Côte d'Ivoire : Science ouverte et innovation, depuis Abidjan, les universités africaines francophones cherchent les clés de leur compétitivité
La capitale économique ivoirienne accueille, du 10 au 12 juin, l’Assemblée générale ordinaire de la Conférence des Recteurs des Universités Francophones d’Afrique et de l’Océan Indien (CRUFAOCI). Réunis à l’Université Félix Houphouët-Boigny, plus de 70 recteurs, présidents d’universités, chercheurs et experts venus d’une vingtaine de pays réfléchissent aux moyens de transformer durablement l’enseignement supérieur africain à l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle.
Placée sous le thème « Transformer l’enseignement supérieur dans l’espace CRUFAOCI par la science ouverte : enjeux, défis et leviers d’action », cette rencontre de haut niveau ambitionne de renforcer la place de l’Afrique dans la production et la diffusion des connaissances scientifiques à l’échelle mondiale.
Ouvrant officiellement les travaux dans l’amphithéâtre Adama Diawara de l’Université Félix Houphouët-Boigny, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Adama Diawara, a souligné l’urgence pour les universités africaines de s’adapter aux profondes mutations technologiques qui redessinent le paysage mondial de la recherche.
« Nos universités ont une responsabilité historique : s’adapter, innover et anticiper. La science ouverte constitue aujourd’hui l’une des révolutions majeures de l’écosystème mondial de la recherche », a déclaré le ministre devant les participants.
Selon lui, la démocratisation de l’accès aux connaissances, la transformation numérique des établissements et l’essor de l’intelligence artificielle offrent de nouvelles perspectives pour améliorer la compétitivité et la visibilité internationale des universités africaines.
Toutefois, le ministre a appelé à une approche équilibrée de la science ouverte, insistant sur la nécessité de protéger certaines données stratégiques et les résultats de recherches à forte valeur économique.
« L’ouverture, oui, mais jusqu’où ? Nous devons préserver les intérêts fondamentaux de nos États et protéger les innovations qui contribuent directement au développement économique de nos pays », a-t-il insisté.
Illustrant son propos par les avancées enregistrées en Côte d’Ivoire dans les secteurs du cacao et du palmier à huile, il a plaidé pour une gouvernance responsable des données scientifiques.
Président de la CRUFAOCI, le professeur Roger Tsafack Nanfosso a rappelé le rôle stratégique de l’organisation, créée en 2004, dans la promotion de la coopération universitaire et le partage d’expériences entre les établissements francophones d’Afrique et de l’océan Indien.
« L’étape d’Abidjan marque un tournant décisif. En plaçant la science ouverte au cœur de nos délibérations, nous affirmons notre volonté de démocratiser le savoir tout en renforçant la visibilité internationale de la recherche africaine », a-t-il déclaré.
Le responsable a également salué les avancées réalisées depuis l’Assemblée générale de Brazzaville en 2024, notamment en matière de partenariats internationaux et d’élargissement du réseau universitaire francophone.
Hôte de cette édition 2026, l’Université Félix Houphouët-Boigny entend profiter de cette tribune pour mettre en lumière les réformes engagées ces dernières années.
Son président, le professeur Ballo Zié, également président du comité d’organisation, s’est réjoui du choix porté sur l’établissement pour accueillir ces assises continentales.
« Notre université poursuit résolument sa modernisation à travers le développement des infrastructures numériques, le renforcement de la recherche, l’amélioration de la qualité des formations et l’intensification de la coopération internationale », a-t-il affirmé.
Pour lui, les conclusions des travaux devraient contribuer à l’émergence d’universités africaines davantage ouvertes, innovantes, inclusives et compétitives sur la scène mondiale.
Au-delà des sessions statutaires, l’Assemblée générale de la CRUFAOCI prévoit plusieurs panels, ateliers et échanges consacrés à des thématiques majeures telles que la science ouverte, l’intelligence artificielle, l’assurance qualité, la gouvernance universitaire et la transformation numérique des établissements.
À travers cette rencontre, la communauté universitaire francophone réaffirme sa volonté de faire de l’enseignement supérieur un levier stratégique de développement, d’innovation et de souveraineté scientifique pour l’Afrique.
Pendant trois jours, Abidjan se positionne ainsi comme l’un des principaux carrefours de la réflexion académique africaine, où se dessinent les contours de l’université de demain.
Wassimagnon
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