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Cameroun : Le parlement en congrès pour créer un poste de Vice-président
 

Cameroun : Le parlement en congrès pour créer un poste de Vice-président

 
 
 
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© Koaci.com - jeudi 02 avril 2026 - 14:27


Réuni en congrès pour la sixième fois de son histoire, le Parlement camerounais a voté ce 2 d'avril 2026 un texte portant modification de la constitution et instaurant un poste de Vice-Président de la République.


Le Parlement, dominé à large majorité par le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), parti au pouvoir depuis des décennies, examine ce texte dans un contexte politique particulier. Cette réforme s'inscrit dans le prolongement direct du discours de prestation de serment du Président Paul Biya, le 6 novembre 2025, lors duquel il avait solennellement annoncé que « nous devrons également soumettre au Parlement certaines réformes permettant un fonctionnement plus efficient de l'État, grâce à une adaptation de nos institutions aux exigences de notre environnement ». La promesse est désormais tenue, du moins sur le plan formel.


 


Ce que dit le texte


Le texte voté modifie notamment les articles 5, 6, 7, 10, 53 et 66 de la Constitution. Dans sa nouvelle rédaction, l'article 5 dispose que le Président de la République « peut être assisté d'un Vice-Président », tandis que l'article 6 précise que « la durée des fonctions du Vice-Président ne peut excéder celle du mandat du Président ».


Selon le nouveau texte, le Président de la République nomme le Vice-Président et peut, à tout moment, mettre fin à ses fonctions. Les attributions exercées par ce dernier sont celles que lui confère le Chef de l'État dans le cadre d'une délégation expresse.


Par ailleurs, en cas de vacance du pouvoir présidentiel, le Vice-Président achève le mandat du Président de la République, après prestation de serment dans les mêmes formes et conditions que celles du Président. Il nomme à son tour un Vice-Président pour l'assister.


 

Si le Vice-Président est lui-même empêché, ou si le poste n'est pas pourvu, le Président du Sénat assure l'intérim et un scrutin présidentiel est organisé.


Le Vice-Président est soumis au même régime d'incompatibilités que le Président, est justiciable de la Haute Cour de Justice, et est astreint à la déclaration de ses biens et avoirs.


Son régime d'immunités, de privilèges et d'avantages sera fixé ultérieurement par une loi.


Reforme


Si le texte est présenté comme une avancée institutionnelle, nombre d'observateurs politiques estiment qu'il ne bouleverse pas fondamentalement l'équilibre du pouvoir au Cameroun. Ferdinand Ngoh Ngoh, Secrétaire Général de la Présidence de la République (SGPR) depuis de nombreuses années, exerçait déjà, dans les faits, des prérogatives assimilables à celles d'un vice-président. Cette constitutionnalisation du poste ne fait donc, selon certains analystes, que formaliser une pratique déjà bien établie.


Plus significatif encore, cette réforme offre au Président de la République une plus grande souplesse dans la gestion de sa succession constitutionnelle. Sous l'ancien dispositif, c'est le Président du Sénat qui assurait automatiquement l'intérim en cas de vacance du pouvoir. Désormais, le Chef de l'État peut désigner — et révoquer — à tout moment celui qui lui succèderait en cas d'empêchement, lui conférant ainsi un contrôle inédit sur la continuité de l'État.


En d'autres termes, les pouvoirs dévolus au Vice-Président sont équivalents à ceux que détenait jusqu'ici le Président du Sénat dans le cadre de la suppléance — à la différence essentielle que ce successeur est désormais une créature directe de l'Exécutif, nommée et révocable par le seul Président.


Impact


 

La révision constitutionnelle emportera mécaniquement la modification d'au moins deux textes législatifs en vigueur : la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant Code électoral, notamment ses dispositions relatives à la prestation de serment et à la vacance à la Présidence, ainsi que la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et fonctionnement du Conseil Constitutionnel, s'agissant de la constatation de la vacance.


Ses promoteurs font valoir que la création d'un poste de Vice-Président permettra de disposer d'un tandem présidentiel renforçant l'efficacité dans la conduite des affaires de l'État, d'élever le niveau de représentation internationale du Cameroun, et surtout d'éviter le coût — humain et budgétaire — d'une élection présidentielle anticipée en cas de vacance imprévue.


Ses détracteurs, eux, y voient une réforme taillée sur mesure pour permettre à Paul Biya en place depuis bientôt 44 ans de contrôler sa propre succession, sans passer par le verdict des urnes.


 


-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.


-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au 237 691154277-ou cameroun@koaci.com


 
 
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