Cameroun : Yaoundé, le pape Léon XIV appelle à la paix, la justice et à la responsabilité
Léon XIV ce mercredi à Yaoundé
Dans sa première déclaration devant les autorités, la société civile et le corps diplomatique, le pape Léon XIV a placé au cœur de son message la nécessité d’une paix durable, fondée sur la justice, le dialogue et la responsabilité partagée.
Dès l’ouverture, le souverain pontife a salué la richesse humaine et culturelle du Cameroun, souvent qualifié « d’Afrique en miniature ». Loin d’y voir une fragilité, il a insisté sur le fait que « cette variété n’est pas une faiblesse, mais un trésor », capable de devenir « une promesse de fraternité » et un socle solide pour construire une paix durable.
Mais ce message d’espérance s’est accompagné d’un regard lucide sur les réalités du pays. Évoquant les tensions et violences qui affectent plusieurs régions, le pape a rappelé les souffrances humaines qu’elles engendrent : vies perdues, familles déplacées, jeunes privés d’avenir. Face à ces drames, il a lancé un appel sans ambiguïté à « rejeter la logique de la violence et de la guerre » pour « embrasser une paix fondée sur l’amour et la justice ». Il a insisté sur l’urgence d’une paix « désarmée et désarmante », capable de restaurer la confiance et de guérir les blessures.
S’adressant directement aux responsables politiques et institutionnels, Léon XIV a souligné la lourde responsabilité qui leur incombe. Gouverner, a-t-il rappelé, ne signifie pas dominer mais servir. « Ceux qui commandent sont au service de ceux qu’ils semblent commander », a-t-il déclaré, invitant à une gouvernance fondée sur l’intégrité, l’écoute et le souci du bien commun. Dans cette perspective, il a plaidé pour des institutions « justes et crédibles », tout en dénonçant avec fermeté les dérives liées à la corruption, appelant à « briser les chaînes » qui minent la confiance publique.
Le pape a également salué le rôle de la société civile dans la construction de la paix. Associations, organisations humanitaires, responsables religieux et traditionnels apparaissent, selon lui, comme des acteurs de première ligne. Leur proximité avec les populations et leur engagement dans la médiation et l’accompagnement des victimes en font des piliers indispensables de la cohésion sociale. « La société civile doit être considérée comme une force vitale », a-t-il affirmé.
Une attention particulière a été accordée aux jeunes et aux femmes. Léon XIV a décrit la jeunesse comme une richesse et une espérance pour le pays, tout en mettant en garde contre les dangers du chômage et de l’exclusion. Investir dans l’éducation et l’emploi constitue, selon lui, « un choix stratégique pour la paix ». Quant aux femmes, souvent en première ligne face aux violences, il a salué leur rôle déterminant dans la reconstruction du tissu social, appelant à une reconnaissance accrue de leur voix dans les processus de décision.
Il a rappelé que la paix véritable ne peut se limiter à des accords ou à des slogans, mais qu’elle exige une transformation intérieure et un engagement moral. Le dialogue interreligieux et le respect des différences ont été présentés comme des leviers essentiels pour prévenir les tensions et bâtir une société plus harmonieuse.
Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.
-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au 237 691154277-ou cameroun@koaci.com
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