Côte d'Ivoire : Futur gouvernement, comment des ministres se réfugient derrière le lobbying médiatique pour mettre la pression à Ouattara
En Côte d’Ivoire, la dissolution du gouvernement intervenue mercredi dernier, à la suite des élections législatives, ouvre une période de transition politique marquée par de fortes manœuvres en coulisses. En attendant la nomination d’un nouveau Premier ministre et la formation de la prochaine équipe gouvernementale, les membres du gouvernement sortant expédient les affaires courantes, tout en tentant, pour certains, de se repositionner dans la future architecture du pouvoir.
Depuis l’annonce officielle de la dissolution, un phénomène retient particulièrement l’attention des observateurs : une floraison d’articles élogieux dans la presse locale mettant en avant les performances de certains ministres sortants. « Il est le meilleur ministre depuis sa prise de fonction », peut-on lire dans plusieurs publications, dans un ton unanimement laudateur.
Si les noms des ministres concernés ne sont pas toujours explicitement cités, la démarche semble claire : soigner son image publique au moment décisif.
Selon plusieurs sources proches du sérail politique ivoirien, cette campagne médiatique serait financée par les ministres eux-mêmes, conscients de l’incertitude qui plane sur leur avenir politique. L’objectif est double : rappeler leur bilan à l’opinion publique et envoyer un message indirect au chef de l’État, Alassane Ouattara, seul véritable arbitre de la future composition gouvernementale.
Reste à savoir si cette stratégie portera ses fruits. Dans un contexte où le président ivoirien a souvent revendiqué une gouvernance axée sur l’efficacité et les résultats, l’impact réel d’une communication médiatique flatteuse demeure incertain.
Pour de nombreux analystes, ces opérations relèvent davantage d’un réflexe de survie politique que d’un véritable levier de décision.
Parallèlement à cette offensive communicationnelle, une autre voix se fait entendre dans le débat public. Des observateurs de la vie politique ivoirienne plaident ouvertement pour un profond renouvellement de l’équipe gouvernementale. Ils estiment que certains ministres, présents sans discontinuer dans les gouvernements successifs depuis l’accession d’Alassane Ouattara au pouvoir, incarnent une forme d’usure politique et symbolique.
Pour ces observateurs, la nouvelle législature devrait être l’occasion d’insuffler un vent de renouveau, tant en termes de profils que de pratiques. Ils appellent à l’intégration de nouvelles compétences, à une meilleure représentativité générationnelle et à une rupture avec ce qu’ils considèrent comme une reconduction automatique de figures installées.
La question centrale demeure donc : le président Alassane Ouattara accédera-t-il à ces attentes de renouvellement, ou privilégiera-t-il la continuité et l’expérience au sein de son prochain gouvernement ?
Fidèle à son style, le chef de l’État pourrait surprendre, en opérant un savant équilibre entre stabilité politique et ouverture à de nouveaux visages.
En attendant l’annonce officielle de la nouvelle équipe gouvernementale, le climat reste empreint d’incertitude et de spéculations. Une chose est sûre : la future mouture du gouvernement sera scrutée de près, tant par l’opinion publique que par les acteurs politiques, comme un indicateur fort des orientations à venir du pouvoir ivoirien.
Wassimagnon
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