé à 0,8 gramme d’alcool par litre de sang.
L’objectif serait de le ramener à moins de 0,5 gramme, afin de rendre le dispositif plus contraignant.
« L’alcootest en Côte d’Ivoire est trop large. Il doit être plus contraignant », a estimé le directeur de l’OSER.
À travers ces différentes mesures, les autorités ivoiriennes entendent intensifier la lutte contre l’insécurité routière et accélérer la dynamique vers l’objectif de réduction de moitié des décès sur les routes d’ici 2030. La sensibilisation, l’éducation et la fermeté dans l’application des sanctions apparaissent désormais comme les piliers de cette nouvelle phase de la politique nationale de sécurité routière.
Wassimagnon
Légende : Étienne Kouakou, Directeur de l'OSER
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