Côte d'Ivoire : Le nouveau prix du cacao ravive la colère du monde paysan, sept organisations agricoles dénoncent un « statu quo » et réclament des mesures d'urgence
La fixation à 1 200 FCFA le kilogramme pour le cacao et 1 300 FCFA pour le café, au titre de la campagne principale 2026-2027, suscite une vive déception chez les organisations professionnelles agricoles de la filière. Dans une déclaration rendue publique le 3 septembre 2026, sept organisations dénoncent un prix qu’elles jugent insuffisant au regard de la situation des producteurs et formulent trois propositions, dont l’enlèvement des stocks encore détenus par les producteurs et la mise en place d’un comité paritaire avec l’État.
Les nouveaux prix officiels d’achat bord champ du café et du cacao pour la campagne principale 2026-2027 sont loin de satisfaire les principales organisations professionnelles agricoles de la filière.
Annoncés le mardi 1er septembre 2026 par le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Koné Nabagné Bruno, à l’occasion des Journées nationales du café-cacao (JNCC), ces prix ont été fixés à 1 200 FCFA/kg pour le cacao et 1 300 FCFA/kg pour le café.
Pour les sept organisations signataires d’une déclaration publiée le jeudi 3 septembre à Abidjan, cette décision traduit un « statu quo » préoccupant pour le monde paysan.
Les organisations professionnelles agricoles relèvent en particulier que le prix de 1 200 FCFA/kg constitue une reconduction du prix appliqué lors de la campagne intermédiaire 2025-2026.
Cette situation est d’autant plus décevante à leurs yeux qu’elle intervient après le prix record de 2 800 FCFA/kg annoncé pour la campagne principale précédente par le président de la République, prix qui, selon elles, n’a finalement pas pu être respecté dans les conditions attendues par les producteurs.
« Rien n’a changé ! », estiment les organisations signataires, qui considèrent que les producteurs ivoiriens de café et de cacao restent confrontés à une situation de crise, voire de précarité.
Elles rappellent que ces producteurs constituent pourtant « les fers de lance de la croissance économique nationale».
Pour les organisations agricoles, le nouveau prix annoncé ne permet donc pas, à lui seul, de répondre aux difficultés accumulées dans les exploitations depuis la forte baisse des revenus des producteurs.
Dans leur déclaration, les organisations reviennent également sur la crise ayant marqué la campagne 2025-2026.
Selon les chiffres qu’elles avancent, 123 000 tonnes de cacao avaient été inventoriées par l’État afin de contribuer au règlement de la situation. Sur ce volume, 100 000 tonnes auraient bénéficié d’une subvention évaluée à 291 milliards de FCFA.
Mais à la date de leur déclaration, les organisations indiquent que 23 000 tonnes de cacao inventoriées au titre de la campagne 2025-2026 restent encore entre les mains des producteurs.
Elles évaluent la valeur correspondante à 66,7 milliards de FCFA. À cela s’ajoute, selon elles, un autre problème lié à l’exécution de l’opération portant sur les 100 000 tonnes subventionnées. Les organisations font état de plus de 7 000 tonnes d’écart non reversées aux producteurs, représentant une valeur estimée à 20,3 milliards de FCFA, qui se trouveraient encore dans les caisses du Conseil du café-cacao.
Ces chiffres, avancés par les organisations professionnelles agricoles, constituent pour elles un élément majeur de la crise actuelle et justifient la mise en œuvre de mesures urgentes.
Face à cette situation, les sept organisations formulent trois propositions qu’elles qualifient de « capitales ».
La première consiste à demander l’enlèvement de l’ensemble des stocks inventoriés de la campagne intermédiaire 2025-2026 qui se trouvent toujours entre les mains des producteurs.
Cette mesure vise, selon elles, à permettre aux producteurs concernés de récupérer les revenus liés à leurs stocks et à éviter une aggravation de leurs difficultés financières.
Deuxième proposition : les organisations demandent une audience auprès des autorités étatiques compétentes afin de mettre en place un comité paritaire État-Organisations professionnelles agricoles.
Ce cadre de concertation aurait pour mission d’étudier la situation et de rechercher des solutions permettant d’assurer le bon déroulement de la campagne principale 2026-2027.
Enfin, les organisations réclament l’octroi d’une subvention aux producteurs et à leurs organisations afin d’éviter, selon leurs termes, « l’asphyxie du monde paysan » face aux nouveaux prix fixés.
Malgré leur déception, les sept organisations professionnelles agricoles affirment vouloir privilégier le dialogue avec les autorités.
Elles assurent l’État de leur disponibilité à travailler à la recherche d’une solution durable aux difficultés qui affectent les producteurs de café et de cacao.
L’objectif affiché est de « ramener le calme, la sérénité et la quiétude chez tous les producteurs ».
À travers cette déclaration, les organisations entendent ainsi ouvrir un nouveau chapitre de discussions avec le gouvernement sur les conditions économiques de la campagne 2026-2027.
La question du prix bord champ reste au cœur des préoccupations, mais les organisations mettent également en avant le problème des stocks de la campagne précédente, les sommes qu’elles estiment encore dues aux producteurs et la nécessité d’un mécanisme de concertation permanent avec l’État.
La déclaration, datée du 3 septembre 2026 à Abidjan, est signée par sept organisations professionnelles agricoles. Il s'agit du CRC, du CNMA-CI, du SYNARFACI, du SYPRODACI, du SYNAPROCCACI, de l'UNAJEPACI et du SYNEMACCI.
À travers cette prise de position commune, elles souhaitent faire entendre la voix des producteurs au moment où s’ouvre la campagne principale 2026-2027 et appellent les autorités à prendre des mesures complémentaires au nouveau prix officiel afin de préserver les revenus et la viabilité des exploitations de café et de cacao.
Wassimagnon
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