Côte d'Ivoire : Marcory, vive inquiétude au Cours Sévigné face à la construction d'un immeuble de R+12 voisin à l'école
À Marocry sur le site (Ph Koaci)
À Marcory, le bruit des marteaux et le vrombissement des machines ont remplacé, depuis des mois, les éclats de voix insouciants des élèves du Cours Sévigné.
À seulement 2,2 mètres des salles de classe, un immeuble de plus de 30 mètres s’élève, défiant les règles élémentaires de sécurité et plongeant parents et encadreurs dans une angoisse quotidienne. Entre chutes d’objets, fissures inquiétantes et silence des autorités, la communauté scolaire dit vivre sous la menace permanente d’un drame annoncé.
Dans la commune de Marcory, plus précisément dans le quartier Zone 4 C, la quiétude des parents d’élèves et des responsables du Cours Sévigné est gravement perturbée depuis plusieurs mois. En cause : la construction d’un immeuble de plus de 30 mètres de hauteur, érigé à seulement 1,2 mètres de l’établissement scolaire, sans dispositif de protection apparent pour les élèves, le personnel et les passants.
Selon les responsables de l’école, le chantier se poursuit malgré une instruction d’arrêt de travail émise par le Ministère de la Construction, du Logement et de l'Urbanisme (MCLU). Une situation jugée d’autant plus préoccupante qu’elle a déjà donné lieu à plusieurs incidents.
Dans la nuit du 21 au 22 janvier 2026, un objet est tombé de l’immeuble en construction, transperçant la toiture de la cantine de l’établissement et a laissé un trou béant. Par mesure de sécurité, la direction a immédiatement procédé à la fermeture de la cantine ainsi que de trois salles de classe situées à proximité de la zone impactée.
Quelques jours plus tard, le 23 janvier 2026, un marteau chutait à son tour depuis le chantier pour atterrir sur la voie publique, non loin d’un élève. Par ailleurs, des fissures ont été constatées sur un mur du collège, renforçant les craintes liées aux travaux en cours.
Face à cette situation qualifiée d’alarmante, une conférence de presse s’est tenue le mercredi 18 février 2026 au sein de l’établissement. Le chef d’établissement, Elias El Hajji, et le président de l’Association des parents d’élèves, Cédric Lombardo, ont exposé les risques encourus et interpellé les autorités compétentes afin qu’elles prennent leurs responsabilités.
Les parents d’élèves formulent plusieurs revendications claires :
L’arrêt effectif et immédiat des travaux ; la publication du permis de construire ;
la communication du plan de sécurité du chantier ; la réalisation d’une expertise indépendante ; la mise en conformité immédiate du site avec les normes en vigueur.
Selon les responsables du Cours Sévigné, leurs multiples démarches auprès des autorités depuis décembre 2024 sont restées sans suite, tandis que les travaux se poursuivent. Les parents espèrent désormais que cette nouvelle prise de parole publique permettra d’obtenir des réponses concrètes et, surtout, de garantir la sécurité des élèves et du personnel de l’établissement.
Malgré une plainte déposée au commissariat du 31 ème arrondissement et la saisie de la brigade ministérielle les travaux se poursuivent.
À Marcory, l’affaire dépasse désormais le simple contentieux administratif : elle pose la question du droit fondamental des enfants à apprendre en toute sécurité.
Au Cours Sévigné, parents et encadreurs ne réclament ni privilège ni faveur, mais la garantie que chaque élève puisse franchir le portail de son école sans craindre qu’un chantier voisin ne transforme une journée ordinaire en tragédie. Reste à savoir si les autorités entendront cet appel avant qu’un incident ne vienne, irréversiblement, rappeler l’urgence d’agir.
Jean Chresus, Abidjan
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