Côte d'Ivoire : Femmes enceintes en détention, le gouvernement ivoirien rejette les critiques d'Amnesty International
Le ministère ivoirien de la Justice et des Droits de l’Homme a réagi, ce mercredi 11 mars 2026, au communiqué publié la veille par l’ONG Amnesty International concernant des personnes arrêtées et condamnées dans le contexte de l’élection présidentielle d’octobre 2025. Dans une déclaration officielle, le Directeur des Droits de l’Homme, Delbé Zirignon Constant, conteste les accusations de l’organisation et défend la régularité des procédures judiciaires engagées.
Selon les autorités ivoiriennes, les personnes mentionnées dans le communiqué d’Amnesty International ont été poursuivies et jugées dans le strict respect de la loi. Le ministère précise qu’elles ont été condamnées pour des faits de troubles à l’ordre public liés à des attroupements consécutifs à l’élection présidentielle.
Le communiqué souligne que ces personnes ont bénéficié de toutes les garanties prévues dans le cadre d’un procès équitable. Le Directeur des Droits de l’Homme rejette ainsi les affirmations de l’ONG selon lesquelles ces individus auraient été « arrêtés sans fondement » ou « condamnés de manière inéquitable », estimant qu’il s’agit d’« un jugement de valeur inapproprié ».
Les autorités rappellent également que le droit à un double degré de juridiction est garanti en Côte d’Ivoire. À ce titre, les personnes condamnées ont exercé leur droit d’appel contre les décisions prononcées à leur encontre. Le ministère insiste sur le fait que l’examen de ces recours relève désormais de la compétence des juridictions saisies. Il souligne que ce n’est donc pas aux autorités politiques de statuer sur le bien-fondé des condamnations, mais à la justice, dans le respect des procédures judiciaires en vigueur.
La réaction officielle aborde également la situation des femmes enceintes détenues, évoquée par Amnesty International. Le ministère affirme qu’aucune femme privée de liberté en Côte d’Ivoire n’est placée dans un environnement incompatible avec le bon déroulement d’une grossesse.
Selon les données fournies par les autorités, quinze femmes enceintes ont été détenues pour diverses infractions depuis le début de l’année 2025. Parmi elles, cinq ont accouché durant leur détention.
Le communiqué assure que toutes ont bénéficié d’un suivi médical régulier ainsi que de l’assistance des services sociaux.
À ce jour, huit femmes enceintes seraient encore détenues dans le pays. Les autorités s’interrogent sur le fait qu’Amnesty International ne se soit préoccupée, dans son communiqué, que du sort de trois d’entre elles.
Le Directeur des Droits de l’Homme estime que mettre l’accent uniquement sur certains cas pourrait être interprété comme un traitement différencié entre des personnes se trouvant dans une situation similaire.
Le ministère invite ainsi l’organisation à éviter toute « fixation » sur des cas particuliers, suggérant que l’attention devrait porter sur l’ensemble des détenues concernées.
Cette prise de position intervient dans un contexte politique encore marqué par les tensions liées à la présidentielle d’octobre 2025. Plusieurs organisations de défense des droits humains continuent de suivre de près la situation des personnes arrêtées dans la période post-électorale.
Par cette déclaration, le ministère de la Justice entend réaffirmer la position du gouvernement ivoirien sur la régularité des procédures judiciaires engagées et sur le respect des droits des personnes détenues.
Wassimagnon
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