Cameroun : Trafic illégal d'or, Paul Biya ordonne une commission d'enquête mixte
Face aux révélations alarmantes du rapport 2023 de l'Initiative pour la Transparence des Industries Extractives (ITIE), le Président de la République Paul Biya a ordonné la mise en place immédiate d'une commission d'enquête mixte chargée de faire toute la lumière sur le trafic illégal d'or qui sévit au Cameroun — un fléau qui priverait l'État de près de 250 millions d'euros, soit environ 164 milliards de FCFA, de recettes fiscales chaque année.
En prescrivant la création d'une commission d'enquête mixte, le Chef de l'État camerounais entend mettre fin à une hémorragie qui fragilise durablement les finances publiques et compromet le développement du secteur minier national. Le rapport de l'ITIE, publié en 2023, avait sonné l'alarme en documentant l'ampleur des circuits de commercialisation illicite de l'or, impliquant aussi bien des acteurs locaux qu'internationaux.
Les chiffres sont vertigineux. Selon les estimations évoquées dans les cercles gouvernementaux, l'État camerounais perdrait chaque année l'équivalent de 164 milliards de FCFA en recettes fiscales non perçues du fait de l'exploitation et de l'exportation clandestines de l'or. Une manne considérable qui échappe aux caisses de l'État et alimente des réseaux opaques opérant en dehors de tout cadre légal.
Missions
La commission d'enquête ainsi constituée se voit confier quatre missions prioritaires. Elle devra, en premier lieu, identifier avec précision les acteurs impliqués dans l'exploitation et la commercialisation illégales de l'or sur l'ensemble du territoire national. Il s'agira ensuite d'établir clairement les responsabilités, tant sur le plan administratif que pénal, afin que les auteurs de ces infractions répondent de leurs actes devant la justice, analyser les failles du système de contrôle du secteur minier camerounais. Et, proposer des mesures concrètes et efficaces pour éradiquer durablement ce trafic.
Pour mener à bien cette enquête, la Gendarmerie Nationale et les services compétents de l'État ont été immédiatement mobilisés. Ces forces de l'ordre disposeront des moyens nécessaires pour conduire des investigations approfondies sur le terrain, procéder à des contrôles renforcés dans les zones minières et démanteler les filières criminelles identifiées.
Cette décision présidentielle intervient dans un contexte où le Cameroun cherche à valoriser davantage ses ressources minières, considérées comme un levier essentiel de la diversification économique. Le pays dispose d'un potentiel aurifère important, notamment dans les régions de l'Est et de l'Adamaoua, mais ce potentiel est en grande partie capté par des circuits informels et illicites au détriment des recettes publiques.
L'or camerounais, extrait dans des conditions souvent précaires par des orpailleurs artisanaux, prend le chemin de frontières poreuses avant de rejoindre des marchés étrangers sans que l'État n'en tire le moindre bénéfice fiscal.
-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.
-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au 237 691154277-
oucameroun@koaci.com
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