Côte d'Ivoire : Le MEDD d'accord avec les réformes annoncées par le Ministre N'Guessan Koffi, mais la prime d'abord !
Le SG du MEDD , Wohou Wonbli Jacques (Ph KOACI)
Le Mouvement des Enseignants pour la Dynamique de la Dignité (MEDD) est d’accord avec les reformes du système de l’Education nationale annoncées par le nouveau ministre, N’Guessan Koffi, mais exige la question de la prime comme prioritaire.
Dans un message adressé à Monsieur N’Guessan Koffi, Ministre de l’Éducation Nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement Technique, le secrétaire général du MEDD Wohou Wonbli Jacques, interpelle ce dernier la question restée en suspens par sa collègue, Mariatou Koné.
Donatien Kautcha, Abidjan
Ci-dessous, l’intégralité du message du secrétaire général du MEDD Wohou Wonbli Jacques adressé au nouveau ministre de l'éducation nationale.
Bienvenue à notre nouveau capitaine, monsieur le ministre.
Bon vent à madame Mariatou Koné, notre ex capitaine qui a fait sa part dans la quête du relèvement de notre système éducatif. Que le tout puissant lui accorde pleine santé pour l'accomplissement de sa nouvelle fonction ministérielle.
Nous sommes le Mouvement des Enseignants pour la Dynamique de la Dignité (MEDD) l'un des nouveaux nés dans le gotha syndical ivoirien avec à son actif plus de quinze mille militants. L'une des structures syndicales en prendre en compte tous les fonctionnaires du secteur éducation-formation.
Chapeau bas au passage au Président de la république qui a mué les deux ministères en (un).
Monsieur le ministre, nous vous souhaitons plein succès à la tête de ce ministère à la fois prestigieux et sensible.
En attendant que vous nous receviez selon votre disponibilité, nous voudrions vous donner quelques nouvelles d'ici.
Elles ne sont pas très bonnes pour être francs avec vous monsieur le ministre car c'est notre rôle.
Ici, la principale question logée au coin de la mémoire de tous les enseignants de côte d'Ivoire dont font partie nos militants est la question de la PRIME à l'instar des autres fonctionnaires.
Cette question aujourd'hui est plus que consubstantielle pour cette grande masse laborieuse.
Des réformes de perfectionnement du système, d'accord mais la PRIME D'ABORD.
Monsieur le ministre, notre cahier de revendications est riche, en voici quelques illustrations :
Ici, le Directeur d'école maternelle désormais préscolaire est indemnisé pour sa fonction à hauteur de trente-six mille francs ( 36000 frs) ,soit trois mille francs par mois, par an et son collègue directeur d'école primaire quand il a toutes les classes du cp1 au cm2 perçoit cent huit mille francs (108000 frs) soit neuf mille francs le mois, par an;
Ici un inspecteur principal du grade A6 tient toujours la craie dans les lycées et collèges ;
Les éducateurs perçoivent au maximum deux cent mille francs par an comme indemnité selon la taille de leurs établissements ;
Les primes d'encadrement des professeurs de Cafop sont payées en dents de scie depuis des années ;
Les professeurs de Cafop formés aux frais de l'état dans des spécialités sont en passe d'être affectés dans des iepp, drena et j'en oublie, on ne sait à quoi cela répond puisque des planifications étaient censées avoir été faites ;
Les kits scolaires arrivent dans certaines inspections en mars, soit en milieu d'année scolaire ;
Les Enseignants après avoir dispensé les cours n'évaluent plus, tout est aux mains des iepp parce que le coût est supporté par le COGES et celles qui sont supposées être faites par les dispensateurs de cours sont laissées à leurs propres frais, l'année prochaine nous ne l’accepterons plus ;
Les conseillers pédagogiques (certains) ont reçu des engins à deux roues, je dis bien engins à deux roues par euphémisme n'ont aucune dotation en carburant ;
Les approches pédagogiques foisonnent chaque année, il faut les stabiliser et mettre les moyens pour leur véritable mise en œuvre ;
Les élèves n'ont plus de devoirs dans la nouvelle école ivoirienne au point où ils portent régulièrement main à leurs enseignants et ça ne va pas quelque part comme on le dit dans notre jargon ;
Ici certains chefs exposent et jettent en pâture sur les réseaux sociaux leurs collaborateurs pour faire du m'as-tu- vu ou du "thogognini «, on ne verra jamais cela dans d'autres ministères ;
Ici le DRH est au-dessus de tout, il mute les responsables syndicaux selon ses humeurs mais nous n'allons jamais laisser prospérer de telles attitudes à la fois anachroniques et déshumanisantes ;
Monsieur le ministre, voilà en substance un petit aperçu de ce qui mine notre système là où votre prédécesseure a appelé de tous ses vœux à une école apaisée et faire confiance au PR pour notre prime.
Les Enseignants sont sortis de la logique du sophisme de l'appel à la tradition qui consiste à faire croire que" cela a toujours existé " car l'ancienneté d'une pratique ne justifie pas forcément sa valeur. Il y'a l'évolution de la conscience morale car ce qui était banal hier ne l'est plus aujourd'hui, la conscience humaine évolue.
Ne pas dénoncer une mauvaise pratique, c'est lui donner une forme de légitimité tacite en évitant l'effet de spectateur car plus les gens se taisent, plus la pratique s’enracine. Voilà le substrat de notre existence.
Que Dieu en cette période de jeûne chrétien et musulman vous accompagne dans votre noble mission.
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