Côte d'Ivoire : UCAO, les étudiants juristes instruits sur la pratique du droit à l'ère de l'IA
L’intelligence artificielle s’impose désormais comme un sujet incontournable dans le domaine juridique. C’est autour de cette thématique d’actualité que s’est tenue, le 20 avril 2026, la conférence inaugurale de la Journée de l’étudiant juriste à l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest (UCAO).
Invité d’honneur, Maître N’Datien Séverin Guibessongui, avocat, docteur en droit et enseignant à l’Université Alassane Ouattara de Bouaké, a entretenu un amphithéâtre comble sur le thème : « L’intelligence artificielle et le juriste : opportunités, risques et responsabilités ».
Dès l’entame de son intervention, le conférencier a tenu à clarifier la relation entre le juriste et l’intelligence artificielle. Selon lui, il ne s’agit pas d’une opposition ou d’une ambivalence, mais bien d’une relation fonctionnelle fondée sur l’usage que les professionnels du droit font de ces technologies. Structurée autour de deux axes majeurs, la conférence a permis d’explorer en profondeur les enjeux liés à l’intégration de l’IA dans les pratiques juridiques.
Dans un premier temps, Maître Guibessongui a mis en lumière les nombreuses opportunités offertes par l’intelligence artificielle. Il a souligné que les outils d’IA constituent un véritable levier de performance pour les juristes, qu’ils soient avocats, magistrats, notaires ou juristes d’entreprise. Ces technologies permettent notamment d’optimiser la recherche juridique et documentaire, de faciliter la rédaction d’actes standardisés et d’améliorer la qualité du conseil grâce à une veille automatisée des évolutions législatives et jurisprudentielles.
L’intelligence artificielle contribue également à affiner les stratégies contentieuses, notamment par l’analyse prédictive et l’évaluation des risques, offrant ainsi un gain de temps considérable et une meilleure efficacité dans le traitement des dossiers.
Cependant, le conférencier n’a pas manqué de mettre en garde contre les dérives potentielles liées à l’utilisation de ces outils. Dans un second temps, il a insisté sur les risques techniques, informationnels, déontologiques et éthiques que comporte l’intelligence artificielle.
Parmi ces risques figurent notamment les erreurs liées aux « hallucinations » des systèmes, les biais algorithmiques susceptibles de porter atteinte à l’équité, ainsi que les menaces pesant sur le secret professionnel. À cela s’ajoutent les dangers de dépendance technologique et de déshumanisation progressive des professions juridiques.
Selon Maître Guibessongui, ces risques ne sont pas sans conséquences : ils peuvent engager la responsabilité du juriste à plusieurs niveaux, disciplinaire, déontologique, professionnel et même réputationnel.
S’appuyant sur une approche de droit comparé et des références jurisprudentielles pertinentes, l’expert a offert à son auditoire une analyse riche et nuancée de cette mutation en cours.
Au terme de cette conférence, étudiants et professionnels du droit sont repartis mieux outillés pour appréhender les défis et opportunités liés à l’intelligence artificielle, désormais au cœur de l’évolution des métiers juridiques.
Wassimagnon
Légende: Maître N’Datien Séverin Guibessongui, avocat, docteur en droit et enseignant à l’Université Alassane Ouattara de Bouaké,
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