Côte d'Ivoire ; Recevant une délégation du FIDH, Simone Gbagbo revient sur les conditions d'organisation des élections : « Il est important d'obtenir du gouvernement un dialogue inclusif »
Une délégation de la Fédération Internationale des Droits Humains (FIDH), a échangé avec Simone Ehivet Gbagbo le mardi 28 avril 2026.
Au cours des échanges, l’ancienne première Dame de Côte d’Ivoire est revenue sur les conditions d’organisation des élections dans le pays.
La présidente du MGC a rappelé la bataille des démocrates ivoiriens pour avoir une structure qui organise des élections justes.
« Cela a été possible une seule fois. Mais depuis, plus on avance, moins les élections sont justes », a-t-elle soutenu, souhaitant qu’avant d’entrer dans un nouveau cycle électoral, le pouvoir et l’opposition puissent s’asseoir pour revoir le découpage électoral, la confection de la liste électorale, la gestion de la décentralisation, etc.
« Nous avions souhaité qu’on puisse également discuter du financement des élections. Nous avions mis sur pied une structure, la CAP-Côte d’Ivoire, pour porter cette revendication. Mais le gouvernement n’a pas répondu et nous sommes allées aux élections dans des conditions pas du tout satisfaisantes. Au bout, plus de 1.600 personnes arrêtées et qui sont encore en prison sans jugement, au moins deux morts. Nous estimons qu’il est important d’obtenir du gouvernement, un dialogue inclusif avec les partis politiques et les organisations de la société civile ».
Selon Simone Gbagbo, il y a encore du chemin à faire pour pouvoir organiser des élections apaisées en Côte d’Ivoire. Des élections sans morts, sans arrestations, sans dégâts matériels. « Ce sont des choses que je trouve inadmissibles ». Selon elle, de bons exemples existent pourtant. Elle cite le Canada et, plus près de nous, le Ghana.
« Les choses évoluent dans le sens d’une confiscation des libertés. Les populations ont tourné le dos à la politique pour aller vers le football, la musique, les réseaux sociaux, etc. Mais cela ne dure jamais longtemps », a-t-elle encore dit, regrettant que les élections soient devenues une affaire d’argent.
« Il y a 5000 représentants dans l’ensemble des bureaux de vote pour chaque candidat. Il faut payer au moins 10.000 FCFA. Avec quel argent faire face à cela ? Si un parti réussit à placer un représentant dans chaque bureau de vote, il faut chercher à savoir où il a trouvé cet argent ».
Donatien Kautcha, Abidjan
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