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Cameroun : Il dit être le fils de Biya depuis des décennies, la gendarmerie le convoque, il réclame un test ADN
 

Cameroun : Il dit être le fils de Biya depuis des décennies, la gendarmerie le convoque, il réclame un test ADN

 
 
 
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© Koaci.com - mercredi 29 avril 2026 - 16:10


Georges Gilbert Baongla (Ph) 


Depuis plus de deux décennies, Georges Gilbert Baongla, président du Parti Républicain, occupe une place singulière dans le paysage politique camerounais : celle de l'homme qui affirme, haut et fort, être le fils biologique du président Paul Biya - et qui conteste, dans le même élan, la filiation de Franck Emmanuel Biya, le fils officiellement reconnu du chef de l'État. Une affirmation longtemps tolérée, parfois moquée, rarement réprimée. Jusqu'à aujourd'hui.


Des décennies de revendications, une patience soudainement épuisée


Sur les plateaux de télévision et radios, sur les réseaux sociaux, le discours de Baongla n'a jamais varié : Paul Biya aurait trois enfants biologiques - lui-même, Brenda, et Junior. Franck Biya, selon lui, ne serait qu'un fils adoptif. Des déclarations explosives, répétées inlassablement pendant des années, sans jamais provoquer de réaction judiciaire formelle de la part des autorités.


Mais le contexte a changé. Dans un environnement politique marqué par les spéculations autour d'une éventuelle nomination de Franck Biya au poste de vice-président, les sorties de Baongla ont visiblement cessé d'amuser. C'est précisément à la suite d'une plainte émanant d'un membre de la famille nucléaire présidentielle que la machine judiciaire s'est mise en branle.


La convocation, le silence, puis la fuite


Le 23 avril 2026, le Lieutenant-Colonel Bialo Dieudonné, chef du Service Central des Recherches Judiciaires de la Gendarmerie Nationale, signe une convocation à l'encontre de Baongla Georges-Gilbert. Le document, qui s'appuie sur les articles 79, 82 à 92 et 103 à 114 du Code de Procédure Pénale, le convoque pour le mardi 28 avril à 10 heures précises. Les chefs d'accusation retenus : cybercriminalité, diffamation, et autres faits connexes. Le texte est sans ambiguïté : en cas de défaillance, la contrainte par tous moyens de droit s'appliquera.


La convocation circule sur les réseaux sociaux dès le vendredi 25 avril. Baongla, lui, publie un communiqué rédigé en anglais : il affirme n'avoir pas reçu le document en mains propres, dit l'avoir découvert sur Internet, et invoque un « déplacement professionnel » qui l'empêche de se présenter. Il appelle ses partisans au calme. Problème : un accusé de réception portant sa signature circule également sur la toile, contredisant frontalement sa version.


Le mardi 28 avril, à 10 heures, les enquêteurs du SED attendent. La chaise reste vide.


 

Traque internationale lancée


La réponse des autorités ne tarde pas. Dès le mercredi matin, le nom de Georges Gilbert Baongla est diffusé dans tous les postes de police et aux postes-frontières du Cameroun. Il est officiellement considéré comme « en fuite ». Une Interdiction de Sortie du Territoire (IST) est prononcée. Pire encore pour l'intéressé : une fiche Interpol a été émise, transformant ce qui s'annonçait comme une procédure judiciaire ordinaire en une traque internationale.


Ce n'est pas la première fois que Baongla se retrouve dans les filets de la justice. Entre 2019 et 2021, il avait déjà purgé deux ans de prison. Mais l'escalade actuelle est d'une autre nature. Pour de nombreux observateurs, le régime de Yaoundé a décidé de siffler la fin de la récréation pour cet « électron libre » devenu trop encombrant à l'heure où la question de la succession présidentielle structure toutes les rivalités politiques.


ADN


Face à cette offensive judiciaire, les avocats de Baongla ont choisi de réclamer des tests ADN. Dans une correspondance datée du 27 avril 2026 et adressée au chef du Service Central des Recherches Judiciaires, ils soulèvent d'abord une question de procédure : leur client se trouvait hors de Yaoundé au moment de la notification, aucun document n'aurait été remis à ses proches ni à ses gardiens, et la régularité de la convocation serait donc contestable. Ils demandent un report de l'audition.


Mais c'est l'autre volet de leur argumentaire qui retient l'attention : la défense exige, comme condition préalable à tout procès équitable, l'organisation de tests ADN impliquant trois personnes — Paul Biya, Franck Emmanuel Biya et Georges Gilbert Baongla lui-même. L'objectif affiché est de « clarifier définitivement le différend évoqué publiquement depuis plusieurs années. »


Une demande qui place les autorités dans une position inconfortable. Accéder à cette requête reviendrait à institutionnaliser un débat que le pouvoir cherche précisément à éteindre. La refuser expose les magistrats à des accusations de partialité, instrumentalisées à merveille par la défense.


Baongla, de son côté, a également indiqué qu'il se rendrait prochainement en Europe pour des raisons de santé — une annonce qui ressemble moins à un bulletin médical qu'à une déclaration de disponibilité sélective.


 

Liberté d'expression ou cyber-acharnement ?


Que Baongla ait raison ou tort sur sa filiation, que ses déclarations soient fondées ou purement fantasmagoriques, il est indéniable qu'elles ont été tolérées pendant des décennies. Leur soudaine criminalisation coïncide étrangement avec une séquence politique sensible.


La loi camerounaise de 2010 sur la cybercriminalité est sévère : en cas de récidive ou de menace à la sécurité de l'État, les peines peuvent atteindre dix ans de réclusion criminelle. C'est avec ces textes que les autorités entendent désormais poursuivre Baongla.


Pour ses soutiens, Baongla est une victime collatérale des jeux de succession. Pour ses détracteurs, il est un provocateur professionnel qui a joué avec le feu pendant trop longtemps. Pour les juristes, cette affaire est un révélateur : au Cameroun, la frontière entre critique politique et délit d'expression reste dangereusement floue, et se dessine souvent selon des lignes de convenance politique.




-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.


-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au 237 691154277-ou cameroun@koaci.com


 
 
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