Ghana : Alerte sur les abus liés à la mise en œuvre du Protocole de libre circulation de la CEDEAO
Insignes du GIS (ph)
Le Service d'Immigration du Ghana (GIS) s’inquiète de ce qu’il qualifie d’abus croissants du Protocole de la CEDEAO sur la libre circulation par certains citoyens de la sous-région.
Selon le GIS, des activités telles que la migration irrégulière, le trafic d’enfants, la cyberfraude et la mendicité organisée constituent des menaces croissantes pour la sécurité du Ghana.
Ces préoccupations ont été soulevées le 11 juin dernier lors d'entretiens de haut niveau avec une délégation de l'Institut monétaire ouest-africain (WAMI), conduite par Dr Abraham Abdulai, au siège du GIS à Accra.
Cette réunion s'inscrit dans le cadre de la visite d'étude du WAMI visant à évaluer les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre du Protocole de la CEDEAO sur la libre circulation, le commerce et l'utilisation du système d'identification biométrique de la CEDEAO.
Le contrôleur général adjoint de l'Immigration, chargé du poste de commandement et des opérations, M. Faisal Disu, a averti que « le Ghana attire actuellement de nombreux individus mal intentionnés », soulignant que les profits tirés des réseaux de mendicité pourraient potentiellement servir à financer le terrorisme.
Lenteur sur la carte d'identité biométrique de la CEDEAO
Les discussions lors de la réunion ont également porté sur la lenteur de la mise en œuvre de la Carte nationale d'identité biométrique de la CEDEAO, connue localement sous le nom de Carte du Ghana.
Les participants ont constaté que seuls le Ghana, le Sénégal et la Côte d'Ivoire avaient pleinement mis en œuvre le système.
La réunion a par ailleurs identifié les différences de change entre les États membres de la CEDEAO comme l'un des obstacles à l'intégration régionale.
Dr Abdulai a noté que l'exercice en cours de WAMI contribuera à l'élaboration de stratégies et de critères de référence, notamment une base de données centralisée des citoyens de la CEDEAO, afin de renforcer la gestion des frontières.
Les deux institutions ont insisté sur l'urgence de mener des campagnes de sensibilisation et de plaidoyer auprès du public concernant la migration régulière et les dangers de la migration irrégulière et du recours aux voies de passage frontalières non autorisées.
Le GIS a annoncé son intention d'intensifier les patrouilles frontalières afin de garantir la sécurité nationale tout en veillant à ce que le principe de libre circulation soutienne, et non compromette, la paix et la stabilité du Ghana.
Mensah,
Correspondant permanent de KOACI au Ghana, Togo et Nigeria
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