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Cameroun : Affaire Aïcha Kamoise, libérée après 8 jours, mais le combat judiciaire continue
 

Cameroun : Affaire Aïcha Kamoise, libérée après 8 jours, mais le combat judiciaire continue

 
 
 
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© Koaci.com - samedi 25 avril 2026 - 13:45

Aïcha Kamoise (ph)


Après une semaine éprouvante passée derrière les barreaux, la blogueuse camerounaise Aïcha Kamoise a retrouvé sa famille ce vendredi soir. Une libération sous caution qui soulève autant de soulagement que d'indignation, tant l'affaire révèle les tensions grandissantes entre liberté d'expression et instrumentalisation judiciaire.


C'est en fin de soirée ce vendredi que la nouvelle est tombée : Aïcha Kamoise quittait enfin les geôles après 8 jours de détention. Sa remise en liberté a été conditionnée par le paiement immédiat d'une caution de 100 000 FCFA, assortie d'une interdiction formelle de quitter le territoire national jusqu'à nouvel ordre, apprend-on.


Ce samedi matin, selon ses proches, elle s'est réveillée apaisée, entourée des siens — un premier souffle après une semaine particulièrement rude. Mais le répit sera de courte durée : la prochaine audience est fixée au mardi 28 avril 2026, date à laquelle elle devra à nouveau se présenter devant le juge.


Critique d'une chaîne de télévision comme acte délictueux ?


Tout commence le 17 avril 2026, lorsqu'Aïcha Kamoise est interpellée à l'aéroport international de Yaoundé alors qu'elle s'apprêtait à quitter le territoire. Elle est depuis lors poursuivie pour cyber diffamation, injures publiques et atteinte à la personnalité, suite à une plainte déposée par Steven Nbienou Kouadjo, époux de l'actrice Muriel Blanche.


Le fond de l'affaire, cependant, laisse perplexe : il lui est en réalité reproché d'avoir critiqué la chaîne de télévision de son plaignant. Une critique, selon ses défenseurs, qui relève de la liberté d'expression la plus élémentaire. La question s'impose d'elle-même : depuis quand une opinion sur un média peut-elle envoyer quelqu'un en prison ?


Ce que dit le droit Maître Mbelli


 

L'avocat Maître Israel Mbelli a pris la parole après la libération de la blogueuse pour rappeler les contours juridiques de cette affaire et livrer cinq enseignements majeurs.


 La garde à vue était-elle nécessaire ? Sa libération rapide après audition suggère que le parquet a finalement reconnu que la garde à vue n'était pas indispensable. Le procureur aurait pu se contenter de saisir le passeport d'Aïcha et de lui interdire de quitter le territoire — une mesure bien moins attentatoire à la liberté estime le conseil d’Aicha (Art. 236 du Code de procédure pénale)


En cas d'acquittement, l'État peut être poursuivi. Si Aïcha est déclarée non coupable, elle sera fondée à engager une procédure en indemnisation contre l'État du Cameroun pour garde à vue abusive. L'État, à son tour, pourra se retourner contre le procureur ayant ordonné cette mesure.


Pour l’avocat, la dénonciation calomnieuse, une arme à double tranchant. Un acquittement ouvrirait également la voie à des poursuites contre Nbienou pour dénonciation calomnieuse. (Art. 304 du Code pénal)


En matière de diffamation, le délai légal pour déposer une plainte est de quatre mois, explique le praticien du droit. Si les faits reprochés à Aïcha remontent à plus de quatre mois avant le dépôt de plainte, l'action publique s'éteindra automatiquement à l'audience. (Art. 305(4) du Code pénal)


Toujours selon l’expert, sa cliente n'est pas obligée de comparaître en personne. Désormais que l'affaire est pendante devant le juge, Aïcha peut se faire représenter par son avocat lors des audiences, sans obligation de présence physique. (Art. 350 du Code de procédure pénale).


Malaise profond


 

Au-delà du cas personnel d'Aïcha Kamoise, cette affaire pose des questions fondamentales sur l'état de la liberté d'expression au Cameroun. Voir une blogueuse arrêtée à l'aéroport, détenue six jours, puis libérée sous caution pour avoir... émis un avis sur une chaîne de télévision, fait naître une vive inquiétude dans la société civile et parmi les professionnels des médias.


L'usage du droit pénal — avec des chefs d'accusation aussi lourds que la cyberdiffamation — comme outil de pression contre les voix critiques est une tendance qui mérite d'être questionnée publiquement.


Le rendez-vous du mardi 28 avril sera décisif. D'ici là, Aïcha Kamoise respire à nouveau l'air de chez elle. Mais la bataille, elle, est loin d'être terminée.



-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.


-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au 237 691154277-ou cameroun@koaci.com


 
 
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