Côte d'Ivoire : Depuis Abidjan, la finance privée se mobilise pour accélérer la croissance des entreprises africaines et booster la transition durable
La troisième édition de Abidjan Private Equity Summit (APES 2026) a officiellement ouvert ses portes ce jeudi 4 juin 2026 à Abidjan. L'évènement a réuni de nombreux acteurs du financement privé, des investisseurs, des entrepreneurs ainsi que des représentants d’institutions publiques venus de Côte d’Ivoire et de plusieurs pays étrangers. Pendant deux jours (4-5 juin), cette plateforme d’échanges ambitionne de renforcer l’écosystème du capital-investissement et de favoriser la création de nouvelles opportunités de partenariat au service du développement économique du continent.
Dès la cérémonie d’ouverture, les discussions ont mis en lumière les défis et les opportunités liés au financement des entreprises africaines, notamment dans un contexte marqué par les exigences croissantes en matière de transition énergétique, de durabilité et de gouvernance.
Modérateur du panel inaugural, Koné Drissa, expert-comptable, a abordé avec les panelistes, la question relative au rôle des fonds d’investissement dans l’accompagnement de la transition énergétique et écologique vers les énergies renouvelables.
« L’idée était de comprendre comment les fonds d’investissement peuvent accompagner tout ce qui est transition énergétique et écologique. Nous nous rendons compte que les financements traditionnels présentent parfois des défis et c’est précisément ce qui a constitué le cœur des débats », a-t-il expliqué.
Selon lui, les entreprises doivent désormais intégrer l’existence d’alternatives aux financements bancaires classiques. Les fonds d’investissement constituent aujourd’hui une source de financement de plus en plus pertinente pour accompagner leur croissance et soutenir leurs projets de développement.
L’expert a également souligné l’importance grandissante du contenu local en Côte d’Ivoire, notamment dans les secteurs minier et pétrolier.
Pour répondre aux besoins des sous-traitants appelés à intervenir dans ces industries stratégiques, les fonds d’investissement se structurent progressivement, afin de leur fournir les ressources financières nécessaires à l’exécution de leurs missions.
Au-delà des questions de financement, le panel inaugural a accordé une place importante aux enjeux de durabilité et aux critères ESG (Environnement, Social et Gouvernance), devenus incontournables pour les entreprises.
« En Côte d’Ivoire, ces exigences sont devenues une réalité depuis le 21 mai 2025. Les entreprises ont besoin de comprendre comment s’y préparer, afin que ces nouvelles obligations soient perçues non pas comme des contraintes, mais comme de véritables opportunités de création de valeur », a souligné Koné Drissa.
Les discussions ont notamment révélé qu’un fonds dédié au secteur minier est actuellement en préparation et devrait être présenté prochainement aux acteurs économiques. Dans cette dynamique, les organisateurs entendent poursuivre les actions de sensibilisation et de renforcement des capacités, afin d’aider les entreprises à mieux intégrer les enjeux ESG dans leurs stratégies de développement.
Pour le modérateur du panel inaugural, l’un des principaux défis demeure la méconnaissance des mécanismes de financement par les fonds d’investissement. Il estime que l’APES contribue à renforcer l’éducation financière des entreprises en leur faisant découvrir les différentes options de financement disponibles et les conditions d’accès à ces ressources.
De son côté, le commissaire général de l’APES 2026, Jean-André Ahipeaud Ahipeaud, s’est félicité de la forte mobilisation enregistrée pour cette troisième édition, malgré des conditions météorologiques peu favorables.
« Les acteurs sont venus en grand nombre à la recherche de partenariats avec les fonds d’investissement et avec d’autres entreprises. Nous espérons que ces deux jours leur permettront de nouer des partenariats ou d’amorcer de nouvelles relations d’affaires », a-t-il déclaré.
Le responsable de l’événement a également salué la présence remarquée des institutions étatiques, venues s’informer sur les mécanismes du capital privé et réfléchir aux moyens de renforcer l’attractivité de la Côte d’Ivoire auprès des investisseurs.
Selon lui, l’implication de l’État demeure essentielle pour créer un environnement favorable au développement du capital-investissement et permettre aux entreprises privées d’accéder à des financements adaptés à leurs ambitions.
« Nous voulons, à travers cet événement, contribuer à un plus grand développement de l’écosystème du capital privé. Ceux qui sont venus chercher des financements doivent pouvoir trouver des fonds. Ceux qui recherchent des partenaires doivent pouvoir nouer des relations d’affaires durables », a-t-il insisté.
À travers cette troisième édition, l’APES confirme ainsi son ambition de devenir un rendez-vous incontournable de la finance privée en Afrique. En réunissant investisseurs, entrepreneurs et décideurs publics autour des enjeux du financement, de la durabilité et de l’innovation, le sommet entend contribuer à la croissance des entreprises africaines, à la création d’emplois et à l’émergence d’un secteur privé plus compétitif et résilient.
Wassimagnon
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