Cameroun Politique
 
Cliquez pour agrandir l'image  
Cameroun : Ce que l'on retient de la visite du pape Léon XIV
 

Cameroun : Ce que l'on retient de la visite du pape Léon XIV

 
 
 
 491 Vues
 
  0 Commentaire(s)
 
 Il y a 2 heures
 
 
 
 
 
© Koaci.com - samedi 18 avril 2026 - 15:56

Quatre jours. Trois villes. Des millions de fidèles. Et des paroles qui resteront. Le pape Léon XIV a quitté ce samedi le sol camerounais après une visite apostolique dense, parfois surprenante dans sa franchise. Troisième pape à fouler la terre camerounaise, Léon XIV avait choisi pour cette étape la devise « En celui qui est un, soyons un » — une boussole qui a guidé chacun de ses gestes et chacune de ses prises de parole du 15 au 18 avril 2026.


Yaoundé, un discours sans complaisance face au pouvoir


Dès son arrivée mercredi à l'aéroport international de Yaoundé-Nsimalen, le ton était donné. Reçu en audience par le président Paul Biya au palais présidentiel, le pape a ensuite rencontré les autorités, la société civile et le corps diplomatique. Devant cet aréopage du pouvoir camerounais, là où beaucoup attendaient une diplomatie feutrée, Léon XIV a choisi la franchise.


Il a exhorté les dirigeants à « oser faire un examen de conscience » et à « briser les chaînes de la corruption ». « La transparence dans la gestion des ressources publiques et le respect de l'État de droit sont essentiels pour rétablir la confiance. Il est temps d'oser faire un examen de conscience et un saut qualitatif courageux », a-t-il déclaré en français.


Des mots d'une rare fermeté prononcés en présence d'un chef d'État de 93 ans au pouvoir depuis 1982, dans un pays où la réélection d'octobre dernier avait déclenché des manifestations réprimées dans le sang, faisant près de 48 morts selon l'ONU. Après la présidence, le pape a visité l'orphelinat Ngul Zamba de Yaoundé, montrant dès le premier jour sa volonté de toucher les périphéries humaines autant que les sommets du pouvoir.


Bamenda, le pape au cœur de la blessure anglophone


Le moment le plus attendu - et le plus fort -de ce séjour fut incontestablement l'étape de Bamenda, le jeudi 16 avril. Depuis la région anglophone du Nord-Ouest, profondément affectée par la crise sécuritaire, Léon XIV a exprimé sa proximité envers la population locale lors d'une rencontre pour la paix tenue en la cathédrale Saint-Joseph.


Le conflit a éclaté en fin octobre 2016 et oppose des indépendantistes qui ont proclamé la « République d'Ambazonie » au gouvernement de Yaoundé. Au moins 6 000 civils sont morts depuis 2016, selon l'ONU. C'est dans cette ville meurtrie que l'aéroport venait d'être rouvert spécialement pour la visite pontificale, après avoir été mis hors service en 2019 à la suite d'une attaque séparatiste.


Le pape n'a pas esquivé la réalité. Il a écouté plusieurs témoignages de victimes du conflit avant de prendre la parole, et ses mots ont sonné comme un réquisitoire contre tous les fauteurs de guerre :


« Heureux les artisans de paix ! Malheur à ceux qui manipulent la religion et le nom même de Dieu à des fins militaires, économiques et politiques, en plongeant ce qui est sacré dans les ténèbres et la souillure. »


 

« Le monde est en train d'être ravagé par une poignée de tyrans, mais il est maintenu uni par une multitude de frères et sœurs solidaires ! », a-t-il encore lancé dans ce discours en anglais empreint de gravité.


Il a également dénoncé ceux qui « dépouillent votre terre de ses ressources » et « investissent une grande partie des bénéfices dans les armes, perpétuant ainsi un cycle sans fin de déstabilisation et de mort ».


