Cameroun : Le pays célèbre la 41e JIF sur fond d'explosion des féminicides
Chantal Biya
Ce 8 mars 2026, le Cameroun célèbre la 41e édition de la Journée Internationale de la Femme (JIF) sur le thème « Droits. Justice. Action. Pour toutes les Femmes et les Filles ». Dans le même temps, 212 cas de féminicides sont officiellement recensés entre 2023 et janvier 2026, auxquels s'ajoutent une quinzaine de meurtres supplémentaires rien qu'entre janvier et février 2026. Pendant que les pagnes s'achètent, que les podiums se dressent et que les discours résonnent, des femmes continuent de mourir.
À Yaoundé, le défilé du Boulevard du 30 mai en présence de Chantal Biya première dame camerounaise, a tenu ses promesses : exhibition de tenues colorées, quelques banderoles dénonçant les violences faites aux femmes, et des discours convenus. La JIF, censée être un espace de plaidoyer et de défense des droits, s'est une fois de plus transformée en opération commerciale. L'achat du pagne, l'alcool et les festivités ont pris le dessus sur l'essentiel.
212 féminicides, le chiffre qui accuse
Les statistiques sont implacables. Selon les données officielles, 212 cas de féminicides ont été déclarés au Cameroun entre 2023 et janvier 2026. Une quinzaine de femmes supplémentaires ont été tuées entre janvier et février 2026 seulement. Ces chiffres, qui ne représentent que les cas déclarés, traduisent une tendance alarmante et en constante progression.
Les Nations Unies rappellent que dans le monde, une femme sur trois est victime de violences, et que toutes les 10 minutes, une femme est tuée par un proche. Le Cameroun, loin d'être une exception, illustre tragiquement ces données mondiales. La montée des féminicides d'années en années sans réponse législative adaptée place le pays dans une position intenable.
La convention de l'UA, un texte que le Cameroun refuse de signer
Quelques jours avant la célébration, les Organisations de la Société Civile (OSC) sont montées au créneau avec une exigence claire : le gouvernement camerounais doit ratifier la convention de l'Union africaine pour l'élimination totale des violences contre les femmes et les filles.
Le Cameroun figure parmi les États qui n'ont toujours pas ratifié ce texte fondamental. Cette abstention volontaire du régime de Paul Biya est dénoncée avec véhémence par les associations de défense des droits humains, qui la considèrent comme une complicité passive face aux crimes commis contre les femmes. En l'absence de ratification de ces conventions internationales et d'une application rigoureuse des lois
Depuis 41 ans, le Cameroun organise chaque 8 mars des festivités dont le coût cumulé représente des sommes considérables. Ce même argent, orienté vers la construction de centres de protection de la mère et de l'enfant, vers la formation de personnels spécialisés dans la prise en charge des victimes de violences ou vers le financement des maisons d'hébergement d'urgence, aurait profondément transformé la condition des femmes camerounaises.
-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.
-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au 237 691154277-oucameroun@koaci.com
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