Cameroun/Belgique : Crise anglophone, trois suspects incarcérés en Belgique dans une enquête sur des crimes présumés au Cameroun
Le parquet fédéral belge a annoncé, le 3 mars 2026, l'arrestation de quatre individus dans le cadre d'une enquête internationale portant sur des soupçons de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre, rapporte le journal le Soir. Trois d'entre eux ont été placés en détention provisoire, tandis que le quatrième a été remis en liberté, ajoute le journal.
Les opérations, menées simultanément à Anvers et à Londerzeel -commune du Brabant flamand au nord de Bruxelles -, visent des personnes soupçonnées d'appartenir à la direction des Forces de défense de l'Ambazonie (ADF), un groupe armé séparatiste actif dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun, apprend-on.
Fonds collectés depuis l'Europe pour financer des violences
Selon le communiqué du parquet, ces individus auraient collecté des fonds depuis la Belgique pour l'acquisition d'armes et de munitions, utilisées ensuite lors d'attaques et d'assassinats ciblés sur le territoire camerounais pour la crise anglophone. L'enquête, ouverte à l'été 2025, s'appuie notamment sur des éléments transmis par les autorités judiciaires norvégiennes, et bénéficie de la coopération des États-Unis.
C'est précisément en Norvège qu'est détenu Lucas Cho Ayaba, chef de l'ADF, arrêté en septembre 2024 et poursuivi pour crimes de guerre en raison de son rôle présumé dans le conflit. Il conteste ces accusations.
Conflit meurtrier
Le Cameroun, pays d'Afrique centrale majoritairement francophone, est en proie depuis fin octobre 2016, à un conflit sanglant dans ses deux provinces majoritairement peuplées des camerounais d’expression anglaise. Selon Human Rights Watch, ce conflit a causé la mort d'au moins 6 000 civils.
Pour rappel, ces tensions trouvent leur origine dans des revendications au départ socio professionnelles, d’enseignants et d’avocats. En octobre 2016, la répression de manifestations pacifiques par le gouvernement de Paul Biya -au pouvoir depuis 1982 -a mis le feu aux poudres, une partie de la population anglophone s’estime marginalisée au sein de l'État unitaire.
L’organisation du Grand Dialogue National (GDN) en 2019 devant déboucher sur une solution définitive à la crise n’a pas réussi à mettre fin de manière définitive à la crise.
-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.
-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au 237 691154277-
oucameroun@koaci.com
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