Côte d'Ivoire : Koné Moussa, président du SYNAP-CI : “Nous ne laisserons pas les producteurs de cacao être sacrifiés”
Le Syndicat National Agricole pour le Progrès de Côte d’Ivoire (SYNAP-CI) a tenu ce dimanche une conférence de presse au Plateau pour dénoncer la crise majeure qui affecte la commercialisation intérieure du cacao.
Selon Koné Moussa, président du SYNAP-CI, la campagne cacaoyère 2025-2026 est marquée par un ralentissement inquiétant de la commercialisation.
Les coopératives peinent à collecter et écouler le cacao, laissant d’importants stocks bloqués, notamment pour les récoltes d’octobre et novembre 2025.
« Dès la première semaine, nous avons constaté que les coopératives n’avaient pas la liquidité nécessaire pour payer les producteurs. Beaucoup de cacao sont restés bloqués dans les magasins », a déclaré Koné Moussa.
Le président du SYNAP-CI a rappelé que les dénonciations publiques et la mobilisation des producteurs ont conduit le gouvernement à débloquer 280 milliards de FCFA pour racheter 123 000 tonnes de cacao.
« C’est grâce à notre lutte que l’État est intervenu pour protéger la filière », a insisté Koné Moussa.
Koné Moussa et le président de l’ANAPROCI ont été interpellés le 2 février 2026 par la Brigade de recherche, suite à une plainte pour diffamation déposée par le Conseil Café-Cacao. Ils ont été libérés le 4 février sur décision du Procureur de la République.
« Nous avons présenté nos documents et arguments. Le procureur a reconnu leur validité. Mais cette interpellation montre combien la situation est sensible », a ajouté Koné Moussa.
Le président du SYNAP-CI a dénoncé la baisse du prix bord champ pour la campagne intermédiaire, désormais fixé à 1 200 FCFA le kilogramme, contre 2 800 FCFA pour la grande campagne.
Autre inquiétude : la carte des producteurs. Le ministre de l’Agriculture, Koné Bruno Nabagné, a annoncé que seuls les producteurs disposant de la carte officielle pourront vendre leur cacao et bénéficier du prix minimum garanti.
« Des milliers de producteurs, pourtant recensés et ayant payé leurs droits, se retrouvent exclus. Ils ne peuvent légalement vendre leur cacao. C’est inacceptable », a dénoncé Koné Moussa.
Pour répondre à cette crise, le SYNAP-CI prévoit une grande rencontre de concertation dans l’Ouest du pays, réunissant syndicats, coopératives et organisations professionnelles. Objectif : analyser la situation et protéger les producteurs.
« Nous ne laisserons pas les producteurs être sacrifiés. Tous les acteurs de la filière doivent rester mobilisés. Si le système ne les protège pas, nous nous battrons pour leurs droits », a conclu Koné Moussa.
La conférence du SYNAP-CI met en lumière le rôle crucial des syndicats dans la filière cacao, stratégique pour l’économie nationale et vitale pour des centaines de milliers de familles rurales.
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