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Cameroun : Des journalistes interpellés à Yaoundé lors d'une enquête sur les déportations secrètes de l'administration Trump
 

Cameroun : Des journalistes interpellés à Yaoundé lors d'une enquête sur les déportations secrètes de l'administration Trump

 
 
 
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© Koaci.com - jeudi 19 février 2026 - 07:34


Le mardi, quatre journalistes et un avocat ont été interpellés par la police camerounaise alors qu'ils enquêtaient sur un programme d'expulsion controversé, mené dans le plus grand secret par l'administration Trump. Les événements se sont déroulés à Yaoundé, la capitale du Cameroun, dans un complexe gouvernemental qui fait office de centre de rétention pour les migrants récemment expulsés des États-Unis, selon le New York Times.


Opération secrète mise à nu


 C'est le New York Times qui a révélé, dès samedi dernier, l'existence de ce centre de détention, géré par le Département de la sécurité intérieure des États-Unis. À l'intérieur, une quinzaine de migrants africains sont retenus, aucun d'eux n'étant camerounais. Ce qui est particulièrement troublant, c'est que presque tous ces individus bénéficiaient de protections juridiques accordées par des tribunaux américains, qui avaient clairement interdit leur renvoi vers leurs pays d'origine en raison des risques de persécution auxquels ils pourraient faire face.


Des journalistes — comprenant un reporter, un photojournaliste et un vidéaste d’Associated Press, ainsi que Randy Joe Sa'ah, un correspondant indépendant qui collabore régulièrement avec la BBC — étaient en train d'interroger des déportés lorsque la police les a arrêtés. Ils ont été emmenés au siège de la police judiciaire, où ils ont été séparés et interrogés, d'après les témoignages de Sa'ah et de Joseph Awah Fru, l'avocat représentant les déportés, qui étaient tous deux parmi les détenus. 


Associated Press a rapporté que son journaliste avait été giflé lors de l'arrestation, sans subir de blessures graves, bien que d'autres détenus aient affirmé qu'il semblait avoir été frappé plus durement. Les cinq personnes arrêtées ont finalement été libérées, mais pas avant que la police ne confisque leurs téléphones, appareils photo et ordinateurs, sous prétexte que les journalistes auraient recueilli des informations sensibles relevant du secret d'État. Au moment où ces lignes sont écrites, il n'est pas clair si des charges ont été retenues contre qui que ce soit. Le ministère camerounais de la Justice n'a pas répondu aux demandes de commentaire.



 

Situation kafkaïenne


Dans ce centre, plusieurs personnes ont partagé qu'elles avaient subi des pressions de la part des autorités locales : soit elles devaient retourner dans leur pays d'origine — celui même d'où les tribunaux américains les avaient protégées — soit elles restaient détenues au Cameroun pour une durée indéterminée. L'avocat Fru qualifie cette situation d'inadmissible : « L'État ne peut pas cacher au public où il détient des déportés qui ne sont même pas des citoyens. Cela évoque des accords opaques conclus dans l'ombre. » L'administration Trump n'a pas annoncé publiquement d'accord avec Yaoundé pour accueillir ces déportés. Lorsque le sujet a été abordé, le Département d'État a refusé de commenter ses « communications diplomatiques avec d'autres gouvernements ». Les migrants retenus au Cameroun font partie d'un dispositif plus large mis en place par l'administration Trump, qui consiste à négocier des accords avec des gouvernements tiers — souvent en échange de compensations financières — pour y transférer des personnes expulsées des États-Unis, y compris vers des pays qui ne sont pas les leurs. 


La plupart de ces individus avaient obtenu une forme de protection légale aux États-Unis après avoir fui des situations de violence, de persécution politique ou de menaces graves dans leurs pays d'origine. Provenant de divers États africains, ils ont souvent suivi des parcours migratoires longs et périlleux avant d'obtenir une reconnaissance de leur vulnérabilité par les juridictions américaines. 


Leur transfert au Cameroun, un pays qu'ils ne connaissent pas et dont ils ne parlent pas nécessairement les langues locales, les place dans une situation juridique précaire : ni protégés sur le sol camerounais, ni autorisés à retourner aux États-Unis, et dans l'impossibilité légale de regagner leur pays d'origine selon les ordonnances des tribunaux américains eux-mêmes.




 

-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.


-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au 237 691154277-oucameroun@koaci.com





 
 
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