Côte d'Ivoire : PME et ETI, une réforme ambitieuse pour libérer le potentiel entrepreneurial
L’Assemblée nationale ivoirienne a franchi un cap décisif ce jeudi avec l’adoption à l’unanimité, en Commission des affaires économiques et financières (CAEF), de deux projets de loi majeurs destinés à transformer en profondeur l’environnement des Petites et Moyennes Entreprises (PME) et des Entreprises de Taille Intermédiaire (ETI).
Cette réforme structurante vise à moderniser le cadre juridique existant, jugé obsolète face aux mutations économiques actuelles, et à offrir aux entreprises un écosystème plus favorable à leur création, leur croissance et leur compétitivité.
Porté par le ministre du Commerce et de l’Artisanat, Khalil Konaté, ce nouveau dispositif entend corriger les insuffisances de la loi de 2014. L’ambition est claire : simplifier les procédures administratives, améliorer l’accompagnement des উদ্যpreneurs et renforcer leur accès aux opportunités économiques.
« Nous devons bâtir un environnement où les PME peuvent naître, croître et conquérir des marchés », a déclaré le ministre devant les députés.
Parmi les principales innovations figurent, une nouvelle définition des PME, mieux adaptée aux réalités économiques actuelles, l'intégration officielle des ETI dans le cadre juridique ivoirien, la création d’un fonds de soutien dédié, l’adoption du principe « Think Small First », qui place les petites entreprises au cœur des politiques publiques.
Fait notable, cette réforme a suscité un large consensus au sein de la classe politique. Députés de la majorité et de l’opposition s’accordent sur la nécessité de renforcer un secteur qui représente près de 98 % du tissu économique national.
Toutefois, certains élus ont tenu à nuancer cet enthousiasme. Ils ont notamment souligné la persistance de défis majeurs, tels que l’accès au financement, le poids du secteur informel ou encore les difficultés d’accès au crédit.
« La réforme arrive à point nommé, mais sa réussite dépendra de solutions concrètes pour le financement des PME », a indiqué un député de l’opposition.
Le texte introduit également une innovation importante : la mise en place d’un mécanisme de suivi-évaluation basé sur des indicateurs de performance publiés chaque année. Cette approche marque un tournant dans la gouvernance économique, en privilégiant désormais une logique de résultats mesurables plutôt que de simples engagements.
Dans la continuité de cette dynamique, les députés ont également validé la réorganisation du Guichet Unique de Développement des PME (GUDE-PME).
Ce dispositif, longtemps critiqué pour ses dysfonctionnements, sera repensé pour offrir un accompagnement plus cohérent et intégré aux entrepreneurs. L’objectif est de créer un véritable point d’entrée unique, capable de simplifier les démarches et d’optimiser les services proposés.
À travers cette double réforme, le gouvernement ivoirien affiche clairement ses ambitions : faire du secteur privé un moteur puissant de croissance, d’emploi et d’industrialisation.
L’horizon 2030 est dans toutes les têtes, avec l’objectif de hisser la Côte d’Ivoire au rang des économies à revenu intermédiaire supérieur.
Si le cadre législatif est désormais posé, le véritable défi reste son application effective sur le terrain. Car c’est bien dans le quotidien des entrepreneurs que se jouera le succès de cette transformation.
Wassimagnon
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