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Côte d'Ivoire : Traite d'enfants déjouée à Gagnoa, six mineurs sauvés d'un départ clandestin vers des sites d'orpaillage au Mali
 

Côte d'Ivoire : Traite d'enfants déjouée à Gagnoa, six mineurs sauvés d'un départ clandestin vers des sites d'orpaillage au Mali

 
 
 
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© Koaci.com - mardi 24 février 2026 - 09:33

Les enfants (Ph Koaci)



Ce qui semblait n’être qu’un banal départ en voyage s’est révélé être la première étape d’un trafic transfrontalier bien organisé. À Gagnoa, six enfants âgés de 11 à 17 ans ont été interceptés alors qu’ils s’apprêtaient à quitter la ville. Leur destination annoncée, Yamoussoukro, n’était qu’une escale. Derrière ce trajet se dessinait en réalité un itinéraire clandestin vers des sites d’orpaillage au Mali.


Tout débute à la gare routière de la compagnie UTB, où la présence inhabituelle de ces mineurs attire l’attention d’agents du ministère en charge de la Femme, de la Famille et de l’Enfant. Les explications fournies par les adolescents paraissent fragiles, leurs réponses hésitantes. Le doute s’installe. Le commissariat du 2ᵉ arrondissement de Gagnoa est immédiatement saisi et le procureur informé. Une enquête est ouverte sans délai.


Très vite, les investigations révèlent qu’un jeune homme de 20 ans, identifié sous les initiales D.Z. et résidant à Nakadougou, dans la localité d’Ouragahio, serait à l’origine du recrutement. Interpellé, il évoque de simples travaux agricoles à Yamoussoukro. Mais les incohérences de son récit éveillent les soupçons des enquêteurs. En creusant davantage, ceux-ci découvrent que la capitale politique ne constitue qu’une étape intermédiaire. La véritable destination serait le Mali, où un commanditaire attendrait les enfants pour les diriger vers des sites d’exploitation artisanale d’or.


À mesure que l’enquête progresse, les forces de sécurité comprennent qu’elles font face à un réseau structuré. Recruteurs locaux, convoyeurs, relais dans les gares routières et réceptionnaires aux frontières semblent coordonner leurs actions avec méthode. Pour démanteler l’organisation, les policiers optent pour une stratégie de temporisation. Ils laissent croire que le voyage est simplement différé en raison de contrôles renforcés sur les axes routiers. Le réseau, persuadé que l’opération suit son cours, fixe une nouvelle date de départ.


 

À l’aube du 20 février, un dispositif discret est mis en place. Des éléments de la Brigade de Recherche et d’Intervention (BRI) de Gagnoa prennent position, certains en civil, d’autres intégrés à un véhicule de transport local. Les mineurs sont sécurisés. Lorsque l’émissaire chargé de les convoyer se présente, il est interpellé sans incident. Son interrogatoire confirme qu’il devait conduire les enfants à Yamoussoukro, première étape d’un trajet plus long vers le nord.


L’opération prend alors une dimension nationale. Un car en provenance d’Abidjan est signalé comme maillon suivant du transfert. La BRI de Yamoussoukro est alertée et procède à l’interpellation d’un relais local. Celui-ci mentionne un responsable de gare à Adjamé, à Abidjan. La Sous-direction de la lutte contre la traite des enfants, rattachée à la Police criminelle, entre en action et interpelle à son tour le suspect cité.


L’enquête conduit également les forces de l’ordre jusqu’à Tingrela, dans le nord du pays, où un autre complice attendait les mineurs. Le 21 février, à l’aube, un individu se présente avec un code convenu pour récupérer les enfants. Il est aussitôt arrêté par la police locale. Il reconnaît travailler pour un commanditaire basé au Mali et admet participer régulièrement au convoyage de mineurs vers des sites d’orpaillage.


En quelques jours, l’architecture du réseau apparaît clairement aux yeux des enquêteurs : un système hiérarchisé, rodé, exploitant la vulnérabilité des enfants pour les acheminer vers des activités dangereuses et illégales à l’étranger. L’opération, menée conjointement par le commissariat du 2ᵉ arrondissement de Gagnoa, la BRI de Gagnoa, la BRI de Yamoussoukro, le commissariat de Tingrela et la Sous-direction de la lutte contre la traite des enfants de la Police criminelle, a été suivie au plus haut niveau de la hiérarchie policière.


Les principaux mis en cause ont été déférés devant le parquet du tribunal de première instance de Gagnoa. Les six mineurs, eux, ont été confiés aux services compétents pour bénéficier d’une prise en charge et d’un accompagnement adaptés.


Au-delà des arrestations, cette affaire révèle la réalité persistante des réseaux de traite opérant sous couvert de promesses d’emploi. Elle rappelle aussi le rôle déterminant de la vigilance et de la coordination des services de l’État. À Gagnoa, six trajectoires ont été stoppées à temps. Ce qui devait être un voyage vers l’exploitation est devenu une opération de sauvetage.


 



Jean Chresus, Abidjan


 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
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