Côte d'Ivoire : Garde à vue pour l'activiste Jean François Kouassi après des accusations infondées sur Anne Ouloto
Jean-François Kouassi au Plateau (Ph Koaci)
L’interpellation de Jean‑François Kouassi le jeudi 8 janvier 2026 à Abidjan suscite de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux et dans les milieux politiques. Le jeune activiste, connu pour ses publications incisives en ligne, a été placé en garde à vue au commissariat du 1er arrondissement du Plateau, sans qu’aucune communication officielle n’ait, pour l’instant, précisé les raisons exactes de cette mesure.
Dans plusieurs messages largement relayés, il dénonçait ce qu’il considère comme des dérives dans la gestion de la fonction publique, affirmant que certains recrutements se feraient en marge des procédures officielles.
Ses accusations visaient notamment Anne Désirée Ouloto, à propos de laquelle il réclamait publiquement une audition, l’accusant d’être liée à l’organisation de recrutements qu’il qualifiait de « secrets » et réservés à des proches. Dans une publication antérieure, il affirmait refuser toute banalisation de telles pratiques, estimant qu’elles porteraient atteinte à l’égalité des citoyens devant l’État.
Au-delà des personnes nommément citées, l’activiste mettait surtout en avant un malaise plus large touchant la jeunesse ivoirienne. Selon lui, de nombreux jeunes se sentiraient contraints d’adhérer au Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix, non par choix idéologique, mais par nécessité, l’appartenance au parti au pouvoir étant perçue comme un passage quasi obligé pour accéder à un emploi dans le secteur public.
C’est d’ailleurs par une courte publication sur sa page Facebook que Jean-François Kouassi a lui-même annoncé être « aux arrêts » au Plateau, sans fournir davantage de détails sur les circonstances de son interpellation. Depuis, ses soutiens dénoncent un possible lien entre sa garde à vue et ses prises de position publiques, tandis que d’autres appellent à attendre les éclaircissements des autorités.
À ce stade, l’activiste demeure détenu au commissariat du Plateau, dans l’attente d’une éventuelle suite judiciaire. En l’absence d’informations officielles, cette affaire ravive le débat sur les limites de la liberté d’expression, le rôle des réseaux sociaux dans le débat politique et les perceptions d’équité dans l’accès à l’emploi public en Côte d’Ivoire.
Jean Chresus, Abidjan
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