Côte d'Ivoire : À Abidjan, l'Afrique trace sa nouvelle feuille de route sanitaire pour 2035
La capitale économique ivoirienne accueille une rencontre décisive pour l’avenir des systèmes de santé du continent. Réunis au Sofitel Hôtel Ivoire, les représentants des 47 États membres de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) prennent part à la réunion régionale de consensus consacrée à l’élaboration du Plan stratégique 2026-2030 et de la Vision 2035 pour l’Afrique.
Une rencontre d’envergure, marquée par des interventions fortes, notamment celles du ministre ivoirien de la Santé, Pierre N'Gou Dimba, et du directeur de la gestion des programmes au Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique, Abdourahmane Diallo.
Dans son allocution d’ouverture, le ministre Pierre N'Gou Dimba a planté le décor en soulignant l’importance stratégique de cette rencontre pour l’avenir du continent.
« Construire une nouvelle ère de santé pour l’Afrique est plus qu’une ambition, c’est un impératif », a-t-il affirmé.
Il a insisté sur les défis majeurs auxquels sont confrontés les systèmes de santé africains : difficultés d’accès aux soins de santé primaires, insuffisance du financement, vulnérabilité face aux épidémies, montée des maladies non transmissibles, ou encore impacts du changement climatique.
Pour le ministre, cette réunion doit permettre d’aboutir à des décisions concrètes : « La rencontre d’Abidjan doit nous permettre d’imaginer des actions audacieuses capables de faire bouger les lignes et d’améliorer significativement la santé et le bien-être de nos populations. »
Tout en saluant le choix de la Côte d’Ivoire pour abriter cette concertation, il a appelé à une mobilisation collective pour faire de ce futur plan un véritable outil de transformation.
Prenant la parole à son tour, Abdourahmane Diallo a mis en avant la portée structurante du processus engagé par l’OMS et ses États membres. Selon lui, l’élaboration du Plan stratégique régional 2026-2030 et de la Vision 2035 constitue « un exercice majeur », visant à repositionner la santé comme pilier du développement durable en Afrique.
« Notre ambition collective est de garantir que cette stratégie réponde aux défis actuels tout en plaçant la région africaine sur une trajectoire de progrès durable à l’horizon 2035 », a-t-il déclaré.
Il a également insisté sur la nécessité de passer d’une logique de consultation à une véritable co-construction, fondée sur des priorités claires, mesurables et financièrement viables.
Les travaux s’articulent autour de quatre axes stratégiques majeurs, le renforcement de la couverture sanitaire universelle, à travers des soins primaires accessibles et centrés sur les populations, la résilience des systèmes de santé, face aux urgences sanitaires et aux crises, la modernisation, notamment via la transformation numérique et une meilleure gestion des données, la souveraineté sanitaire, avec un financement durable et le développement de capacités locales.
Pour Abdourahmane Diallo, ces piliers doivent impérativement se traduire en résultats concrets : « Chaque priorité doit être clairement définie, avec des objectifs mesurables et des mécanismes de suivi efficaces. »
Dans un contexte de ressources limitées, les intervenants ont souligné la nécessité de faire des choix stratégiques.
Le responsable de l’OMS Afrique a rappelé que toutes les priorités ne pourront être traitées simultanément, appelant à privilégier les initiatives à fort impact.
De son côté, le ministre ivoirien a insisté sur l’importance d’une approche pragmatique et adaptée aux réalités nationales, notamment en matière de financement de la santé et d’accès aux médicaments essentiels.
Au-delà des échanges techniques, cette rencontre se veut un moment clé de convergence entre les pays africains et leurs partenaires.
Pour Pierre N'Gou Dimba, l’enjeu est clair : « Cette rencontre fournira une boussole pour le développement sanitaire de notre région et renforcera la pertinence de l’action de l’OMS en Afrique. »
Même son de cloche du côté de Abdourahmane Diallo, qui a insisté sur l’importance de l’appropriation du futur plan par les États membres.
Prévue pour s’achever le 17 avril, cette réunion devrait déboucher sur des orientations concrètes en vue de l’adoption officielle du Plan stratégique régional lors du Comité régional de l’OMS en août 2026.
À Abidjan, une conviction s’impose : l’avenir de la santé en Afrique se joue dès maintenant, à travers des décisions collectives, ambitieuses et résolument tournées vers l’impact.
Wassimagnon
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