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Cameroun : Un ministre bangladais emporté par le paludisme contracté au Cameroun
 

Cameroun : Un ministre bangladais emporté par le paludisme contracté au Cameroun

 
 
 
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© Koaci.com - mardi 28 avril 2026 - 15:56

Mahbubur Rahman (Ph)


Il venait négocier des accords commerciaux. Il est rentré chez lui avec un parasite mortel. Mahbubur Rahman, ministre du Commerce du Bangladesh, a succombé le 17 avril dernier dans un hôpital de Dacca, à l'âge de 58 ans, des suites d'un paludisme cérébral foudroyant contracté lors de son séjour à Yaoundé. Il participait à une conférence de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) tenue dans la capitale camerounaise du 26 au 29 mars. Un déplacement de quatre jours qui lui aura été fatal.


Le gouvernement bangladais a officiellement confirmé la nouvelle. Selon la famille du défunt, personne n'avait jugé utile d'informer le ministre des risques sanitaires liés au paludisme avant son départ, ni de lui recommander une chimioprophylaxie — ce traitement préventif pourtant indispensable pour tout voyageur non immunisé se rendant en zone d'endémie. De retour à Dacca, son état s'est rapidement dégradé. Le diagnostic est tombé : paludisme cérébral à Plasmodium falciparum, la forme la plus redoutable de la maladie, celle qui obstrue les micro-vaisseaux du cerveau et tue en l'absence d'une prise en charge immédiate et spécialisée. Les soins intensifs n'auront pas suffi.


Là où l'ironie se fait tragique, c'est que ce drame illustre en une seule histoire l'état réel de la santé publique au Cameroun. Car si un ministre étranger, bénéficiant vraisemblablement d'un accès à des soins de qualité, n'a pas survécu à quelques jours à Yaoundé, que dire des millions de Camerounais qui, eux, y vivent toute l'année ?


 

Avec un taux de prévalence de 26,1 % en 2022, plus de 2 millions de cas et 1 756 décès dus au paludisme enregistrés en 2023, le Cameroun figure parmi les onze pays portant le fardeau le plus lourd au monde. Le paludisme est en effet la maladie endémique la plus répandue dans le pays, et est responsable de 50 % des hospitalisations dans les établissements de santé, dont 65 % des cas concernent des enfants de moins de cinq ans. Environ deux tiers des cas et des décès dus au paludisme dans le monde sont concentrés dans onze pays africains, parmi lesquels figure le Cameroun.


Trente-sept ans de règne de Paul Biya, et le moustique anophèle règne toujours en maître sur le territoire. Les discours ne manquent pas - le Cameroun a même accueilli en mars 2024 une conférence ministérielle internationale sur le paludisme -mais les résultats tardent, eux, à se manifester dans les foyers, les écoles et les hôpitaux de brousse. La vision officielle est pourtant ambitieuse : « un Cameroun émergent sans paludisme », proclame le Plan stratégique national. Belle formule. La réalité des deux millions de cas annuels la relativise cruellement.


Et puisqu'on parle de Yaoundé, la capitale qui vient d'embarrasser le pays sur la scène internationale, ajoutons une note d'ironie supplémentaire : le ministre bangladais aurait théoriquement pu mourir d'autre chose. Car Yaoundé, ville engloutie sous les ordures ménagères qui s'accumulent au coin de chaque rue, dans chaque caniveau débordant, sur chaque marché à ciel ouvert, offre un buffet généreux aux épidémies en tout genre. Le choléra, lui aussi, s'y invite régulièrement. Que le défunt ait succombé au paludisme plutôt qu'à une toxi-infection liée à l'insalubrité ambiante tient presque du hasard.


La mort de Mahbubur Rahman est une honte diplomatique pour le Cameroun, qui avait accueilli cette conférence censée projeter une image de puissance économique régionale. Mais surtout, elle renvoie à une réalité que les Camerounais ordinaires connaissent depuis des décennies : dans ce pays, tomber malade peut vous coûter la vie, que vous soyez ministre ou simple citoyen. La différence, c'est que pour le ministre bangladais, le monde entier en a entendu parler.


-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.


-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au 237 691154277-ou cameroun@koaci.com


 
 
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