Côte d'Ivoire : Bruno Koné (2018-2025), des années de réformes structurantes pour transformer durablement le foncier, le logement et l'urbanisme
Bruno Koné sur terrain (Ph Koaci)
De 2018 à 2026, l’action de Bruno Koné à la tête du ministère de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme s’est inscrite dans un contexte de forte transition urbaine, marqué par une croissance démographique soutenue, une urbanisation accélérée et une pression sans précédent sur le foncier et le logement. Avec une population nationale estimée à 29,3 millions d’habitants et un taux d’urbanisation passé de 32 % en 1975 à 52,5 % en 2021, la Côte d’Ivoire faisait face à des défis structurels majeurs, notamment un déficit de plus de 800 000 logements, une multiplication des litiges fonciers et un développement urbain souvent peu maîtrisé, particulièrement dans le District d’Abidjan où près de 200 quartiers précaires abritaient environ 1,9 million de personnes.
À sa prise de fonction en 2018, Bruno Koné hérite d’un secteur fragilisé par un cadre institutionnel fragmenté, des procédures longues et peu lisibles, une faible digitalisation des services et une crise de confiance persistante entre l’administration et les citoyens. Face à ces enjeux, il engage une transformation profonde de l’action publique, avec pour ambition de passer d’une gestion réactive à une politique publique structurante, anticipatrice et durable, guidée par une vision claire : réussir la transition urbaine de la Côte d’Ivoire tout en améliorant durablement le cadre de vie des populations.
Cette vision s’est traduite par des réformes majeures, au premier rang desquelles l’adoption, en 2020, du Code de l’Urbanisme et du Domaine Foncier Urbain. Ce texte fondateur a permis d’unifier, dans un cadre juridique unique, les règles relatives à l’urbanisme et au foncier urbain, de clarifier les compétences des acteurs publics et privés, de sécuriser la chaîne de production foncière et de renforcer le caractère opposable des documents d’urbanisme. L’opérationnalisation de ce cadre normatif, à travers plusieurs décrets, ordonnances et arrêtés, a profondément réformé la délivrance de l’Arrêté de Concession Définitive (ACD), désormais érigé en acte unique, contribuant à une réduction significative des litiges fonciers et à une meilleure sécurité juridique des droits de propriété.
Parallèlement, des avancées décisives ont été enregistrées en matière de planification urbaine et de maîtrise de l’espace, avec l’institution d’un référentiel géodésique national et l’harmonisation des données spatiales. Ces outils ont permis de fiabiliser les plans techniques, de réduire les conflits liés aux limites parcellaires et d’améliorer le contrôle du développement urbain. Dans le secteur de la construction, l’adoption du Code de la Construction et de l’Habitat, la réglementation des professions d’architecte et d’ingénieur, ainsi que le renforcement du contrôle des permis de construire ont contribué à une meilleure sécurisation du cadre bâti et à la prévention des risques d’effondrement et de malfaçons.
Le logement et le cadre de vie ont également bénéficié d’une attention particulière, avec la réforme du bail à usage d’habitation, la mise en place de mécanismes de financement du logement social, la transformation de la SICOGI en Agence Nationale de l’Habitat et la création du Fonds de Garantie du Logement Social. Ces mesures ont permis une structuration institutionnelle plus cohérente du secteur, une sécurisation des financements et un meilleur ciblage des politiques sociales de l’habitat, au bénéfice des ménages à faibles revenus, particulièrement affectés par le déficit en logements.
Sur le plan administratif, l’action de Bruno Koné s’est accompagnée d’un renforcement significatif des capacités humaines et matérielles du ministère. Les effectifs sont passés de 1 056 agents en 2018 à 3 631 agents en 2025, avec une montée en puissance notable des profils techniques du BTP. Cette évolution a permis de rendre l’administration plus opérationnelle, mieux structurée et davantage orientée vers la performance. Le parc automobile, multiplié par près de huit sur la période, a amélioré la présence territoriale de l’État et la capacité de contrôle effectif des constructions.
La gouvernance financière a connu une évolution tout aussi marquante, avec un budget annuel moyen passant de 40 milliards FCFA avant 2018 à près de 60 milliards FCFA entre 2020 et 2023, puis à 94,5 milliards FCFA en 2025, avec une projection à 123,25 milliards FCFA en 2026. Cette progression s’est traduite par un renforcement des investissements, atteignant près de 98,7 milliards FCFA en 2026, permettant de soutenir durablement les réformes engagées.
Enfin, la digitalisation des procédures constitue l’un des marqueurs forts de ce bilan. La mise en œuvre du Système Intégré de Gestion du Foncier Urbain (SIGFU) a permis la dématérialisation de plus de 88 000 dossiers d’ACD, la numérisation de milliers de plans et la vectorisation de près d’un million de lots, renforçant la traçabilité des actes, la transparence administrative et la sécurité juridique. Cette modernisation a contribué à une nette réduction des contentieux, avec un taux d’annulation des ACD inférieur à 0,1 % en 2025, témoignant de la solidité juridique désormais acquise par les actes produits.
Au terme de son mandat, le bilan de Bruno Koné apparaît ainsi comme celui d’une réforme en profondeur d’un secteur stratégique pour le développement national. En structurant durablement le foncier, l’urbanisme, la construction et le logement, son action aura posé les bases d’une gouvernance urbaine plus crédible, plus efficace et plus résiliente, au service de la transformation des villes ivoiriennes et de l’amélioration du cadre de vie des populations.
Jean Chresus, Abidjan
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