Côte d'Ivoire : SIAM 2026, le gouvernement accélère sa transition vers l'autosuffisance en protéines animales
À l’occasion du Salon international de l’agriculture de Meknès, la Côte d’Ivoire a réaffirmé sa volonté de transformer en profondeur son secteur agricole afin de réduire sa dépendance alimentaire. Intervenant lors d’un panel ministériel consacré à la production animale et à l’évolution des systèmes alimentaires, le ministre Bruno Nabagné Koné a dressé un état des lieux sans détour tout en exposant les ambitions du pays.
Face à une demande mondiale en protéines animales en constante progression, conjuguée à des contraintes climatiques et à l’instabilité des marchés, les systèmes agricoles africains sont soumis à une pression accrue. La Côte d’Ivoire n’échappe pas à cette réalité. Le pays reste encore fortement dépendant des importations, avec une production locale couvrant moins de la moitié des besoins en viande et une part encore plus faible pour les produits laitiers et halieutiques.
Pour les autorités ivoiriennes, cette situation représente à la fois un défi économique et une opportunité de transformation. Le secteur, qui fait vivre une large partie des populations rurales, pourrait devenir un levier majeur de croissance s’il est mieux structuré et soutenu. C’est dans cette optique que le gouvernement mise sur une réforme ambitieuse à travers la nouvelle politique de développement de l’élevage, de la pêche et de l’aquaculture.
L’objectif affiché est clair : augmenter significativement la production nationale pour atteindre une couverture des besoins estimée à 75 % d’ici 2030. Cette stratégie vise non seulement à réduire la facture des importations, mais aussi à créer davantage de valeur ajoutée localement et à générer des emplois, notamment pour les jeunes et les femmes.
Dans son intervention, le ministre a également insisté sur l’importance de la coopération internationale pour accompagner cette transformation. La Côte d’Ivoire entend renforcer ses partenariats, en particulier avec des pays du Sud, tout en mobilisant des financements pour faire face aux effets du changement climatique sur l’agriculture. La collaboration avec le Maroc, notamment dans le domaine de l’amélioration génétique animale, a été citée comme un exemple concret de coopération efficace et prometteuse.
En portant également la parole de son collègue Sidy Tiémoko Touré, le ministre Bruno Koné a rappelé que cette dynamique s’inscrit dans une vision globale : faire de l’agriculture un pilier du développement économique durable. Au-delà de la sécurité alimentaire, il s’agit de renforcer la résilience du pays, d’améliorer sa balance commerciale et de stimuler un développement inclusif.
Cette rencontre de haut niveau a réuni plusieurs responsables gouvernementaux venus d’Afrique et d’Europe, témoignant de l’intérêt croissant pour les enjeux liés à la souveraineté alimentaire et à la transformation des systèmes agricoles à l’échelle mondiale.
Jean Chresus, Abidjan
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