Encourageant à l'unité, il a conclu : « Allons de l'avant sans nous lasser, avec courage, et surtout ensemble, toujours ensemble ! » Avant de quitter la cathédrale, le pape a libéré une colombe blanche en prononçant ces mots : « Que cette colombe que nous allons libérer soit pour nous tous un symbole de la paix de Dieu ».


Douala, des centaines de milliers de fidèles et un appel à la jeunesse


Le vendredi 17 avril, c'est Douala-bastion de l'opposition et capitale économique- qui accueillait le Saint-Père. Le souverain pontife a été accueilli par des foules massées tout au long de son parcours depuis l'aéroport jusqu'à l'esplanade du stade de Japoma, où une messe a rassemblé une affluence exceptionnelle dépassant les deux millions de fidèles.


À bord de sa papamobile, le bras levé vers la foule qui l'acclamait, Léon XIV a interpellé « tous ceux qui ont la responsabilité sociale et politique de veiller sur le peuple et sur son bien ».


À la jeunesse en proie à la pauvreté, tant matérielle que spirituelle, le pape a demandé de « ne pas céder au désespoir ni au découragement » et de refuser toute forme d'abus et de violence. Il a aussi visité l'hôpital catholique Saint-Paul de Douala avant de rentrer à Yaoundé pour rencontrer le monde universitaire à l'Université Catholique d'Afrique Centrale (UCAC), où il a évoqué « la face sombre de la dévastation sociale et environnementale provoquée par la poursuite sans relâche des matières premières » et appelé le continent africain à « se libérer du fléau de la corruption ».


Messe en présence du couple présidentiel


 

Ce samedi 18 avril 2026, le pape Léon XIV a célébré une ultime messe à la base aérienne 101 de Yaoundé, en présence du couple présidentiel Paul et Chantal Biya, avant de s'envoler pour l'Angola, troisième étape de sa tournée africaine de onze jours.


Que retenir ?


Cette visite restera dans les mémoires pour au moins trois raisons. D'abord, la franchise inédite d'un pape qui n'a pas hésité à interpeller le pouvoir camerounais en face sur la corruption et les droits humains. Ensuite, le courage symbolique fort du détour par Bamenda, où sa présence même constituait un message politique au cœur d'une crise longtemps ignorée du monde. Enfin, la communion populaire extraordinaire — des millions de Camerounais descendus dans les rues et les stades pour accueillir celui qu'ils espèrent comme un artisan de paix.


« Je suis ici pour proclamer la paix. Et pourtant, c'est vous qui me proclamez la paix, à moi et au monde entier », avait dit le pape à Bamenda. Ces mots résument peut-être mieux que tout le sens de ces quatre jours historiques au Cameroun. Reste désormais la vraie question : les acteurs politiques et militaires camerounais sauront-ils saisir cet appel ?




Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.


-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au 237 691154277-ou cameroun@koaci.com


 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
RESTEZ CONNECTÉ
 
En téléchargeant l'application KOACI.
  
 
 

SONDAGE

Côte d'Ivoire : Pas de panneau, paiement en cash, l'Etat doit il revoir sa politique de radars routiers ?
 
 
   + Voir les resultats
 
 
DERNIER SONDAGE
 
Côte d'Ivoire : Le PDCI attend il la fin du règne de Ouattara pour réexister?
 
2353
Oui
48%  
 
2328
Non
47%  
 
224
Sans avis
5%  
 
 
 
 
 
 
 
  0 Commentaire(s)
Cameroun : Ce que l'on retient de la visite du pape Léon XIV
 
 
Veuillez vous connecter pour commenter ce contenu.
 
Votre avis nous intéresse.
 
 
 
Soyez le premier à commenter cet article
 
 
 
 
 
Divertissements
 
 
 
 
Réseaux sociaux
 
+164k
+110,7k
 
Pays
 
 
 
 
Télécharger l'application KOACI
 
   
NOUS CONTACTER
 
contact@koaci.com
koaci@yahoo.fr
+225 07 08 85 52 93
 
 
NEWSLETTER
 
Restez connecté via notre newsletter