Côte d'Ivoire : Séguié, un conflit foncier vire au drame, un homme abattu par son cousin
La victime (Ph Koaci)
Le village de Séguié, situé à une vingtaine de kilomètres d’Agboville, s’est réveillé dans la stupeur après un drame survenu le jeudi 23 avril 2026, mettant en lumière une nouvelle fois les tensions persistantes autour des litiges fonciers en milieu rural. Un différend opposant deux membres d’une même famille depuis plusieurs années a tragiquement basculé, coûtant la vie à Kouadio Fabrice, un homme d’une trentaine d’années.
Selon des témoignages recueillis sur place, le conflit portait sur la propriété d’un lopin de terre disputé depuis près de deux ans au campement d’Ogbodji. Malgré plusieurs tentatives de médiation menées aussi bien au sein de la famille que par les autorités coutumières, aucune solution durable n’avait pu être trouvée, laissant place à une tension latente entre les deux protagonistes.
Le drame s’est noué en début de soirée, aux environs de 19 heures. Alors qu’il se trouvait seul à son domicile, occupé à préparer son repas, Kouadio Fabrice a vu arriver son cousin, Yao N’dré, venu, selon des sources locales, « régler définitivement » le différend. La situation a rapidement dégénéré. Sans échange prolongé, l’homme aurait fait usage d’une arme à feu de calibre 12, atteignant mortellement sa victime. Celle-ci n’a pas survécu à ses blessures.
Après les faits, l’auteur présumé s’est présenté de lui-même à la gendarmerie d’Agboville où il s’est constitué prisonnier. Derrière lui, il laisse une famille endeuillée, notamment une épouse et deux enfants désormais privés de leur père, ainsi qu’une communauté profondément marquée par la violence de l’acte.
La nouvelle du meurtre a suscité une vive émotion dans le village. Dans un élan de colère, des jeunes ont pris pour cible les biens du suspect, incendiant notamment son habitation et sa moto, signe de la tension extrême provoquée par ce drame.
Au-delà de l’émotion, cet événement tragique relance le débat sur la gestion des conflits fonciers, souvent à l’origine de violences en zone rurale. Il met en évidence les limites des mécanismes traditionnels de règlement des différends et la nécessité de renforcer les dispositifs de médiation et de prévention afin d’éviter que de tels litiges ne dégénèrent en actes irréparables.
Jean Chresus, Abidjan
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