Nigeria : Yakubu Gowon écrit et revient sur le coup d'Etat qui l'a renversé en 1975, son ultime appel
Yakubu Gowon, lors de la cérémonie de dédicace de son livre (ph)
L’ancien chef d'État militaire du Nigeria, le Général à la retraite Yakubu Gowon, a révélé comment des officiers en qui il avait confiance et sur lesquels il comptait pour transformer le pays se sont finalement retournés contre lui pour le renverser le 29 juillet 1975.
Gowon est revenu sur cette affaire à la faveur d’un livre « Ma vie de devoir et d'allégeance » qu’il a dédicacé le mardi 19 mai 2026 à Abuja dans le but de rétablir la vérité sur les décisions clés prises durant son mandat, notamment la guerre civile, plutôt que de raviver de vieilles rancœurs.
Ce fut en présence d'éminentes personnalités politiques, civiles et militaires dont le Vice-président du Nigeria, Kashim Shettima, l'ancien chef d'État, le Général Abdulsalam Abubakar ; l'ancien Président Goodluck Jonathan; la représentante de la Première dame du Nigeria, Oluremi Tinubu.
Aperçu du livre
Dans son livre autobiographique de 881 pages, Gowon relate son enfance, son ascension à la présidence et les décisions difficiles qu'il a dû prendre pour maintenir l'unité nationale pendant la guerre civile.
Au-delà de la politique, le récit explore également les thèmes de la foi, du service et de la réconciliation, révélant les valeurs qui ont guidé Gowon tout au long de sa vie.
L’auteur est revenu sur comment son chef de sécurité, D. Yusuf, l'a averti après des renseignements que certains officiers préparaient un coup d'État avant le sommet de l'OUA.
Pré-rapport sur le Coup
Selon Gowon, son chef de la sécurité a identifié deux officiers, Joseph Garba, alors commandant de l'Unité des gardes fédéraux, et Anthony Ochefu, alors magistrat de la police militaire nigériane, comme figures clés du complot présumé.
Tout en révélant avoir été surpris par cette révélation, Gowon a déclaré que ces deux hommes mentionnés étaient des personnes de référence en qui il avait une confiance totale.
L'ancien chef d'État a déclaré avoir convoqué les deux officiers après avoir reçu le rapport mais que seul Garba a répondu à l'invitation et que Ochefu ne s’était jamais présenté.
Malgré les avertissements, Gowon a déclaré s'être tout de même rendu en Ouganda où il avait confirmé sa participation au sommet.
Le jour du Coup et les meneurs
L'ancien chef d'État Gowon a été renversé le 29 juillet 1975 alors qu'il assistait au 12e sommet de l'Organisation de l'Unité africaine (OUA) à Kampala, en Ouganda.
Il a été informé de la situation dans son pays par le Président hôte du sommet de l’OUA, Idi Amin, par une dépêche de l’agence Reuters annonçant le Coup d’Etat.
L'annonce a été faite à la radio discrètement, aucun coup de feu dans les rues. Les nigérians se sont réveillés le 29 juillet 1975 et ont appris que le pays a un nouveau dirigeant. Gowon a dirigé le pays de 1966 à 1975, soit près de neuf ans.
Ce coup d'État porta le Général de brigade Murtala Muhammed à la tête du Nigeria et le Général de brigade Olusegun Obasanjo devint le chef d'Etat-major de l’Armée. L'Armée avait initialement justifié son intervention en politique après le chaos qui a suivi la chute de la Première République et le coup d'État de janvier 1966.
Ultime appel pour l’unité
En tournant la page des tumultes qu’a connu le pays, l'ancien chef d'État et auteur a d’abord statué que le Nigeria n'a pas sombré sous sa présidence avant de présager que le Nigeria surmontera ses défis actuels et restera uni malgré les difficultés économiques et sécuritaires auxquelles le pays est confronté.
Selon lui, sa foi en l'unité et l'avenir du Nigeria est restée inébranlable depuis son départ du pouvoir. En ce sens, il a déclaré que « Durant mon mandat de chef d'État, le pays n'a pas sombré, et je reste convaincu que, malgré tous les défis, le Nigeria ne s'effondrera pas ». Il a exhorté les nigérians à ignorer ceux qui dépeignent constamment le pays en termes négatifs, affirmant que le Nigeria a encore le potentiel de s'améliorer et d'occuper la place de géant en Afrique.
Gowon s'est également penché sur le climat politique à l'approche des élections de 2027, appelant à la retenue de la part des acteurs politiques. Il a exhorté les nigérians à « s'efforcer de contenir le désespoir souvent manifesté par la classe politique », qui, selon lui, se traduit fréquemment par une politique du tout ou rien et compromet la crédibilité des élections, y compris les scrutins internes aux partis.
Mensah,
Correspondant permanent de KOACI au Ghana, Togo et Nigeria
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