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Côte d'Ivoire : Duékoué, Nahibly…, la mémoire meurtrie du peuple Wê réclame justice et vérité
 

Côte d'Ivoire : Duékoué, Nahibly…, la mémoire meurtrie du peuple Wê réclame justice et vérité

 
 
 
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© Koaci.com - dimanche 26 avril 2026 - 18:29


Plus de vingt ans après les premières violences, victimes et organisations appellent l’État à reconnaître les faits, juger les responsables et engager une véritable réconciliation.


Dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, le temps n’a pas refermé les blessures. Depuis 2002, les populations Wê, installées notamment dans les départements de Duékoué, Guiglo, Taï, Bloléquin et Bangolo, dénoncent une succession de violences meurtrières restées, pour beaucoup, sans réponse judiciaire ni reconnaissance officielle.


À travers un appel solennel adressé aux autorités ivoiriennes, aux organisations de défense des droits humains et à la communauté internationale, des voix s’élèvent dont celle de Achille Dodé, cadre de Duékoué pour exiger « justice, vérité et dignité » pour les victimes de cette longue crise.


Les premières exactions remontent à la rébellion armée de 2002-2003, qui a profondément déstabilisé l’ouest du pays. Selon plusieurs témoignages et bilans évoqués par des acteurs locaux, plus de 200 personnes auraient été tuées et environ 900 portées disparues dans les zones à forte population Wê. Des villages entiers auraient été vidés, provoquant d’importants déplacements de civils. En juin 2005, la région de Duékoué est de nouveau le théâtre de violences intercommunautaires. Le bilan officiel fait état de plus de 100 morts, auxquels s’ajoutent au moins 50 victimes supplémentaires lors d’un conflit foncier survenu le 2 juin de la même année. Mais c’est la crise post-électorale de 2010-2011 qui marque le point culminant des violences. Entre le 27 et le 29 mars 2011, la ville de Duékoué connaît l’un des épisodes les plus tragiques de l’histoire récente du pays.


Plusieurs sources évoquent un bilan de plus de 1 000 morts en l’espace de trois jours.


Quelques mois plus tard, le 20 juillet 2012, le camp de déplacés de Nahibly, censé offrir refuge aux populations ayant fui les violences, est attaqué. Plus de 100 personnes y trouvent la mort, selon des estimations largement relayées par des organisations de défense des droits humains.


Au-delà des chiffres, c’est surtout l’absence de justice qui cristallise les frustrations. Les auteurs de l’appel dénoncent une « impunité persistante » et un manque de volonté politique pour faire toute la lumière sur ces événements.


 

« La justice ne peut être sélective. Elle ne doit pas dépendre de l’appartenance politique réelle ou supposée des victimes », souligne, Achille Dodé, cadre de Duékoué dans un document, qui interpelle directement les autorités ivoiriennes.


Certains observateurs pointent également la complexité du contexte, marqué par des tensions foncières, des rivalités communautaires et les séquelles d’un conflit politico-militaire qui a profondément fragmenté le pays.


Face à cette situation, il formule plusieurs demandes précises, la reconnaissance officielle des massacres survenus depuis 2002, l’ouverture d’enquêtes judiciaires indépendantes, la mise en place de mécanismes de réparation pour les victimes, l’instauration d’un programme de réconciliation jugé « sincère et inclusif » et le renforcement des dispositifs de prévention des conflits. 


Il appelle également les organisations internationales, notamment les ONG de défense des droits humains, à intensifier leurs efforts de documentation et de plaidoyer.


Plus d’une décennie après la fin de la crise post-électorale, la Côte d’Ivoire a engagé plusieurs initiatives de réconciliation nationale. Toutefois, pour de nombreuses victimes, ces efforts restent insuffisants tant que la question de la justice n’est pas pleinement traitée.


« Une paix durable ne peut se construire sans vérité ni justice », estime l'auteur de l’appel, qui met en garde contre les risques d’une mémoire collective non apaisée.


Dans un pays où une nouvelle génération a grandi dans l’ombre de ces événements, la transmission de cette mémoire constitue un enjeu majeur pour la stabilité future.


 

Malgré la douleur, certains témoignages évoquent une volonté de tourner la page, sans pour autant oublier. « Le pardon est possible, mais il ne peut se substituer à la reconnaissance des faits », résume un observateur local.


Alors que la Côte d’Ivoire poursuit son développement économique et politique, la question de la justice pour les victimes des violences passées demeure un test crucial pour l’État de droit et la cohésion nationale.



Wassimagnon




 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
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