Côte d'Ivoire : Alcool, drogues, suicides..., Alpha Diallo propose un plan national d'urgence pour sauver la jeunesse ivoirienne
Alpha Diallo
Dans une lettre ouverte adressée au Premier ministre Robert Beugré Mambé et au ministre de la Défense Téné Birahima Ouattara, Alpha Diallo, président de l’Alliance Démocratique Africaine (ADA), tire la sonnette d’alarme sur ce qu’il qualifie d’« urgence silencieuse, mais explosive » : la santé mentale et les dépendances, en particulier chez les jeunes.
Pour Alpha Diallo, la question dépasse largement le cadre d’un simple débat de société. Il s’agit, selon lui, d’un enjeu central de santé publique, mais aussi de sécurité, d’éducation et de productivité nationale. Il met en lumière une réalité souvent ignorée ou minimisée : la progression des troubles psychologiques tels que la dépression, l’anxiété, le burn-out, les traumatismes ou encore les idées suicidaires.
Ces pathologies, souligne-t-il, sont fréquemment liées ou associées aux dépendances, et restent encore largement entourées de honte et de silence. « Les familles se retrouvent seules, sans solution claire », déplore-t-il, évoquant des jeunes qui « basculent puis disparaissent des radars ».
L’un des points critiques soulevés dans cette lettre concerne l’accessibilité des substances addictives. L’alcool, décrit comme « banal, omniprésent et peu coûteux », est souvent disponible à proximité des établissements scolaires. Parallèlement, la circulation de drogues, avec des points de vente identifiés, accentue les risques.
Face à cette situation, Alpha Diallo estime que la réponse actuelle est insuffisante, notamment en raison du manque de structures adaptées. Lorsqu’un individu sombre dans la dépendance ou traverse une crise psychologique, les familles se heurtent à trois questions essentielles : où aller immédiatement, qui peut prendre en charge, et que faire après l’urgence ? Trop souvent, constate-t-il, ces réponses restent floues.
Proposition d’un réseau national structuré
Pour répondre à cette crise, le président de l’ADA propose la mise en place d’un réseau national de prise en charge, reposant sur trois niveaux. Il s'agit, des centres de stabilisation, accessibles rapidement, capables d’accueillir les personnes en crise, de les sécuriser et de les orienter sans délai, des centres de désintoxication spécialisés, dotés d’équipes formées, de protocoles médicaux rigoureux et d’un accompagnement psychologique complet.
L’objectif est clair : traiter la dépendance comme une maladie, et non comme une faute et des dispositifs de réhabilitation et de réinsertion, incluant formation professionnelle, activités sportives encadrées, service civique et suivi post-traitement pour prévenir les rechutes.
Selon lui, un seul grand centre ne suffirait pas. Il plaide pour un maillage territorial avec un centre de référence à Abidjan et des antennes régionales, ainsi qu’un système national d’orientation, « un numéro, une porte, une solution », permettant une réponse immédiate aux familles.
Agir aussi sur les causes sociales
Au-delà de la prise en charge médicale, Alpha Diallo insiste sur la nécessité d’une approche globale. Il identifie plusieurs facteurs à l’origine des dépendances et troubles mentaux : ennui, pression sociale, chômage, fatigue chronique et absence de cadre structurant.
Dans cette optique, il propose de renforcer les programmes sportifs encadrés, les compétitions interrégionales et les initiatives communautaires. « Le sport n’est pas un slogan, c’est un protocole de reconstruction », affirme-t-il, le présentant comme un outil clé de prévention et de réinsertion.
Un appel à une action politique structurée
En conclusion, Alpha Diallo appelle les autorités à adopter une approche pragmatique et organisée. « Une nation performante ne laisse pas une partie de sa jeunesse se brûler en silence », écrit-il, soulignant qu’un État fort ne se limite pas à moraliser, mais doit structurer des réponses concrètes.
Cette lettre s’inscrit, selon lui, dans une logique de contribution citoyenne et politique. À travers l’ADA, il affirme vouloir « mettre sur la table des solutions prêtes » pour accompagner l’action gouvernementale. Un appel qui relance le débat sur la place de la santé mentale dans les politiques publiques ivoiriennes, à un moment où les défis sociaux et générationnels deviennent de plus en plus visibles.
Wassimagnon
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