Côte d'Ivoire : Tensions au Mali, Abidjan muscle ses frontières et anticipe un afflux de réfugiés
La dégradation de la situation sécuritaire au Mali voisin, marquée par des attaques djihadistes récurrentes, suscite de vives inquiétudes en Côte d’Ivoire. Lors du Conseil des ministres tenu ce mercredi, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, également ministre de la Communication, a apporté des éléments de réponse aux préoccupations exprimées par la presse.
Interrogé sur la position officielle d’Abidjan face à la crise malienne, le ministre a souligné l’attachement de la Côte d’Ivoire au multilatéralisme. « Nous unissons nos voix à celles de la CEDEAO et de l’Union africaine », a-t-il déclaré, rappelant que ces organisations ont déjà pris position sur la situation. Le pays privilégie ainsi une approche collective, en cohérence avec ses engagements sous-régionaux et continentaux.
Face aux menaces sécuritaires persistantes, notamment dans les zones frontalières, Amadou Coulibaly a assuré que des mesures rigoureuses sont en place depuis plusieurs années. « La Côte d’Ivoire a déjà pris des dispositions pour sécuriser ses frontières. Ce dispositif demeure et il est suffisamment robuste », a-t-il affirmé, tout en précisant que les détails opérationnels relèvent du domaine militaire et ne peuvent être rendus publics.
Réagissant aux propos du porte-parole du Front de libération de l’Azawad (FLA), qui a évoqué la poursuite de son offensive contre les autorités maliennes, le ministre a rappelé que toute assistance ivoirienne dépendrait d’une demande formelle de Bamako. Il a évoqué le précédent de 2012, lorsque la CEDEAO avait envisagé une intervention régionale pour soutenir le Mali.
« Il ne s’agira pas d’une action isolée de la Côte d’Ivoire, mais d’un effort collectif dans le cadre de la force en attente de la CEDEAO », a-t-il précisé.
Concernant les conséquences humanitaires du conflit, le gouvernement ivoirien se prépare à une éventuelle arrivée accrue de réfugiés maliens. « Nous nous attendons à un afflux si la situation se dégrade davantage », a reconnu Amadou Coulibaly. Il a toutefois assuré que des mesures sociales sont déjà en place pour accueillir et encadrer les populations déplacées.
La Côte d’Ivoire entend ainsi perpétuer sa tradition de terre d’accueil, tout en adaptant ses capacités à l’évolution de la crise.
Enfin, sur la question de potentielles victimes ivoiriennes au Mali, le ministre s’est voulu rassurant. « À ce jour, aucun rapport officiel ne fait état de ressortissants ivoiriens parmi les victimes », a-t-il indiqué. Il a toutefois évoqué la possibilité de « victimes collatérales », notamment à Bamako, tout en soulignant l’absence d’informations confirmées en provenance du ministère des Affaires étrangères.
Quant à une coopération bilatérale renforcée avec le Mali dans la lutte contre le terrorisme, le gouvernement ivoirien reste ouvert mais prudent. « Pour coopérer, il faut être au moins deux », a conclu le porte-parole, insistant sur la nécessité d’un cadre formel de collaboration.
Wassimagnon
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