Côte d'Ivoire : Gbêkê, après Diabo, la royauté Walêbo de Sakassou monte au créneau contre Nanan N'Goran Koffi II
La contestation s’étend au sein de la chefferie traditionnelle du Gbêkê. Après les critiques formulées récemment par les populations du canton Glo de Diabo, c’est désormais la royauté Walêbo de Sakassou qui exprime son mécontentement à l’égard de Nanan N’Goran Koffi II, président régional de la Chambre nationale des rois et chefs traditionnels du Gbêkê.
Réunis au siège du trône royal de Sakassou, le mercredi 10 juin 2026, les chefs et notabilités Walêbo ont rendu publique une motion de protestation dénonçant ce qu’ils considèrent comme une gestion unilatérale du bureau régional de l’institution. La déclaration a été lue par le chef Nanan Oka Houphouët, porte-voix des autorités traditionnelles de la royauté.
Selon les signataires de la motion, Nanan N’Goran Koffi II se serait immiscé dans les affaires internes de la royauté Walêbo, en prenant des décisions sans concertation préalable avec les responsables coutumiers concernés.
À l’origine de cette nouvelle polémique figure la désignation de M. Kouakou Kouamé Mathieu comme représentant de Sakassou au sein de la chambre régionale. Les chefs Walêbo estiment que cette nomination a été effectuée sans consultation des instances traditionnelles compétentes, en contradiction avec les usages qui encadrent habituellement ce type de choix.
Le président de l’Association des 172 chefs de villages du Walêbo, Nanan Kouassi Yao Jules, a tenu à préciser la position de la communauté. Selon lui, si Kouakou Kouamé Mathieu occupe effectivement les fonctions de porte-parole du roi, ce statut ne lui confère pas automatiquement la légitimité requise pour représenter la royauté au sein de la Chambre régionale des rois et chefs traditionnels.
« Monsieur Kouamé Mathieu est certes porte-parole du roi, mais il n’a pas qualité pour nous représenter à la Chambre. Il n’est ni chef de village, ni chef de tribu, encore moins roi », a-t-il déclaré.
Poursuivant son intervention, il a lancé un appel aux autorités compétentes afin qu’elles prêtent une attention particulière à cette situation. Selon lui, les méthodes attribuées au président régional risquent de fragiliser l’unité et la cohésion qui ont toujours caractérisé la communauté Walêbo.
« Nous souhaitons interpeller les autorités sur les agissements de Nanan N’Goran Koffi II qui, au lieu de renforcer la cohésion sociale, créent des divisions au sein de notre communauté. Nous voulons que cela cesse», a-t-il insisté.
Cette nouvelle sortie publique témoigne du climat de tension qui prévaut actuellement au sein de certaines composantes de la chefferie traditionnelle du Gbêkê. Elle met également en lumière les préoccupations liées à la gouvernance, à la concertation et au respect des usages coutumiers dans le fonctionnement des institutions traditionnelles de la région.
Wassimagnon
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