Côte d'Ivoire : Industrie minière, la CPU-PME propose de transformer l'orpaillage informel en moteur d'emploi, d'entrepreneuriat et de restauration environnementale
Face à l’ampleur prise par l’orpaillage en Côte d’Ivoire, le président de la CPU-PME, Dr Elias-Farakhan Moussa Diomandé, appelle à dépasser la seule logique répressive. Il plaide pour une transformation profonde de cette économie informelle en une filière structurée de PME minières, de services et de restauration environnementale, capable de créer des emplois durables et de contribuer davantage à l’économie nationale.
L’orpaillage n’est plus une activité marginale en Côte d’Ivoire. Selon les estimations du ministère des Mines, il concerne plus de 500 000 personnes, un chiffre qui pourrait aujourd’hui être largement dépassé au regard de l’évolution du secteur. Ces ordres de grandeur témoignent du poids considérable de cette activité dans l’économie informelle et dans l’emploi du pays.
Pour le président de la CPU-PME, Dr Elias-Farakhan Moussa Diomandé, cette réalité impose de repenser la réponse publique à l’orpaillage. Si la lutte contre les activités illégales demeure nécessaire, elle ne saurait, à elle seule, apporter une réponse durable à un phénomène qui fait vivre des centaines de milliers de personnes.
« Notre responsabilité ne doit donc pas être uniquement de combattre l’illégalité », souligne le président de la CPU-PME. L’enjeu, selon lui, est de transformer une économie informelle massive en une économie formelle, productive, responsable et créatrice de valeur pour la Nation.
Cette approche suppose notamment d’accompagner progressivement les acteurs de l’orpaillage vers la formalisation. Il s’agit de professionnaliser les métiers, d’améliorer les pratiques d’exploitation et de créer un environnement économique permettant aux acteurs de développer des activités légales et pérennes.
Dans cette perspective, l’objectif serait de faire émerger une véritable filière nationale de PME minières et environnementales, intégrant non seulement les activités directement liées à l’exploitation minière, mais également l’ensemble des métiers et services nécessaires à leur encadrement.
La formalisation pourrait ainsi ouvrir la voie à la création de PME spécialisées dans l’exploitation minière responsable, les services aux entreprises minières, la gestion des sites, la sécurité, la logistique, ainsi que dans la restauration des terres dégradées.
« Comment transformer ces centaines de milliers d’acteurs en entrepreneurs formels, en PME minières, en entreprises de services et en PME spécialisées dans la restauration des terres et la réparation environnementale ? », interroge Dr Elias-Farakhan Moussa Diomandé.
Cette mutation économique permettrait, à terme, de faire évoluer une partie des acteurs de l’orpaillage vers des activités encadrées et génératrices de valeur. Elle contribuerait également à professionnaliser un secteur aujourd’hui marqué par une forte informalité.
Au-delà de la question économique, l’enjeu est également environnemental. L’orpaillage illégal participe à la dégradation des terres et des écosystèmes. Selon le président de la CPU-PME, s’il n’est pas nécessairement la première cause de perte forestière en volume, il se distingue par l’intensité de ses impacts sur les espaces exploités.
« Il figure parmi les activités les plus destructrices par hectare et présente une particularité majeure : il ne se contente pas d’occuper le sol, il le déstructure et le dégrade profondément », fait-il valoir.
Cette réalité appelle, selon lui, une politique de restauration des sites dégradés. La réparation environnementale pourrait elle-même devenir un secteur économique à part entière, avec l’émergence de PME spécialisées dans la remise en état des sols, la restauration des espaces exploités et la réhabilitation des sites miniers.
La réflexion portée par la CPU-PME propose ainsi de passer d’une approche centrée exclusivement sur la répression à une stratégie combinant formalisation, production, accompagnement entrepreneurial et réparation environnementale.
Il ne s’agit pas de banaliser l’exploitation illégale des ressources naturelles, mais de s’attaquer à ses causes économiques et sociales tout en créant des alternatives structurées pour les acteurs concernés.
Pour Dr Elias-Farakhan Moussa Diomandé, cette transformation constitue une opportunité de bâtir une nouvelle génération d’entreprises ivoiriennes capables de participer au développement du secteur minier tout en contribuant à la préservation et à la restauration de l’environnement.
L’ambition est donc clairement affichée : faire passer progressivement l’orpaillage d’une économie largement informelle à une filière nationale structurée de PME minières, de services et de restauration environnementale.
Une mutation résumée par une formule forte du président de la CPU-PME : « De l’économie de la destruction à l’économie de la formalisation, de la production et de la réparation. »
Wassimagnon
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